« Ce fut une erreur de la gracier », car « d’autres femmes auraient plus mérité de l’être », estime Hélène Mathieu

Après la mort de Jacqueline Sauvage , condamnée puis grâciée après avoir tué son mari, la coauteure de l’enquête « La vérité sur l’affaire Jacqueline Sauvage », Hélène Mathieu, estime sur franceinfo que sa grâce en 2016 était « une erreur ». « Il n’a pas été prouvé qu’il était extrêmement violent envers elle », explique-t-elle.

« Cela a été une erreur de la gracier. Je pense que ce n’était pas la bonne personne. Il y a des femmes battues qui ont tué leur mari, qui auraient plus mérité de l’être », a déclaré mercredi 29 juillet sur franceinfo Hélène Mathieu, journaliste et coauteure de l’enquête « La vérité sur l’affaire Jacqueline Sauvage« , après la mort de Jacqueline Sauvage, symbole des violences conjugales, graciée en décembre 2016 par François Hollande après avoir tué son mari qu’elle accusait d’être violent envers elle et ses enfants.

« Il n’a pas été prouvé qu’il était extrêmement violent envers elle. Ça a été un des problèmes qui est apparu. Les preuves n’étaient pas suffisantes pour parler de légitime défense. Les preuves n’étaient pas suffisantes sur les violences reçues. »

Elle a dit qu’elle avait été battue le jour du meurtre de son mari. Il n’y avait pas de marques sur son corps. Aucun voisin, personne dans l’entourage n’a jamais eu l’impression qu’elle était une femme battue.Hélène Mathieuà franceinfo

« En plus, elle n’était pas sous emprise, poursuit Hélène Mathieu, C’était une femme qui était chef d’entreprise, qui travaillait avec son mari, qui avait une entreprise qui était florissante. C’était une femme forte. Ce n’était pas du tout une femme sans aucune possibilité de partir. Donc, je pense que ça a joué contre elle. »

« Je crois que c’est un petit peu le problème des réseaux sociaux. À partir du moment où il y a une pétition qui dit qu’elle a été battue pendant 40 ans, évidemment, on clique pour sa libération », ajoute la journaliste.

« Tout d’un coup, il y a des manifestations partout et le chef de l’Etat commence à se poser des questions. J’ai pu discuter avec des gens qui se sont mobilisés pour la défense de Jacqueline Sauvage et pour sa grâce, qui ne connaissaient absolument rien à l’affaire. Ce qui était sidérant, c’est ça, c’est qu’il y avait une méconnaissance absolue de cette affaire. »

« Ce que je voudrais quand même dire, c’est que le positif de cette histoire, c’est qu’on a énormément parlé du problème des femmes battues à ce moment-là. Je crois que au bout du compte, ça a été bénéfique pour la cause des femmes battues. La cause était juste », a terminé la journaliste.



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