ce que l’on sait des variants britannique, sud-africain et brésilien

Trois variants de la Covid-19 inquiètent désormais la communauté internationale. Tous les virus mutent. Ces mutations sont des modifications qui interviennent lorsqu’ils se répliquent. Les scientifiques ont ainsi observé de multiples mutations du Sars-CoV-2 depuis son apparition, la grande majorité sans conséquence, mais certaines peuvent lui donner un avantage pour sa survie, dont une plus grande transmissibilité.

Particulièrement contagieux, les variants britannique et sud-africain du coronavirus essaiment. Le nombre de pays et territoires où se trouve le variant repéré initialement en Grande-Bretagne s’élève à 50 et il est de 20 pour le variant identifié en Afrique du Sud, estime l’OMS pour laquelle cette évaluation est probablement sous-estimée.

Et une troisième mutation, originaire de l’Amazonie brésilienne et dont le Japon a annoncé dimanche la découverte, est analysée et pourrait impacter la réponse immunitaire, selon l’OMS qui évoque « un variant inquiétant ». Le point sur ce que l’on sait des nouveaux variants du Sars-CoV-2 qui ont émergé au Royaume-Uni, en Afrique du Sud et au Brésil.

Variants britannique et sud-africain

Détecté en novembre au Royaume-Uni, le variant B.1.1.7, désormais appelé VOC 202012/01, trouve sans doute son origine dans le sud-est de l’Angleterre en septembre. Il s’est rapidement étendu dans tout le territoire et a depuis été détecté dans une cinquantaine de pays dans le monde, des États-Unis à la Corée du Sud en passant par l’Inde, la France ou le Danemark. Plusieurs études scientifiques concluent que le variant britannique est largement plus transmissible. 
Un autre variant, appelé 501.V2, est désormais majoritaire en Afrique du Sud. Il a été détecté dans des échantillons remontant au mois d’octobre, puis a été repéré dans quelques autres pays du monde, notamment le Royaume-Uni et la France. Les résultats préliminaires concernant le variant sud-africain font également état d’une plus forte transmissibilité. 

Les vaccins efficaces ?

« En l’état actuel de nos connaissances, les experts pensent que les vaccins actuels seront efficaces contre ces souches », a récemment déclaré Henry Walke, des Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC). De leur côté, BioNTech et Pfizer ont assuré que leur vaccin était efficace contre la mutation N501Y commune aux variants britannique et sud-africain.

De fait, c’est une mutation présente chez le variant sud-africain, mais pas chez le britannique, qui préoccupe le plus les spécialistes du point de vue de l’efficacité des vaccins.
Appelée E484K, cette mutation pourrait théoriquement aider ce variant « à contourner la protection immunitaire conférée par une infection antérieure ou par la vaccination », a expliqué le Pr François Balloux, de l’University College de Londres. Pour autant, rien n’indique à ce stade que cette mutation suffise à rendre le variant sud-africain résistant aux vaccins actuels. 

Un nouveau variant brésilien

Dimanche 10 janvier, le Japon a annoncé avoir détecté un nouveau variant du coronavirus, sans être en mesure de dire dans l’immédiat si celui-ci était plus contagieux ou plus dangereux que les autres variants déjà repérés. L’institut national japonais des maladies infectieuses a tout de même précisé que cette mutation présentait des similitudes avec ceux identifiés au Royaume-Uni et en Afrique du Sud, même si les analyses ne font que débuter.

Cette nouvelle forme de Covid-19 a été identifiée récemment sur quatre personnes arrivées dans l’archipel en provenance du Brésil. L’une de ces personnes, un homme d’une quarantaine d’années, a été hospitalisée par la suite au Japon en raisons de difficultés respiratoires, tandis qu’une femme et un des deux enfants, un garçon, ont développé des symptômes modérés. La quatrième personne, une fille, est asymptomatique.

Ce variant du SARS-CoV-2 résulte d’une évolution « d’une lignée virale du Brésil, qui circule en Amazonie », provisoirement baptisée « B.1.1.28 (K417N / E484K / N501Y) », a affirmé le chercheur brésilien Felipe Naveca, qui collabore avec l’institut Fiocruz. « Les résultats suggèrent que la mutation détectée dans le variant B.1.1.28 est un phénomène récent, survenu probablement entre décembre 2020 et janvier 2021″, a précisé l’institut. 

Un responsable au sein du ministère nippon de la Santé a expliqué à l’AFP que « pour analyser davantage le variant nous devons d’abord l’isoler ». « Cela pourrait prendre entre plusieurs semaines et plusieurs mois (…) donc il est difficile à l’heure actuelle de dire quand nous pourrons donner des détails », a-t-il ajouté.

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