9 784 cas en 24h, le cap des 31 000 morts est franchi


CORONAVIRUS EN DIRECT. L’épidémie poursuit sa progression en France : près de 10 000 nouveaux cas en 24 heures et 46 décès portant le bilan à 31 045 morts du Covid-19. Les clusters se multiplient dans les Universités. Face à la dégradation de la situation, le gouvernement dévoilera sa nouvelle stratégie jeudi… Chiffres, cartes et dernières actus.

[Mis à jour le mercredi 16 septembre à 19h50] La France vit un rebond épidémique. Selon le dernier bilan établi par Santé publique France, la circulation du coronavirus entraîne une nette dégradation de la situation sanitaire dans le pays : 42 départements sont désormais classés en zone rouge car le virus y est actif et l’évolution de l’épidémie défavorable. « Si la dynamique de l’épidémie se maintient, le nombre de cas confirmés hebdomadaire doublera dans 14 jours » prévient Santé Publique France. Le 16 septembre, 9 784 nouveaux cas positifs de Covid-19 sont enregistrés en France et 46 décès supplémentaires, portant à 31 045 le bilan des décès en France. « On ne sent pas la même urgence qu’au printemps mais on est dans une progression exponentielle« , a déclaré le lundi 14 septembre Martin Hirsch, directeur général de l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris sur BFMTV. Les Préfets des Bouches-du-Rhône et de la Gironde ont annoncé des mesures restrictives complémentaires pour faire face au rebond de l’épidémie : port du masque obligatoire, rassemblements interdits, visites en Ehpad limitées…, après les annonces du Premier ministre, Jean Castex, le 11 septembre lors d’une allocution à Matignon relayée sur le compte Twitter du gouvernement. Concernant un éventuel reconfinement, le Premier ministre a expliqué que « le virus est là pour quelques mois encore et nous devons réussir à vivre avec lui sans entrer dans une logique de confinement généralisé« . Combien de cas de coronavirus en France à date ? Combien de morts ? Quels sont les régions et les départements les plus touchés ? Comment se passent les tests de dépistage ? Et pour les enfantsQuel est le taux du R0 en France ? Que sait-on aujourd’hui de ce coronavirus ? Actualités et chiffres en direct. 

Dernières infos en direct : 

