derniers chiffres. Vers un reconfinement ?


COVID-19 EN DIRECT – L’épidémie prend de l’ampleur malgré le couvre-feu, 33 417 nouveaux cas et 288 décès ont été enregistrés ces dernières 24 heures à l’hôpital. Emmanuel Macron annoncera de nouvelles mesures demain à 20 heures. Un reconfinement n’est pas exclu. Chiffres par régions, carte, dernières infos.

[Mise à jour du mardi 27 octobre à 19h52] La France fait face à une deuxième vague de coronavirus particulièrement inquiétante. Au 27 octobre, 33 417 nouveaux cas positifs ont été recensés en seulement 24 heures et 523 personnes sont décédées dont 288 ces dernières 24 heures à l’hôpital. Les records de contaminations et de décès s’enchainent depuis cinq jours malgré le couvre-feu de 21h à 6h imposé dans 54 départements français depuis le 24 octobre et la prolongation de l’état d’urgence sanitaire, votée par les députés jusqu’au 16 février 2021. Le Président Emmanuel Macron annoncera mercredi à 20h00 de nouvelles mesures restrictives. Si la situation ne s’améliore pas, le gouvernement n’écarte pas l’hypothèse d’un reconfinement en France. « On n’a plus le choix. Il faudrait reconfiner pour remettre les pendules à l’heure, arrêter la saturation du système hospitalier. Plus on attend tard pour prendre les bonnes décisions, moins elles seront efficaces rapidement« , prévient le Pr Eric Caumes, chef du service des Maladies infectieuses à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris, interrogé sur France Info lundi 26 octobre. Même son de cloche pour Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur, qui s’est exprimé sur France Inter mardi matin : « l’épidémie est difficile à contrôler. Il faut s’attendre à des décisions difficiles, mais comme chez tous nos voisins« . Par ailleurs, les chiffres concernant les contaminations et les décès seraient par ailleurs sous-estimés selon le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, invité sur RTL ce lundi : « Il y a probablement plus de 50 000 cas par jour. Le Conseil scientifique estime que l’on est plutôt autour de 100 000 cas par jour« , indique-t-il. Nombre de cas, décès, personnes en réanimation, clustersR0 en France… Chiffres et infos du jour.

Dernières infos en direct :

