asymptomatiques non contagieux ? Brûlée par un masque ? Gare aux fausses informations


Des « asymptomatiques » non contagieux ? Une soignante brûlée par son masque ? Ces rumeurs qui circulent sur les réseaux sociaux méritent une vérification. 

Les « asymptomatiques » peuvent bien transmettre le Covid-19

Une publication datée du 8 juin, et partagée des milliers de fois depuis, continue de circuler sur les réseaux sociaux, affirmant que l’OMS a assuré que « les personnes asymptomatiques ne transmettraient pas le virus » responsable du Covid-19. Mais c’est trompeur : une responsable de l’organisation avait affirmé que les transmissions par asymptomatiques semblaient « rares », des propos qu’elle a clarifiés peu après, évoquant un malentendu. De plus, le 8 juin, des données montraient déjà que les personnes sans symptômes pouvaient être contagieuses et plusieurs études ont montré depuis que les personnes ne présentant pas (ou pas encore) de symptômes peuvent bien transmettre le Sars-Cov-2.

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 © Crédit photo : Capture Facebook

D’ailleurs, à la question « les personnes sans symptômes peuvent-elles transmettre le virus », la réponse de l’OMS sur son site est claire : « Oui, les personnes infectées peuvent transmettre le virus à la fois lorsqu’elles présentent des symptômes et lorsqu’elles n’ont pas de symptômes », d’où l’importance de respecter les mesures sanitaires, comme le port du masque ou la distance physique. »

Très récemment, le 9 septembre, Jose Vazquez-Boland, à la tête de la Chaire des maladies infectieuses de l’Université écossaise d’Edimbourg, affirmait aussi que si une politique de tests « se focalise sur les confirmations des cas suspects (personnes avec des symptômes), (elle) rate ainsi le point essentiel, c’est-à-dire le fait que la plupart des transmissions communautaires (dans un groupe de personnes) passe par les asymptomatiques ».

De façon générale, il est toujours indispensable de vérifier de quand date la publication que l’on consulte, commente ou partage. En particulier dans le domaine scientifique.

Brûlée par son masque ? (Non)

Une photo partagée des milliers de fois sur Facebook depuis fin août montre une femme brûlée aux joues et au menton. L’image est présentée comme montrant « le résultat du port du masque de manière excessive ». Pour autant, « ce n’est pas le masque » en soi qui est à l’origine des brûlures, affirme la soignante américaine en photo, mais des résidus de produits chimiques utilisés pour sa stérilisation : l’hôpital dans lequel elle travaille recycle les masques haute protection utilisés par ses employés.

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 © Crédit photo : Capture Facebook

« Nous ne savons pas si la réaction de notre employée a été causée par le produit chimique utilisé pour décontaminer le masque (du peroxyde d’oxygène) ou s’il s’agit d’une réaction à une partie du masque en lui-même », a de son côté expliqué Craig Boerner, porte-parole du Centre médical de l’Université Vanderbilt, ajoutant qu’il s’agissait « à ce stade de la première employée sur près de 26 000 à subir ce type de réaction ». « Les masques N95 sont généralement jetés après un usage unique, mais la menace d’une pénurie a poussé des hôpitaux américains à adopter des procédures de stérilisation pour permettre leur réemploi », précise l’établissement. 

En France aussi, un groupe de scientifiques formés par des membres du CNRS et du CEA (Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives), mais aussi de l’Inserm et l’Anses, explorent depuis mars des pistes pour pouvoir réutiliser les masques jetables de type chirurgicaux et FFP2. 



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