  • La nouvelle stratégie du gouvernement dévoilée jeudi. Le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a indiqué que le ministre de la Santé, Olivier Véran, fera jeudi à 17h « une présentation claire et pédagogique de la stratégie » du gouvernement « pour vivre avec le virus ». Il sera question du port du masque, des tests, de la territorialisation, du vaccin, des zones où la contamination augmente et qui pourraient être soumises à des restrictions sanitaires.
  • La mairie de Villeneuve-Loubet en région PACA conteste le port obligatoire du masque imposé par arrêté préfectoral sur tout son territoire, mercredi au tribunal administratif de Nice. L’adjoint au maire, Albert Calamuso, a dénoncé à l’issue d’une audience en référé-liberté, « un arrêté superfétatoire et sans connaissance de la réalité de terrain » pour sa commune de 15000 habitants où il existe peu de densité de population.
  • Levée des restrictions dans 10 communes des Bouches-du-Rhône. La préfecture de la région a revu à la baisse mercredi le nombre de ses communes où le port du masque est obligatoire, au motif que « le nombre de cas positifs au Covid-19 n’est pas significatif » dans certaines villes qui recensent moins de 10 personnes contaminées. Le préfet avait annoncé l’extension du port du masque obligatoire de 6h à 2h du matin, à l’exception des espaces naturels, pour les 27 communes dont le taux d’incidence était supérieur au seuil d’alerte de 100 pour 100.000 habitants. L’obligation reste valable pour les 17 autres communes, avec d’autres mesures : l’interdiction des événements publics de plus de 1000 personnes, une seule visite par jour sera autorisée dans les Ehpad, à deux personnes maximum. Les bars, restaurants et commerces devront fermer entre 00h30 et 6h. Les rassemblements, les Journées européennes du Patrimoine ou encore la Foire internationale de Marseille, sont annulés. Les plages et jardins publics seront fermés à partir du 20h, avec une interdiction des rassemblements de plus de 10 personnes. Les fêtes étudiantes sont interdites et les sorties scolaires suspendues. Par ailleurs, le préfet s’est engagé à demander « à renforcer le cadencement des bus, tramways et métros, notamment aux heures de pointe » à Marseille.
  • Priorité aux tests. Les détenteurs de l’application StopCovid ne sont pas prioritaires dans les laboratoires pour se faire tester. Ce n’est « pas à l’ordre du jour », a indiqué mercredi le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, en marge du Conseil des ministres, alors que certains publics bénéficient désormais d’une priorité pour se faire dépister.
  • Fin de l’urgence sanitaire à Mayotte et en Guyane. La situation sanitaire semble être de plus en plus favorable dans les deux territoires d’outre-mer. En conséquence, l’état d’urgence sanitaire va être levé à Mayotte et en Guyane, a annoncé ce mercredi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal ce mercredi 16 septembre à l’issue du Conseil des ministres.
  • Cluster à Limoges. 3 étudiants en médecine et 1 en pharmacie ont été testés positifs au Covid-19. 5 étudiants internes sont également contaminés. 52 cas contacts attendent le résultat de leur test et doivent rester isolés. 
  • Cluster universitaire à Toulouse. 127 étudiants de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) de Toulouse ont été détectés positifs au Covid-19, ce mardi 15 septembre, révèle France Bleu Occitanie« On a réalisé depuis environ huit jours que les consignes sanitaires n’ont pu empêcher les soirées entre étudiants à l’extérieur de l’école, surtout après plusieurs mois sans se rendre sur place, ce qui a pu entraîner de nombreuses contaminations », indique le directeur de l’école Bertrand Raquet à France Bleu Occitanie. Pendant tout le mois de septembre minimum, tous les cours devront se dérouler à distance. 
  • Cluster universitaire à Pau. Une vingtaine de cas positifs au Covid-19 ont été enregistrés au sein de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour. Une centaine de cas auraient par ailleurs été repérés dans les campus de Pau, Tarbes, Bayonne et Anglet, indique la radio France Bleu Béarn ce 16 septembre. 
  • Cluster universitaire à Montpellier. Près de 60 étudiants en deuxième année de faculté de médecine, soit un tiers de la promotion, ont été testés positifs à l’Université de Médecine de Montpellier, relaye Midi Libre. Ce cluster serait survenu suite à une soirée d’intégration qui a eu lieu le premier weekend de septembre. 
  • Ecoles et classes fermées. Selon les déclarations de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale ce mercredi sur LCI, 81 établissements scolaires et un peu plus de 2 100 classes sont fermées en France en raison de cas de Covid-19. Des fermetures qui concernent 0.13% des établissements scolaires du pays. « Ces chiffres restent très limités […] C’est quand même une rentrée qui est bonne », indique-t-il. Et de préciser « On a à peu près 1 200 nouveaux cas de Covid d’élèves par rapport à la semaine précédente. »