  • Nouvelles mesures. Emmanuel Macron annoncera, mercredi soir à 20 heures, de nouvelles mesures de restrictions contre le Covid-19. Son Premier ministre, Jean Castex confirme sur Twitter présenter jeudi les nouvelles mesures « indispensables » pour lutter contre l’épidémie.
  • Tests antigéniques dans les Ehpad. Tous les Ehpad vont recevoir « d’ici la semaine prochaine » des tests antigéniques afin de réduire les délais de dépistage du Covid-19, a promis mardi la ministre déléguée chargée de l’Autonomie, Brigitte Bourguignon. Ces tests permettent d’obtenir un résultat en 15 à 30 mn, et ainsi « éviter des clusters qui deviennent plus dangereux ».
  • Transferts de patients. Huit nouveaux patients d’Auvergne-Rhône-Alpes ont été transférés mardi en avion sanitaire vers les Pays de la Loire. Deux transferts sont prévus mercredi indique l’Agence régionale de santé (ARS) d’Auvergne-Rhône-Alpes. Au total, ce sont 27 malades qui sont transférés vers d’autres régions depuis la reprise de ces vols.
  • 70% des lits occupés en réa en Ile-de-France. 818 patients infectés par le covid-19 sont actuellement en réanimation dans la région Ile-de-France. « Cela représente 70% de nos capacités d’accueil initiales, indique Aurélien Rousseau, le directeur général de l’Agence régionale de santé (ARS) de la région. Nous avons en parallèle près de 3 800 patients dans les services d’hospitalisation conventionnels. La situation dans les hôpitaux franciliens se tend d’heure en heure » alerte t-il. Pour le directeur de l’ARS, « Les mesures qui ont été prises n’ont pas permis d’endiguer les contaminations. Il faut maintenant passer à l’étape supérieure ».
  • Lien entre symptômes et anticorps. Selon une étude britannique de l’Imperial College London et d’Ipsos Mori publiée ce mardi, les personnes infectées et asymptomatiques sont plus susceptibles de perdre rapidement leurs anticorps que celles ayant montré des symptômes du Covid-19. Si toutes les classes d’âge sont concernées par cette baisse d’anticorps, les personnes de plus de 75 ans ont vu leurs anticorps chuter de 39% en moyenne entre juin et septembre. 
  • Des vacances prolongées en France ? Le pays va-t-il décider de prolonger les vacances de la Toussaint pour les scolaires comme son voisin la Belgique qui a vu son nombre de contaminations triplé en 5 semaines seulement ? A date, les scientifiques se questionnent sur la réouverture des écoles et se demandent s’il n’est pas préférable de maintenir fermer les établissements scolaires à compter du lundi 2 novembre. L’épidémiologiste Antoine Flahault a proposé ce lundi 26 octobre sur BFMTV de ne pas rouvrir les collèges, lycées et universités, de laisser ouvertes les écoles primaires en imposant le port du masque à tous les élèves, même ceux de moins de 6 ans. 
  • Transfert de réanimations. Le CHRU de Brest s’apprête à accueillir 4 patients de la région PACA dans son service de réanimation. Par ailleurs, l’établissement a décidé de déprogrammer ses activités chirurgicales non urgentes à hauteur de 40%. 
  • Situation critique en Charente-Maritime. Le département s’apprête à être classé en situation de « vulnérabilité élevée ». Le taux d’incidence (semaine du 12 au 18 octobre) est le plus faible de la Nouvelle Aquitaine mais croît de manière très inquiétante : +10 en une semaine. 
  • Restrictions dans les bars et restaurants en Alsace. La préfecture du Bas-Rhin a décidé de renforcer les mesures déjà en vigueur en Alsace depuis samedi : les bars-restaurants et les restaurants ne peuvent désormais ouvrir que de 11h à 15h et de 18h à 20h30
  • Reconfinement à Nice ? Le maire, Christian Estrosi, a annoncé que des mesures « très restrictives » seraient prises si le couvre-feu n’a pas produits d’effets significatifs sur l’épidémie à partir de dimanche. Le maire de Nice envisage un « confinement économique » avec la fermeture des commerces non-essentiels, la fermeture des universités et un reconfinement le week-end. La moitié du personnel de la mairie et de la métropole de Nice a été placé en télétravail.
  • Conseils de défense et réunion de crise. Le Président Emmanuel Macron réunit un conseil de défense mardi et mercredi sur la situation sanitaire, a indiqué l’Elysée. Tandis que le Premier ministre se réunit ce mardi avec les ministres Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin, Jacqueline Gourault, Olivier Véran, en présence des présidents des deux chambres, des chefs de partis, des présidents des groupes parlementaires et des présidents des principales associations d’élus pour évoquer la situation de l’épidémie en France.
  • Plan blanc réactivé dans le Grand Est. L’Agence régionale de Santé (ARS) du Grand Est a annoncé lundi 26 octobre avoir demandé à tous les établissement de santé de déclencher le « plan blanc » vendredi dernier. 
  • 1 métro sur 2 à Paris. Depuis la mise en place du couvre-feu de 21h à 6h à Paris et en Île-de-France, la fréquentation dans les transports en commun le soir a nettement chuté. Dans ce contexte, la fréquence des trains, métros, RER, bus et tramways sera réduite de moitié à partir de ce mercredi 28 octobre. « Des renforts ponctuels » pourront être décidés « entre 20 heures et 21 heures sur certaines lignes de fonction de l’affluence constatée ».

Samedi 24 octobre, l’Assemblée nationale a voté par 71 voix contre 35 la prolongation de l’état d’urgence sanitaire. Le texte de loi passera au Sénat ce mercredi. Ce texte de loi autorise le Premier ministre à prendre des mesures limitant la liberté d’aller et venir, la liberté d’entreprendre ainsi que la liberté de réunion. « Nous observons une progression rapide et très préoccupante de l’épidémie (…). Disons les choses clairement : la situation est grave« , a déploré le Premier ministre Jean Castex le 22 octobre qui a annoncé de nouvelles mesures à compter du samedi 24 octobre et pour une durée de 6 semaines :

Extension du couvre-feu à 38 départements français et à la Polynésie française. Au total, 54 départements et 1 département d’outre-mer seront sous couvre-feu, soit 46 millions de Français (7 Français sur 10), de 21 heures à 6 heures du matin.

Dans tous les territoires : 

→ Les fêtes privées (mariages, fêtes étudiantes) dans les salles polyvalentes sont interdites.

