« C’était presque plus facile, la première vague »


Tenir les deux bouts, à tout prix… mais jusqu’à quand ? Dans les couloirs du centre hospitalier intercommunal André-Grégoire, à Montreuil, l’inquiétude est palpable ce mardi 13 octobre, dans la bouche des soignants. Tout autant que la détermination est nette, chez ceux qui s’affairent de manière presque habituelle désormais, entre les deux circuits « Covid » et « non-Covid ». Impossible de se résoudre à rogner davantage sur les soins des autres patients, comme lors de la première vague de l’épidémie due au coronavirus.

Dans cette grande barre de béton, plantée dans le Nord-Est francilien, en Seine-Saint-Denis, la deuxième vague est bien là. Voilà plusieurs jours que les douze lits de réanimation sont occupés intégralement par des patients contaminés par le SARS-CoV-2, une trentaine d’autres sont hospitalisés dans les services de médecine. D’une à deux hospitalisations en raison du Covid-19 par jour courant septembre, ce sont désormais quatre à cinq patients atteints du Covid-19 qui arrivent toutes les 24 heures par les urgences, dans ce centre de 340 lits.

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« On a décidé de contenir le Covid dans certaines unités tant que c’est tenable, de façon à poursuivre les autres activités, explique Albert Boccara, patron de la cardiologie, et chef du pôle des spécialités médicales. Dans quelques jours, ça ne sera peut-être plus le cas, mais, pour l’instant, on arrive à mener les choses de front. » Ce territoire, l’un des plus pauvres de France, est fortement sous-doté en matière d’offre médicale. « Nos chirurgiens opèrent encore des malades qui attendaient depuis mars », rappelle le cardiologue, installé dans son bureau au 3e étage.

« Solidarité » entre les services

De premiers ajustements se sont imposés chez lui, comme aux autres étages : un recours plus important à l’ambulatoire, pour éviter de bloquer des lits, un raccourcissement au maximum des durées de séjour… « Déjà on contracte », dit Albert Boccara. La « solidarité » entre les services doit permettre aussi de tenir, chacun essayant d’accepter des patients qui ne relèvent pas forcément de sa spécialité.

Au rez-de-jardin, les urgences sont en ébullition, comme toujours en début d’après-midi. trente-cinq patients se trouvent dans les couloirs et dans les box, dont « trois suspi Covid », énonce le chef de service, Hocine Saal. A l’entrée, un poste central, avec l’infirmière d’accueil, permet de séparer les patients entre le circuit « Covid » et « non-Covid ».

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