  • Inquiétudes dans le Cantal. Le taux d’incidence augmente très rapidement dans le département : il est passé de 1,4 pour 100 000 habitants en juillet à 28 en septembre. « Nous étions en situation critique ce weekend car la totalité des lits en réanimation au centre hospitalier d’Aurillac était saturée, dont deux personnes atteintes du virus. Six lits sont aujourd’hui occupés mais par aucun malade du Covid. On vit les conséquences d’une période estivale marquée par les brassages de population« , indique le préfet sur la Montagne
  • Taux de létalité en France. Au 15 septembre, le taux de létalité du coronavirus (rapport entre le nombre de décès imputés à une maladie et le nombre de cas confirmés) est de 7.8%. 
  • Hausse des clusters en Haute-Loire. Dans un communiqué du 15 septembre, le préfet de Haute-Loire et l’Agence régionale de santé appellent à la vigilance en raison de l’augmentation du nombre de clusters suite à des rassemblements privés, amicaux, familiaux, sportifs ou dans des établissements de santé ou scolaires. Des mesures strictes ont été prises pour les Fêtes du Roi de l’Oiseau (du 16 au 20 septembre) au Puy-en-Velay : interdiction de la vente à emporter de boissons alcoolisées en soirée, aménagement des terrasses, port du masque obligatoire…
  • Création d’une Union européenne de la santé ? La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen réclame la création d’une Union européenne de la Santé. « Nous créerons une agence de recherche et de développement biomédicaux avancés au niveau européen, comme cela existe aux États-Unis« , a-t-elle expliqué devant le Parlement européen.
  • Poursuite des auditions au Sénat. La commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie poursuit ses auditions, ce mercredi, avec l’organisation de deux tables rondes. La première avec des experts en santé publique (Antoine Flahault, Franck Chauvin et Emmanuel Rusch) et la seconde avec des acteurs institutionnels, dont le directeur général de la santé, Jérôme Salomon.
  • Le Pr Didier Raoult était au Sénat mardi pour répondre aux questions de la commission d’enquête de l’évaluation des politiques publiques face aux pandémies. Le directeur de l’IHU Méditerranée à Marseille a notamment indiqué au sujet du Sars-Cov-2 « Tous les virus saisonniers n’ont pas la même saisonnalité. (…) il est en train de se passer quelque chose que je n’avais pas vu décrite : la vitesse de mutation. […] Ce que nous regardons, c’est le nombre de mutations survenues par rapport au virus souche. Nous constatons qu‘il y a beaucoup plus de mutations en ce moment » (qu’avant juillet). Sur la question des séquelles pour les personnes ayant eu des symptômes du Covid-19, le professeur indique « Il y a des séquelles cérébrales pendant un certain temps, plus que des séquelles pulmonaires. Nous n’avons pas suffisamment de recul pour savoir combien de temps cela va durer. »
  • Le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, a été entendu par la Commission d’enquête du Sénat sur la gestion de l’épidémie en France et la légitimité du Conseil scientifique. « Ce comité est fait pour éclairer le gouvernement et les autorités sanitaires, en aucune façon il n’est fait pour décider. (…) Il n’y a absolument pas de troisième pouvoir médical« , a t-il souligné, avant d’indiquer que « le Conseil scientifique souhaitait s’arrêter le 9 juillet 2020 et c’est vous messieurs et mesdames les sénateurs qui avez voulu qu’il se prolonge jusqu’au 30 octobre. » Le professeur a annoncé la mise en place des tests salivaires « fin septembre ou début octobre ». Plus facile que les tests par le nez, ces tests auraient « une sensibilité de l’ordre de 80%, ce qui suffit », a-t-il affirmé. 
  • Mesures complémentaires à Bordeaux. La préfète de la Gironde Fabienne Buccio a annoncé une série de mesures pour permettre de faire face au rebond de l’épidémie : le CHU de Bordeaux devrait passer de 180 à 300 lits de réanimation disponibles. L’accès immédiat aux tests est réservé aux personnes prioritaires (malades, personnes à risque…). Les résidents des Ehpad ne pourront recevoir que deux visites par semaine. Autres mesures : les fêtes foraines, brocantes, fêtes des voisins ne sont plus autorisées, et les journées européennes du patrimoine (19 et 20 septembre) sont annulées. Les événements ouverts au public ne pourront accueillir que 1 000 personnes maximum. Les bars et restaurants qui contreviennent aux règles sanitaires seront fermés dès le lendemain du contrôle, par arrêté (à ce jour, huit sont fermés dans le département). Les rassemblements dans les parcs, jardins, quais et plages de la ville seront interdits au-delà de 10 personnes, 
Carte montrant les régions ayant les plus forts taux d’incidence d’infection au Covid-19 en France au 6 septembre. © Gouvernement.fr