→ Les restaurants doivent tous appliquer le nouveau protocole sanitaire.

→ Dans tous les lieux assis (cinémas…), la règle d’un siège sur deux doit s’appliquer.

→ Dans tous les lieux où on est debout (zoo, centres commerciaux…), le nombre de visiteurs est limité à raison de 4m2 par personne.

→ Le télétravail doit être encouragé à raison de 2 à 3 jours.

→ les hôtels sont autorisés à faire des room service après 21 heures, a expliqué le secrétariat d’État en charge du Tourisme. Les établissements ont le droit de servir leurs clients tant que ces derniers ne sortent pas de leur chambre. 

Couvre-feu : villes, heures, attestation de déplacement

Un couvre-feu est instauré dans 54 départements de France, annonce Jean Castex le 22 octobre lors d’une conférence de presse, depuis le samedi 24 octobre pour 38 nouveaux départements et pour 6 semaines. Pour 46 millions de Français, il est interdit de sortir de chez soi dans ces zones de 21 heures à 6 heures du matin, sauf si on est muni d’une attestation (les dérogations sont prévues pour des raisons de santé, des raisons professionnelles, aider un proche en situation de dépendance, des raisons de transport et sortir son animal de compagnie dans un rayon de 1 km). La violation du couvre-feu est sanctionnée d’une amende de 135 euros, de 1 500 euros en cas de récidive et jusqu’à 3 750 euros d’amende en cas de multi-récidive, précise le gouvernement sur Twitter

► Les 54 zones sous couvre-feu de 21h à 6h du matin sont: les Bouches-du-Rhône, l’Essonne, la Haute-Garonne, les Hauts-de-Seine, l’Hérault, l’Isère, la Loire, le Nord, Paris, le Rhône, la Seine-et-Marne, la Seine-Maritime, la Seine-Saint-Denis, le Val-de-Marne, le Val-d’Oise et les Yvelines. auxquels s’ajoutent 38 nouveaux départements : l’Ain, les Alpes-Maritimes, l’Ardèche, les Ardennes, l’Ariège, l’Aube, l’Aveyron, le Bas-Rhin, le Calvados, la Corse-du-Sud, la Côte-d’Or, le Drôme, le Gard, les Hautes-Alpes, la Haute-Corse, la Haute-Loire, les Hautes-Pyrénées, la Haute-Savoie, l’Ille-et-Vilaine, l’Indre-et-Loire, le Jura, le Loiret, la Lozère, le Maine-et-Loire, la Marne, la Meurthe-et-Moselle, l’Oise, le Pas-de-Calais, le Puy-de-Dôme, les Pyrénées-Atlantiques, les Pyrénées-Orientales, la Saône-et-Loire, la Savoie, le Tarn, le Tarn-et-Garonne, le Var, le Vaucluse et la Polynésie française. 

La règle des 6 : pas plus de 6 personnes chez soi quand on reçoit

Emmanuel Macron a également annoncé le 14 octobre que les rassemblements publics, privés et dans les restaurants ne doivent pas compter plus de 6 personnes, comme c’est aussi le cas chez nos voisins italiens depuis le 13 octobre. Sur Twitter, le gouvernement détaille : « Quand on reçoit des amis, à dîner, quand on fête un anniversaire, quand on mange au restaurant, la règle c’est six maximum. » 

En savoir plus sur les rassemblements autorisés ou non : 

Quelles mesures à Paris ?

La capitale française était passée en alerte maximale le 6 octobre. Mais la situation sanitaire s’est dégradée à Paris et la ville est passée en « état d’urgence » le samedi 17 octobre à 0h01. Un couvre-feu oblige les Parisiens à rentrer chez eux à 21h et ne plus en ressortir jusqu’à 6 heures du matin. « Seules les personnes contraintes d’aller travailler le soir, ou celles pouvant prouver de nécessités impérieuses ou d’urgences (familiales, liées à la santé…), pourront sortir mais devront pouvoir le justifier via une attestation dérogatoire » explique la Préfecture de Paris dans un communiqué publié le 15 octobre. Les restaurants, cinémas, salles de spectacles et théâtres ferment leurs portes à 21 heures. Les transports en communs par contre ne seront pas impactés par le couvre-feu, a précisé le Président de la République : « Si vous avez 30 minutes de transport, il faut s’organiser pour être chez soi à 21h. »  

→ Le port du masque est obligatoire à Paris dans l’espace public, les transports et à l’école (à partir de 11 ans).

