Des 2 CV et Méhari au cœur électrique


Cassis, son petit port de pêche, ses calanques, son cap Canaille… Sur les hauteurs de la ville des Bouches-du-Rhône, le cadre beaucoup moins glamour du Technopark du Brégadan abrite une autre curiosité locale : les véhicules électriques du 2CV Méhari Club. Cette entreprise réputée de longue date pour l’entretien et la rénovation de ces deux modèles Citroën patrimoniaux s’est convertie au « rétrofit ». Comprendre : adapter un moteur électrique à bord d’un véhicule ancien.

Administrativement parlant, les Méhari électriques, baptisées « Eden », sont des « quadricycles lourds de catégorie L7e », précise Julien Vagner, directeur général du 2CV Méhari Club, repris avec son ami Stéphane Wimez il y a six ans. C’est sous ce statut qu’elles ont été produites et vendues à une cinquantaine d’exemplaires depuis trois ans, à une période où la conversion d’un modèle thermique en électrique ne pouvait faire l’objet d’une immatriculation en bonne et due forme, à moins d’être homologuée à l’étranger. Pour cette raison, les 2CV dites « R-Fit » garées à côté et équipées d’un « kit » rétrofit sont des prototypes.

Le 3 avril, le décret du 13 mars 2020 encadrant et autorisant le rétrofit a été publié au Journal officiel. Désormais les véhicules essence ou diesels de plus de 5 ans, et les 2 et 3 roues motorisées de plus de 3 ans, peuvent passer au 100 % électrique, à condition de respecter quelques règles comme le maintien d’un poids constant et le passage par un atelier homologué. Une dizaine de jeunes entreprises sont sur les rangs de ce micromarché, regroupées dans l’association Acteurs de l’industrie du rétrofit électrique (AIRe), dont Julien Vagner est vice-président et qui a mené un lobbying actif pour faire évoluer la législation.

« Et ça a la patate ? »

Reste à décrocher l’ultime sésame, l’homologation. A cette fin, un prototype 2CV R-Fit est actuellement soumis à une série de tests à l’issue desquels l’atelier du Club aura l’autorisation d’installer en série le kit moteur-batteries, d’apposer sa plaque minéralogique et de délivrer une carte grise. « Le Covid nous a fait perdre trois à six mois, concède Julien Vagner, mais nous pensons pouvoir prendre les commandes pour Noël. »

En attendant, « la vente de pièces détachées représente encore 80 % de notre chiffre d’affaires ». Parmi ses clients amoureux de belles anciennes, une centaine se disent intéressés par le passage à l’électrique, convaincus de la nécessaire évolution de la voiture vers une motorisation décarbonée, mais aussi par l’agrément de conduite et l’envie de préserver le patrimoine automobile.

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