Selon les derniers chiffres de Santé publique France, au 16 septembre, la France fait état de 9 784 nouveaux cas de coronavirus recensés en 24h (surtout chez les jeunes adultes) et 46 nouveaux décès.

• 31 045 personnes sont décédées en France

• 2976 nouvelles hospitalisations en 7 jours

• 862 clusters en cours d’investigation (+77 en 24 heures)

La circulation du virus progresse dans toutes les tranches d’âge, notamment chez les jeunes adultes, indique Santé Publique France. Bien que les niveaux d’hospitalisations et des admissions en réanimation restent modérés, la progression de ces indicateurs est préoccupante, particulièrement en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Le risque d’une intensification de la diffusion du virus dans les populations à risque fait craindre une augmentation des hospitalisations dans un futur proche. Dans les départements d’Outre-Mer, à La Réunion et aux Antilles (particulièrement en Guadeloupe), les indicateurs épidémiologiques confirment une augmentation de la circulation du SARS-COV-2. En Guyane et à Mayotte, même si la tendance est à la régression de l’épidémie, le virus continue de circuler.

Les personnes âgées appelées « à la plus grande prudence »

Au 16 septembre, Santé Publique France rapporte un total de 404 888 cas confirmés de coronavirus depuis le début de la pandémie. 9 784 de plus sur les dernières 24 heures. La circulation du virus se fait principalement chez les jeunes adultes. Sur un total de 67 millions d’habitants, cela représente 0,53%. Le pic épidémique a été observé la semaine du 23-29 mars, soit une semaine après la mise en œuvre des mesures de confinement de la population générale, le 17 mars 2020. Depuis mi-juin, le nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 augmente régulièrement. Le Premier ministre Jean Castex a demandé le 11 septembre « aux personnes âgées d’observer la plus grande prudence au quotidien ».

Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine du 10 mai au 06 septembre 2020 

Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 06 septembre 2020
Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 06 septembre 2020 © Santé Publique France

Nombre de cas confirmés de COVID-19 par semaine du 23 janvier au 29 août 2020.

Nombre de cas confirmés de Covid-19 en France
Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 23/01 au 29/08/2020 (données au 2 septembre) © Santé Publique France

Au 16 septembre, la France recense 2 976 nouvelles hospitalisations sur les 7 derniers jours dont 508 de plus en réanimation. Au 15 septembre, 759 personnes sont en réanimation à cause du Covid-19 (+47 en 24 heures). Le taux hebdomadaire d’admissions en réanimation de patients COVID-19 a augmenté dans toutes les régions excepté en Corse et en Bretagne (taux stables). Au global, les nouvelles hospitalisations augmentent dans toutes les régions (sauf dans le Grand Est) et notamment en Provence-Alpes-Côte d’Azur, note Santé Publique France dans son dernier rapport hebdomadaire. Depuis début juillet, les personnes hospitalisées âgées de moins de 40 ans représentent 19% des admissions alors que cette proportion était de 8% sur la période mars-juin. Depuis le 1er mars 2020, 114 196 patients ont été hospitalisés. L’âge médian des patients est de 71 ans et 53% sont des hommes. 89 507 patients sont retournés à domicile, un chiffre en constante augmentation au fil des jours.

Dans les établissements de santé, le gouvernement a activé plusieurs plans : le plan blanc élargi généralisé (plan de mobilisation interne) depuis le 19 mars, dans tous les établissements de santé (publics et privés), le plan bleu dans les Ehpad (Etablissement Hébergeant des Personnes Âgées Dépendantes) le 6 mars, la réserve sanitaire et la réserve civique (aide alimentaire d’urgence, garde exceptionnelle d’enfants, lien avec les personnes fragiles isolées, solidarité de proximité).

Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, consolidés avec l’Agence Santé Publique France et les ARS (Agences régionales de Santé), voici l’évolution des hospitalisations (dont la réanimation) et des décès en France par région.