→ La vente à emporter et la consommation d’alcool sur la voie publique est interdite à compter de 21 h.

→ La diffusion de musique amplifiée sur la voie publique ou audible depuis la voie publique est interdite à compter de 21 h.

→ Les soirées étudiantes et tous les rassemblements festifs ou familiaux ayant lieu dans des établissements recevant du public sont interdits.

→ Les cérémonies de mariage peuvent avoir lieu en mairie ou dans les lieux de culte, mais les fêtes de mariage ne sont pas autorisées.

→ Fermeture au public des clubs de jeux, salles de danse et salles de jeux.

→ Fermeture des foires et salons (espaces des parcs expos) et des événements se tenant sous des grandes tentes classées en CTS au sens de la règlementation (représentations de cirque sous chapiteau, divers événements…).

→ Les restaurants doivent respecter un protocole sanitaire strict (distance minimale entre les chaises à 1 mètre, pas plus de 6 à une même table…). L’agrandissement ou la création de terrasse a été prolongé jusqu’en juin 2021.

→ La jauge maximale autorisée pour les grands rassemblements est fixée à 1000 personnes dans le strict respect des règles de protection sanitaire.

Pas de rassemblement de plus de 10 personnes sur la voie publique, dans les parcs et les jardins.

Les clubs de sport et de fitness sont fermés.

→ Les gymnases, salles polyvalentes et les piscines sont fermés sauf pour accueillir des mineurs de moins de 18 ans.

→ Les bibliothèques et médiathèques parisiennes restent ouvertes (jusqu’à 21 heures maximum). 

Le ministère de la Santé a mis à jour la carte des zones d’alerte en France suite au passage en état d’urgence sanitaire du pays le samedi 17 octobre. Après avoir réparti les territoires en zone « verte », « rose », « rouge » et « rouge écarlate » le 23 septembre, le gouvernement a publié une carte bicolore de la France le 17 octobre : en gris, les zones en état d’urgence sanitaire et en rouge, celles aussi en état d’urgence sanitaires mais avec un couvre-feu. La décision de répartition des territoires entre les différents niveaux d’alerte s’appuie sur l’appréciation du profil épidémiologique de chaque territoire suite à l’analyse de 3 indicateurs produits par Santé publique France :

  •  Le taux d’incidence : le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur 7 jours glissants.
  •  Le taux d’incidence chez les personnes âgées : le nombre de cas pour 100 000 habitants chez les plus de 65 ans, sur 7 jours glissants.
  •  La part des patients COVID dans les réanimations : le nombre de patients COVID+ sur le nombre total de lits occupés en réanimation.
Carte des 54 départements concernés par le couvre-feu © Gouvernement

En France métropolitaine, la circulation virale se poursuit à un niveau élevé. Les nouvelles hospitalisations et les nouvelles admissions en réanimation poursuivent leur hausse. Le nombre de décès liés au COVID-19 est également en augmentation, notamment dans les établissements de santé. Le nombre de clusters se maintient à des niveaux élevés mais reste très certainement sous-estimé. L’augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 se poursuit : chez les personnes de 75 ans et plus, le nombre de cas a été multiplié par quatre depuis la mi-août. Selon les derniers chiffres publiés par le gouvernement au 27 octobre : 

• 1 198 695 personnes ont été contaminées par le coronavirus (+33 417 en 24 heures)

• 35 541 personnes sont décédées en France (+288 en 24 heures et 235 durant ces 4 derniers jours en Ehpad et EMS).

• 2 918 personnes Covid-19 sont en réanimation (+148 en 24 heures).

• 18 978 personnes Covid-19 sont hospitalisées (+1 194 en 24 heures).

