Dans l’Aveyron, les discothèques ont cessé de danser


Le Rétro a baissé le rideau le 14 mars à minuit, à Manhac (Aveyron). Comme toutes les boîtes de nuit, il y a été contraint pour lutter contre la propagation de l’épidémie due au coronavirus. Lampe torche en main, Christian Bosc continue à venir régulièrement faire son tour du propriétaire. Derrière les lourdes portes, les vestiaires ont été rangés. La caisse, fermée. Les frigos, débranchés.

Toute la discothèque semble mise sur pause, prête à redémarrer instantanément. Christian Bosc rêve d’une réouverture, « au moins pour le réveillon du Nouvel An ». La vie a partout repris son cours, observe-t-il, mais les patrons de discothèque demeurent à quai.

Dans le milieu, les rumeurs craignent une fermeture d’au moins un an. « Au début, on comprenait, c’était l’urgence sanitaire. Mais là, ça fait six mois. Et l’on se sent abandonné, se désole Tristan Barrès, jeune patron du Loft à Rodez et représentant syndical UMIH [Union des métiers et des industries de l’hôtellerie] des professionnels de la nuit. Vu de Paris, on croit encore que les discothèques sont des complexes qui accueillent 1 500 personnes chaque soir. Ce modèle-là n’existe plus. Aujourd’hui, la capacité moyenne des boîtes, c’est 300 personnes. Pas plus que certains bars, où l’on ne se gêne pas pour danser. »

« Changer de concept »

Au cabinet du ministre délégué aux petites et moyennes entreprises, Alain Griset, on exclut des réouvertures au cas par cas. « Il n’y a pas de différence de traitement. Le ministère de la santé est clair : le fonctionnement même des salles de danse ne permet pas le respect du protocole sanitaire. » L’entourage du ministre préfère appuyer sur « toutes les aides financières ouvertes aux dirigeants contraints par une fermeture administrative », « preuve de la considération du ministre ». L’UMIH et le Syndicat national des lieux de loisirs (SNDLL) sont invités à Bercy, vendredi 18 septembre, pour « un point de situation de santé financière ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Parce qu’ils exercent la nuit, on les oublie » : cabarets et discothèques crient au secours

Localement, des établissements essaient d’obtenir l’autorisation de la préfecture d’assurer une activité de « bar à ambiance musicale ». « Pour nous, ça veut dire changer de concept et se conformer au protocole sanitaire, avec une fermeture à 2 heures du matin », détaille Tristan Barrès. Pour lui qui est voisin de la fac de Rodez, « c’est maintenant ou jamais » ; il veut capter les étudiants, « qui continuent à faire leurs soirées d’une manière ou d’une autre, parfois entassés à vingt dans des studios… ».

Il vous reste 66.23% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source