Evolution des hospitalisations (dont en réanimation) et décès à l’hôpital du Covid-19 par région au 15 septembre (source : Santé publique France)

RégionsHospitalisations en coursEvolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 HRéanimation Soins intensifEvolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 HDécès
Île-de-France2 462+55246+57 811
Grand Est281+821+43 709
Auvergne-Rhône-Alpes651+4288+21 812
Hauts-de-France439+1548+81 964
Bourgogne-Franche-Comté55-78+11 068
Provence-Alpes-Côte d’Azur649-39138-131 058
Occitanie272-33510550
Bretagne116+312+1271
Nouvelle-Aquitaine198+643+1449
Normandie132+16140451
Centre Val-de-Loire83-415-5584
Pays de la Loire104-1513-5502
Corse17+54+161
Martinique15+55+219
Guadeloupe79+2926+1135
La Réunion64+512015
Guyane39+68060
Mayotte400028
TOTAL5 679+97759+1320 471 (+36)

Le premier décès du coronavirus est survenu à Paris le 14 février 2020, il s’agissait d’un patient chinois de 80 ans. Au 16 septembre 2020, 31 045 personnes sont décédées en France (+46 en 24 heures).

Le nombre hebdomadaire de décès en France est stable.

Au niveau national, le nombre hebdomadaire de décès en France est stable. La proportion de décès chez les hommes est supérieure à celle des femmes depuis le début de la pandémie. Au moins 92% des cas de COVID-19 décédés sont âgés de 65 ans ou plus. Le nouveau coronavirus aurait causé entre 25 000 et 30 000 décès supplémentaires en France entre le 2 mars et le 31 mai, selon une synthèse publiée par Santé Publique France le 23 juillet. « Parmi les 25 030 décès en excès toutes causes confondues, 23 400 personnes décédées étaient âgées de 65 ans ou plus et 1 510 personnes étaient âgées de 15-64 ans. Dans cette dernière classe d’âges, ce sont les personnes de 45-64 ans qui ont été touchées. Inversement, la mortalité chez les enfants de moins de 15 ans a diminué de 14% sur la période au niveau national » explique Anne Fouillet, responsable de la surveillance de la mortalité à la Direction Appui, Traitements et Analyses des données (DATA) de Santé publique France.

• Carte des décès en France par départements

Au 16 septembre 2020, Santé Publique France liste 84 départements sont en situation de vulnérabilité. Au 14 septembre, 36 départements ont un nombre de cas de Covid-19 au-dessus du seuil d’alerte de 50/100 000 habitants dont 7 avec un taux au-dessus des 100 cas pour 100 000 habitants :

• situation de vulnérabilité modérée : Aisne, Allier, Ardèche, Ardennes, Ariège, Alpes de Haute Provence, Aube, Aude, Cantal, Corrèze, Deux-Sèvres, Dordogne, Doubs, Drôme, Eure-et-Loir, Gers, Haut-Rhin, Hautes Alpes, Haute Loire, Hautes Pyrénées Haute-Savoie, Haute Vienne, Loir et Cher, Lot, Lot et Garonne, Lozère, Mayenne, Mayotte, Meurthe et Moselle, Moselle, Morbihan, Oise, Réunion, Saône et Loire, Savoie, Seine Maritime, Somme, Tarn, Territoire de Belfort, Yonne.

• situation de vulnérabilité élevée (plus de 50 cas pour 100 000 habitants) : Martinique, Guadeloupe (dont Saint Martin et Saint Barthélémy), Ain, Alpes-Maritimes, Aveyron, Bas-Rhin, Bouches-du-Rhône, Côte d’Or, Corse du Sud, Essonne, Gard, Gironde, Guyane, Haute Corse, Haute-Garonne,  Haute-Marne, Hauts-de Seine, Hérault, Indre et Loire, Loiret, Ille-et-Vilaine, Isère, Landes, Loire, Loire-Atlantique, Maine-et-Loire, Marne, Nord, Paris, Pas de Calais, Puy de Dôme, Pyrénées Atlantiques, Pyrénées Orientales, Rhône, Sarthe, Seine et Marne, Seine-Saint-Denis, Tarn-et-Garonne, Val-de-Marne, Val d’Oise, Var, Vaucluse, Vienne, Yvelines.

En Outre-Mer : Antilles et La Réunion rapportent une augmentation de la circulation du SARS-COV-2. L’épidémie est en régression en Guyane et à Mayotte.