 37% des lits en réanimation sont occupés par des patients Covid-19

 

Le nombre de nouvelles contaminations au nouveau coronavirus augmente fortement en France. « La circulation du virus atteint aujourd’hui un niveau extrêmement élevé, a annoncé le Premier ministre Jean Castex lors de sa conférence de presse le 22 octobre. Le nombre de personnes atteintes par le Covid s’établit sur les sept derniers jours à 251 pour 100.000 personnes, c’est-à-dire une progression de 40% en une semaine. » Toutes les tranches d’âge sont touchées, « et notamment les plus de 65 ans, chez qui, le nombre de cas a triplé en six semaines », a indiqué le chef du gouvernement. Au 27 octobre, Santé publique France rapporte un total de 1 198 695 cas confirmés de coronavirus depuis le début de la pandémie. Sur ces dernières 24 heures, ce sont 33 417 personnes supplémentaires qui ont été dépistées positives au virus. Le nombre de nouveaux cas double actuellement au bout de 18 jours. La diffusion du virus chez les personnes âgées est inquiétante car ces personnes sont parmi les plus à risque de complication de COVID-19. Le pic épidémique de la première vague a été observé la semaine du 23 au 29 mars, soit une semaine après la mise en œuvre des mesures de confinement de la population générale, le 17 mars 2020. Depuis mi-juin, le nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 a recommencé à augmenter régulièrement. 

Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 18 octobre 2020 (données au 21 octobre 2020)

Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 11 mai au 18 octobre 2020 (données au 21 octobre 2020)
Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 11 mai au 18 octobre 2020 (données au 21 octobre 2020) © Santé Publique France

Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS (établissements sociaux et médico-sociaux) par semaine calendaire, du 20 juillet au 18 octobre 2020, en France

Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS par semaine calendaire, du 20 juillet au 18 octobre 2020, en France
Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS par semaine calendaire, du 20 juillet au 18 octobre 2020, en France © Santé Publique France

Les notifications de nouvelles admissions en réanimation continuent d’augmenter en France. Au 27 octobre, 2 918 personnes sont en réanimation à cause du Covid-19 selon le site de données Gouvernement.fr. Sur le territoire, plus de 40% des lits de réanimation sont occupés par des patients Covid-19 actuellement, 70% en Ile-de-France. « Les chiffres montent désormais très vite, trop vite », s’inquiète Aurélien Rousseau, le Directeur Général de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France mardi 20 octobre, alors qu’il a annoncé le 8 octobre, la réactivation du plan blanc dans tous les hôpitaux. Des opérations « non urgentes » sont déprogrammées. Les plus forts taux d’admissions en réanimation sont rapportés en Ile-de-France, en Auvergne-Rhône-Alpes, et dans les Hauts-de-France. Le temps de doublement du nombre hebdomadaire d’admissions en réanimation est de 19 jours.

Profil des personnes admises en ce moment en réanimation : 71% sont des hommes, l’âge médian est de 69 ans. 90% des patients présentent au moins une comorbidité

Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs avec un diagnostic Covid-19 (hommes et femmes) 

Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs avec diagnostic covid-19 - hommes et femmes
Nombre de personnes actuellement en réanimation ou soins intensifs avec diagnostic covid-19 – hommes et femmes © Géodes – Santé publique France

Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, consolidés avec l’Agence Santé Publique France et les ARS (Agences régionales de Santé), voici l’évolution des hospitalisations (dont la réanimation) et des décès en France par région.

Evolution des hospitalisations (dont en réanimation) et décès à l’hôpital du Covid-19 par région au 27 octobre (source : Santé publique France)

RégionsHospitalisations en coursEvolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 HRéanimation Soins intensifEvolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 HDécès
Île-de-France4 657+147836+488 814
Grand Est881+36120+53 848
Auvergne-Rhône-Alpes3 951+92496+42 474
Hauts-de-France1 965-16303-102 330
Bourgogne-Franche-Comté686+1497+11 190
Provence-Alpes-Côte d’Azur2 096+90306-71 478
Occitanie1 303+94266+16842
Bretagne348+1850+1329
Nouvelle-Aquitaine827+44120+18638
Normandie799+83106NC608
Centre Val-de-Loire482+5679-1657
Pays de la Loire594+969-2584
Corse67+111NC73
Martinique73+216+230
Guadeloupe146+617NC136
La Réunion48-310-129
Guyane19+23+166
Mayotte13-14-130
TOTAL18 978+ 6742 918+ 7435 541 (+288)

Le nombre de décès du Covid-19 repart à la hausse en France. Le premier était survenu à Paris le 14 février 2020, il s’agissait d’un patient chinois de 80 ans. Au 27 octobre 2020, 35 541 personnes sont décédées en France du Covid-19 (+288 décès en 24 heures et 235 décès sur les 4 derniers jours dans les Ehpad et EMS). Le nombre hebdomadaire de décès survenus au cours d’une hospitalisation est en augmentation entre la semaine 41 (5-11 octobre) et 42 (12-18 octobre) : 672 en S42 versus 454 en S41 et 396 en S40.

