3 bonnes raison d’applaudir ROCKS, un drame social, fort et tendre


En salles le 9 septembre, « Rocks », le troisième long-métrage de la cinéaste anglaise Sarah Gavron, est un formidable coming-of-age qui suit le chemin initiatique d’une héroïne tenace et bouleversante. Le Journal des Femmes vous en conte les forces vives.

Rocks ou le Girl Power !

Célébrer les femmes. Depuis son premier long-métrage, Rendez-vous à Brick Lane (2007), dans lequel elle dressait le portrait d’une courageuse jeune bangladaise quittant son pays natal pour rejoindre son époux à Londres, la cinéaste britannique Sarah Gavron a célébré le courage et la résilience de ses héroïnes. En 2015, avec un casting cinq étoiles incluant Carey Mulligan, Helena Bonham Carter ou encore Meryl Streep, elle se penchait sur le combat des Suffragettes, ces militantes de la Women’s Social and Political Union ayant œuvré avec acharnement, dès 1903, pour le droit de vote des femmes au Royaume-Uni.

Sa troisième réalisation, Rocks, s’inscrit dans cette continuité, en relatant le coming-of-age d’une ado qui, suite au départ de sa maman, doit apprendre à organiser sa vie tout en protégeant son jeune frère. Du scénario (Theresa Ikoko et Claire Wilson) à la lumière (la Française Hélène Louvart), en passant par le montage (Maya Maffioli) ou la direction de casting (Lucy Pardee), ce projet a été entièrement pensé et façonné par un faisceau tendre et puissant de regards féminins.    

Toujours faire vrai : le réalisme anglais

L’impulsion de l’oeuvre en question réside dans le récit personnel de la co-scénariste Theresa Ikoko qui, en creux de la trame développée, raconte sa propre trajectoire. Elle est d’ailleurs originaire du même quartier que la jeune Rocks ; en l’occurrence, Hackney, ce coin cosmopolite de l’est de Londres. A cet effet, le long-métrage a été filmé dans des décors réels, des marchés, des maisons, des rues qui octroient un naturalisme immédiat à l’entreprise.

Sarah Gavron ne cache pas son amour pour le cinéma social anglais, façon Ken Loach, Mike Leigh ou Shane Meadows, dont elle revendique ici la filiation. Son approche de mise en scène lui permet de mieux dépeindre ces filles qu’elles voient dans les bus, les écoles, ici-et-là, et que le cinéma semble avoir été peu enclin à photographier.

Rocks est plus spécifiquement né d’un long cheminement, d’observations multiples ; le scénario n’a été écrit qu’après la phase de casting, de façon à donner l’opportunité aux jeunes filles recrutées d’offrir leur vérité, leur souffle et leur flow à cette peinture collective et lumineuse.

Bukky Bakray dans « Rocks ». © Haut et Court

L’union fait la force  

Frappée par la fuite en avant d’une mère qui n’y arrive plus, Rocks doit donc faire face. Tenir. Et grandir plus vite, sûrement. C’est avec son groupe d’amies qu’elle va doucement retrouver un second souffle. Dans les rires qui cachent le désespoir. Dans la fougue qui masque l’incertain. Sous les yeux du spectateur, Rocks se démène et sa quête d’absolu est sublimée par le jeu de la révélation Bukky Bakray. Comme les autres actrices, elle a été recrutée pour sa personnalité, à l’issue d’ateliers de travail où fusaient les idées et les impros.

Le récit a été nourri de leur sensibilité et de leur marque, lesquelles éclatent à l’écran grâce à une direction d’acteurs particulière. En effet, Sarah Gavron ne donnait à ses comédiennes leurs répliques que la veille de chaque scène. Une manière habile de rester concentrée sur le moment, sur ce présent qu’elle ne cesse de vouloir transcender.

Avec tendresse, elle propose au final un troisième film qui lui ressemble : humain, fédérateur et serti d’une espérance qui semble faire défaut à notre époque.    

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