Le 11 septembre, le Premier ministre a indiqué que 42 départements se trouvent en zone rouge à cause d’une circulation active du virus et d’une dynamique épidémique défavorable. Il s’agit de : Paris ; Seine et Marne ; Yvelines ; Essonne ; Hauts-de-Seine ; Seine-Saint-Denis ; Val-de-Marne ; Val-d’Oise ; Loiret ; Côte d’Or ; Seine-Maritime ; Nord ; Pas-de-Calais ; Bas-Rhin ; Sarthe ; Maine-et-Loire ; Loire-Atlantique ; Îlle et Vilaine ; Gironde ; Pyrénées-Atlantiques ; Hérault ; Haute-Garonne ; Gard ; Tarn-et-Garonne ; Pyrénées-Orientales ; Aude ; Rhône ; Ain ; Puy-de-Dôme ; Loire ; Isère ; Alpes-Maritimes ; Bouches du Rhône ; Var ; Vaucluse ; Corse-du-Sud ; Haute-Corse ; Guadeloupe ; Martinique ; Guyane ; La Réunion ; Mayotte.

carte département rouge covid
Carte des départements en zones rouges à cause d’une circulation active du virus, au 12 septembre. © Ministère de la Santé

« Le flux de patients hospitalisés s’accélère en Ile-de-France »

Ile-de-France

L’épidémie repart en France, et notamment en Ile-de-France. « On est sans nul doute face à un vrai rebond de l’épidémie » confirme Aurélien Rousseau, directeur de l’Agence régional de santé d’Ile-de-France le 11 septembre à 20minutes.fr.« 10 à 20 patients sont hospitalisés en réanimation dans la région tous les jours. La semaine dernière, c’était une trentaine. (…) Le flux s’accélère – 2.000 cas sont identifiés chaque jour – même si on est loin de la situation qu’on a connu au printemps. » La connaissance du virus a néanmoins permis d’améliorer la prise en charge : « La durée moyenne des séjours en réanimation est plus basse qu’en mars et avril, on a plus de recul sur les signes cliniques. » Néanmoins, aujourd’hui « on ne peut pas reporter à nouveau toutes les interventions chirurgicales ». Après une augmentation progressive des cas de Covid-19 début février, l’Île-de-France a connu en mars une diffusion rapide des cas en communauté, l’épidémie atteignant un pic la semaine du 23 au 29 mars. Les Franciliens comptent pour environ 40 % des décès pour Covid-19 recensés en France depuis le 1er mars, que ce soit à l’hôpital ou en Ehpad. La classe d’âge des 20-30 ans reste la classe la plus fortement touchée par la diffusion du virus, et celle où la progression est la plus importante. Le nombre de nouveaux clusters est en augmentation. 

 

Santé Publique France rapporte 862 clusters en cours d’investigation en France au 16 septembre, 77 de plus sur les dernières 24 heures. Le nombre de clusters dans les Ehpad repart à la hausse depuis 6 semaines. Au 16 septembre, 127 clusters sont en Ehpad. La région Provence-Alpes-Côte d’Azur comptabilisait 40% des clusters en cours d’investigation en Ehpad. Les sources principales de ces clusters sont dans l’ordre : l’entreprise, le milieu familial et les évènements publics/privés rassemblant de manière temporaire des personnes.

Le taux de reproduction du coronavirus (R effectif ou R0) calculé à partir du nombre de tests positifs baisse, passant de 1.29 à 1.19 et celui calculé à partir des passages aux Urgences monte à 1.20 (vs 1.13 la semaine passée). Quels sont les départements ou régions où le virus circule le plus ? Comment ce nombre est-il calculé ? Définition, courbe d’évolution et carte par région.