→ Les décès augmentent surtout dans 9 régions : Auvergne-Rhône-Alpes, Corse, Grand-Est, Hauts-de-France, Île-de-France, Mayotte, Nouvelle-Aquitaine, Occitanie et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Nombre hebdomadaire de nouveaux décès survenus au cours d’une hospitalisation pour COVID-19, depuis le 19 mars 2020, France, données au 20 octobre 2020.

Nombre hebdomadaire de nouveaux décès survenus au cours d’une hospitalisation pour COVID-19 selon la date de déclaration, depuis le 19 mars 2020, France, données au 20 octobre 2020
Nombre hebdomadaire de nouveaux décès survenus au cours d’une hospitalisation pour COVID-19 selon la date de déclaration, depuis le 19 mars 2020, France, données au 20 octobre 2020 © Santé Publique France

La proportion de décès chez les hommes est supérieure à celle des femmes depuis le début de la pandémie (55%). 92% des cas de COVID-19 décédés sont âgés de 65 ans ou plus. 

La « diffusion du virus concerne désormais la quasi-totalité du territoire national » a indiqué le 22 octobre le Premier ministre Jean Castex dans une conférence de presse. Quatre régions sont plus particulièrement touchées : Auvergne-Rhône-Alpes, Île-de-France, PACA et Hauts-de-France, où la barre des 50% des lits de réanimation occupés par des patients Covid a été franchie, a précisé le chef du gouvernement. Il faut par ailleurs noter que les nouvelles hospitalisations progressent dans toutes les régions de France.

Au 26 octobre, 92 départements ont un nombre de cas de Covid-19 au-dessus du seuil d’alerte de 50/100 000 habitants et sont en niveau de vulnérabilité « élevé ». 

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 26 octobre 2020

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 26 octobre 2020 © Santé Publique France © Santé Publique France © Santé Publique France

 

Au 25 octobre, 2 321 foyers de contamination sont en cours d’investigation en France (+141 sur les dernières 24 heures). Dans son point épidémiologique du 22 octobre, Santé Publique France annonce que « le suivi des clusters n’est plus un bon indicateur de suivi de l’épidémie » du coup « l’analyse de la criticité des clusters selon le type de collectivités ne sera désormais publié qu’une semaine sur deux ».  A cause de l’augmentation de la circulation virale sur l’ensemble du territoire, le nombre de clusters identifié est très sous-estimé, argue l’agence. 

Les taux de reproduction du virus appelés « R-effectifs » ou « Reff » permettent de décrire la dynamique de l’épidémie : lorsque le Reff est significativement supérieur à 1, ceci signifie que l’épidémie est en progression, lorsqu’il est égal à 1, l’épidémie se stabilise, lorsqu’il est significativement inférieur à 1, l’épidémie régresse. Ils sont évalués à partir de plusieurs observations et sont tous en hausse au 22 octobre : celui calculé à partir du nombre de tests positifs grimpe à 1.35, « ce qui concrètement signifie un doublement du nombre de cas en quinze jours«  a souligné le Premier ministre Jean Castex le 22 octobre, celui calculé à partir des données d’hospitalisations (SI-VIC) à 1,39 et celui calculé à partir des passages aux Urgences passe à 1,29. Quels sont les départements ou régions où le virus circule le plus ? Comment ce nombre est-il calculé ? Définition, courbe d’évolution et carte par région.

Le nombre de personnes testées au Covid-19 augmente en France, à la fois chez les cas symptomatiques et chez les asymptomatiques. Les départements présentant les plus forts taux de dépistage sont le Nord, le Rhône, Paris, la Loire et les Hauts-De-Seine. Accélérer le dépistage du coronavirus est en première ligne de la stratégie du gouvernement pour isoler rapidement les cas positifs et casser la chaîne de transmission du virus. 590 laboratoires testent par PCR les Français sur l’ensemble du territoire. Ils vont être suppléés par les pharmacies et les cabinets de médecine générale autorisés à réaliser des tests antigéniques rapides. 

Comme il n’y a ni vaccin, ni médicament efficace contre le coronavirus, le meilleur moyen de s’en protéger est l’application de mesures barrières : respect de la distanciation physique minimale d’un mètre, port du masque, lavage des mains réguliers, réduction des rassemblements. Les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques (atteintes respiratoire, cardiaque, obésité, diabète…) sont appelées à la plus grande prudence tant que le virus circule.