Le rebond épidémique est bien là en France, au 12 septembre. « Des plans de reconfinement territoriaux ou globaux sont prêts. Notre système hospitalier est près aussi à une éventuelle nouvelle vague de patients, en termes de lits, masques, médicaments, réanimateurs. Mais notre objectif est de tout faire pour éviter un reconfinement, surtout généralisé », indiquait le gouvernement le 27 août à l’Elysée. Dans un avis du 27 juillet, le Conseil scientifique du Covid-19 prévenait qu’il « était hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou l’hiver prochain« . Pour autant, le Président du Conseil scientifique, le Pr Jean-François Delfraissy, refuse de parler de deuxième vague. Il préfère le terme de « rebond épidémique« . Selon lui, « c’est la même vague qui reprend parce qu’on a perdu les mesures de distanciation sociale« , indique-t-il le 24 août sur FranceInfo. Pour les membres du Conseil scientifique, une recrudescence importante des cas à l’automne-hiver est « quasi inévitable » et pour mieux l’appréhender, la lutte doit aujourd’hui se recentrer « au niveau local« , ce qui « permettrait une meilleure acceptation par la population« , estime le Pr Pierre-Louis Druais, membre du Conseil scientifique du Covid-19 et médecin généraliste. C’est en ce sens que le Premier ministre, Jean Castex, a indiqué le 11 septembre à Matignon que le « préfet en lien avec les autorités sanitaires et des élus locaux (pourrait) déclencher des mesures supplémentaires de réduction des risques, notamment sur le port du masque les rassemblements sur l’espace public, les grands événements ou les horaires d’ouverture de certains commerces« . Concernant un possible reconfinement, le Président de la République Emmanuel Macron parle, dans une interview exclusive à Paris Match le 19 août, de « reconfinement ciblé qu’on pourrait instaurer si la situation l’imposait« , plutôt que de « mettre le pays à l’arrêt, parce que les dommages collatéraux seraient considérables« . 

Détecter le coronavirus permet de suivre l’évolution de l’épidémie dans le pays et la circulation du virus particulièrement depuis le déconfinement. Depuis le 25 juillet, les tests PCR sont possibles pour tous les Français, sans ordonnance du médecin, sans avance de frais, sans présenter obligatoirement des symptômes et remboursés à 100%. Le dépistage peut aussi se faire sans ordonnance pour les cas contacts. 

Comme il n’y a ni vaccin, ni médicament efficace contre le coronavirus, le meilleur moyen de s’en protéger pour prévenir une deuxième vague est l’application de mesures barrières : respect de la distanciation physique minimale d’un mètre, port du masque, lavage des mains réguliers, réduction des rassemblements. Les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques (atteintes respiratoire, cardiaque, obésité, diabète…) sont appelées à la plus grande prudence tant que le virus circule.

Si au début, on ne parlait que de fièvre, toux sèche, rhume, état grippal et de fatigue, les symptômes de l’infection par le coronavirus ont évolué. On sait désormais que le virus peut avoir des effets sur la peau (urticaire, autres affections dermatologiques), la sphère digestive (vomissements, diarrhées…), l’odorat, le goût et même le cerveau. 

  • Si vous présentez des symptômes (toux, fièvre, mal de tête) : éviter les contacts, rester à domicile, prenez du paracétamol si besoin, appeler un médecin pour prendre rendez-vous dans l’éventualité qu’il vous fasse passer un test de dépistage. 
  • Appeler le 15 en cas de difficultés respiratoires : « Si cette toux et cette fièvre s’accompagnent d’une gêne respiratoire qui devient permanente avec souffle court, difficulté à inspirer et à expirer, d’une aggravation importante de la toux, cela peut signifier une évolution de la maladie sous la forme d’une pneumopathie. Il s’agit alors d’une urgence respiratoire potentielle et comme dans tous les cas d’urgence, il faut alors appeler le 15 qui prendra les meilleures dispositions pour répondre à la situation », prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.  

Lire aussi : 