Si au début, on ne parlait que de fièvre, toux sèche, rhume, état grippal et de fatigue, les symptômes de l’infection par le coronavirus ont évolué. On sait désormais que le virus peut avoir des effets sur la peau (urticaire, autres affections dermatologiques), la sphère digestive (vomissements, diarrhées…), l’odorat, le goût et même le cerveau. 

  • Si vous présentez des symptômes (toux, fièvre, mal de tête) : éviter les contacts, rester à domicile, prenez du paracétamol si besoin, appeler un médecin pour prendre rendez-vous dans l’éventualité qu’il vous fasse passer un test de dépistage. 
  • Appeler le 15 en cas de difficultés respiratoires : « Si cette toux et cette fièvre s’accompagnent d’une gêne respiratoire qui devient permanente avec souffle court, difficulté à inspirer et à expirer, d’une aggravation importante de la toux, cela peut signifier une évolution de la maladie sous la forme d’une pneumopathie. Il s’agit alors d’une urgence respiratoire potentielle et comme dans tous les cas d’urgence, il faut alors appeler le 15 qui prendra les meilleures dispositions pour répondre à la situation », prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.  
DATES CLÉS DE L’ÉPIDÉMIE EN FRANCE
  • Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé en Chine est informée de plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan. 44 personnes sont infectées entre cette date et le 3 janvier 2020.
  • Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient un « nouveau type de coronavirus ».
  • Le 13 janvier, un cas importé est recensé en Thaïlande.
  • Le 15 janvier, le virus cause la mort d’une première personne à Wuhan, un homme de 69 ans. 
  • Le 23 janvier, trois villes chinoises dont Wuhan sont placées en quarantaine.
  • Le 25 janvier, trois personnes contaminées sont recensées en France, deux à Paris et une Bordeaux. Ce sont les premiers cas enregistrés sur le continent européen.
  • Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la Santé décrète l’urgence de santé mondiale. Cette mesure n’avait été décrétée que 5 fois depuis sa création (pour Ebola (deux fois), la grippe H1N1, Zika et la poliomyélite). 
  • Le 23 février, la France déclenche le plan ORSAN, un dispositif exceptionnel d’organisation des soins.
  • Le 28 février, la France passe en stade 2 de l’épidémie.
  • Le 11 mars, l’OMS classifie de pandémie la diffusion de la maladie à coronavirus Covid-19 dans le monde.
  • Le 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture nationale des crèches et établissements scolaires de France à compter du 16 mars et « jusqu’à nouvel ordre ».
  • Le 14 mars, la France passe au stade 3 de l’épidémie.
  • Le 16 mars : la France met en place un dispositif de confinement interdisant les déplacements.
  • Le 18 mars le premier transfert de patients Covid-19 en France est réalisé grâce à l’Armée, par voie terrestre et aérienne. 
  • Le 26 mars, un premier cas jeune meurt en France, une adolescente de 16 ans, en Ile-de-France originaire de Morsang-sur-Orge.
  • Le 27 mars, le confinement de la population française est renouvelé jusqu’au 15 avril.
  • Le 13 avril, Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai.
  • Le 11 mai, la France commence son déconfinement.
  • Le 15 juin, toute la France passe en zone verte, sauf Mayotte et la Guyane. A Paris, les restaurants et bars peuvent rouvrir complètement.
  • Le 22 juin, les écoles sont de nouveaux obligatoires en France pour tous les élèves. Les cinémas, salles de jeux, casinos rouvrent. Les sports collectifs peuvent être autorisés tout en respectant certaines conditions sanitaires.
  • Le 10 juillet, la France a franchi la barre des 30 000 morts. Dans la nuit du 10 au 11 juillet à minuit, l’état d’urgence sanitaire prend fin en France.
  • Le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos en France.
  • Le 8 octobre, le plan blanc est réactivé dans les hôpitaux d’Ile-de-France.
  • Le 17 octobre à 0h01, la France repasse en état d’urgence sanitaire et un couvre-feu est instauré dans 9 territoires (Paris-Ile-de-France, Rouen, Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Saint-Etienne, Toulouse).
  • Le 24 octobre à 0h01 : extension des mesures de couvre-feu à 38 nouveaux départements français.

Cet article est mis à jour quotidiennement par Aurélie Blaize, Anaïs Thiébaux et Samantha Pagès





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