DATES CLÉS DE L’ÉPIDÉMIE
  • Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé en Chine est informée de plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan. 44 personnes sont infectées entre cette date et le 3 janvier 2020.
  • Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient un « nouveau type de coronavirus ».
  • Le 13 janvier, un cas importé est recensé en Thaïlande.
  • Le 15 janvier, le virus cause la mort d’une première personne à Wuhan, un homme de 69 ans. 
  • Le 23 janvier, trois villes chinoises dont Wuhan sont placées en quarantaine.
  • Le 25 janvier, trois personnes contaminées sont recensées en France, deux à Paris et une Bordeaux. Ce sont les premiers cas enregistrés sur le continent européen.
  • Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la Santé décrète l’urgence de santé mondiale. Cette mesure n’avait été décrétée que 5 fois depuis sa création (pour Ebola (deux fois), la grippe H1N1, Zika et la poliomyélite). 
  • Le 23 février, la France déclenche le plan ORSAN, un dispositif exceptionnel d’organisation des soins.
  • Le 28 février, la France passe en stade 2 de l’épidémie.
  • Le 11 mars, l’OMS classifie de pandémie la diffusion de la maladie à coronavirus Covid-19 dans le monde.
  • Le 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture nationale des crèches et établissements scolaires de France à compter du 16 mars et « jusqu’à nouvel ordre ».
  • Le 13 mars, l’OMS désigne désormais l’Europe comme épicentre.
  • Le 14 mars, la France passe au stade 3 de l’épidémie.
  • Le 16 mars, l’Europe ferme ses frontières ainsi que celles de l’espace Schengen. La France met en place un dispositif de confinement interdisant les déplacements.
  • Le 18 mars le premier transfert de patients Covid-19 en France est réalisé grâce à l’Armée, par voie terrestre et aérienne. 
  • Le 20 mars, plusieurs villes françaises, dont Nice, Montpellier, Perpignan, Arras… imposent un couvre-feu le soir et la nuit.
  • Le 26 mars, un premier cas jeune meurt en France, une adolescente de 16 ans, en Ile-de-France originaire de Morsang-sur-Orge.
  • Le 27 mars, le confinement de la population française est renouvelé jusqu’au 15 avril.
  • Le 2 avril, le million de cas de coronavirus dans le monde est dépassé, et plus de 51.000 morts, selon le décompte de l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 13 avril, Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai.
  • Le 15 avril, le cap des 2 millions de cas de coronavirus dans le monde est franchi, et près de 129 000 décès, selon les chiffres données par l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 27 avril, 3 millions de cas de coronavirus sont répertoriés dans le monde, et plus de 208 000 décès, selon les chiffres données par l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 28 avril, le gouvernement français présente son plan de déconfinement valable à partir du 11 mai.
  • Le 11 mai, la France commence son déconfinement.
  • Le 21 mai, 5 millions de cas de coronavirus sont répertoriés dans le monde, et plus de 329 800 décès, selon les chiffres données par l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 28 mai, le Premier ministre Edouard Philippe annonce les mesures de la phase 2 du déconfinement en France en vigueur du 2 au 22 juin.
  • Le 31 mai, 6 millions de cas de coronavirus sont répertoriés dans le monde, et plus de 369 244 décès, selon les chiffres données par l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 7 juin, le cap des 400 000 morts est franchi (400 792) dans le monde et près de 7 millions de cas (6 944 916), selon les chiffres données par l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 15 juin, toute la France passe en zone verte, sauf Mayotte et la Guyane. A Paris, les restaurants et bars peuvent rouvrir complètement.
  • Le 22 juin, les écoles sont de nouveaux obligatoires en France pour tous les élèves. Les cinémas, salles de jeux, casinos rouvrent. Les sports collectifs peuvent être autorisés tout en respectant certaines conditions sanitaires.
  • Le 28 juin, le cap des 10 millions de cas de coronavirus est franchi dans le monde, et les 500 000 décès ont été atteints dans la nuit du 28 au 29 juin 2020, selon les chiffres de l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 10 juillet, la France a franchi la barre des 30 000 morts. Dans la nuit du 10 au 11 juillet à minuit, l’état d’urgence sanitaire prend fin en France.
  • Le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos en France.
  • Le 11 août, le cap des 20 millions de cas de coronavirus est franchi dans le monde, et les 730 000 décès ont été atteints, selon les chiffres de l’hôpital américain de référence Johns-Hopkins.
  • Le 30 août, le cap des 25 millions de cas de Covid-19 a été officiellement franchi à travers le monde dans la nuit de samedi à dimanche, dont plus de la moitié en Amérique, selon un comptage réalisé par l’AFP.

Cet article est mis à jour quotidiennement par Aurélie Blaize, Anaïs Thiébaux et Samantha Pagès





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