des anti-couvre-feu ont manifesté samedi soir


CORONAVIRUS EN DIRECT – Alors que dans certaines villes, le couvre-feu a été instauré, plusieurs manifestants se sont retrouvés après 21 heures, samedi 17 octobre, dans les rues de Paris et Marseille, pour protester contre la mesure. Pendant ce temps, la France continue de couler sous la nouvelle vague épidémique et a recensé 32 427 nouveaux cas positifs en 24 heures.

[Mise à jour du dimanche 18 octobre à 14h14] 

« Tout le monde déteste le couvre-feu ». Samedi soir, à Paris et Marseille, plusieurs dizaines de manifestants anti-couvre-feu se sont retrouvés dans la rue, à 21 heures passées, pour montrer leur mécontentement face à ce confinement nocturne. Imposé par le gouvernement dans plusieurs zones de France, il a pour but de freiner l’épidémie de coronavirus. Au 17 octobre, 32 427 nouveaux cas positifs au Covid-19 ont été enregistrés en 24 heures. 90 personnes sont par ailleurs décédées. Lors de son point hebdomadaire, le 15 octobre dernier, Santé publique France a indiqué que le nombre de cas avait triplé chez les 65 ans et plus en 6 semaines. Le chef de l’État a annoncé que s’il n’y avait pas d’amélioration d’ici le 16 novembre, le couvre-feu serait prolongé de deux semaines supplémentaires, jusqu’au 1er décembre. Pendant cette période, les Français habitant dans ces zones ne seront plus autorisés à sortir de chez eux après 21 heures, sauf cas dérogatoire justifié par une attestation (médicales, professionnelles…). Pour l’instant, l’idée d’un reconfinement « serait disproportionnée » a déclaré le président de la République le 14 octobre : « Notre objectif doit être de réduire les contacts privés qui sont les contacts les plus dangereux. » Pour mieux accueillir les patients à l’hôpital et en réanimation, le plan blanc est réactivé dans les hôpitaux d’Ile-de-France depuis le 8 octobre. Des opérations sont à nouveau déprogrammées face à la pression en réanimation. Nombre de cas, décès, personnes en réanimation, clustersR0 en France… Chiffres et infos du jour.

Dernières infos en direct :

  • Plusieurs manifestations anti-couvre-feu. À Paris et Marseille, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées samedi soir, après 21 heures, pour protester contre le couvre-feu imposé par le gouvernement. À l’aide de slogans comme « Tout le monde déteste le couvre-feu », « Liberté » ou encore « Travaille, consomme et rentre chez toi « , les manifestants ont fait entendre leur mécontentement.
  • Une fête étudiante interrompue par la police. Parce qu’ils voulaient profiter d’une dernière soirée avant le couvre-feu, une cinquantaine d’étudiants lillois se sont retrouvés dans la nuit de jeudi à vendredi dans les caves d’un bâtiment d’habitation, rapporte 20 Minutes Lille, d’après la Direction départementale de la sécurité publique. Si les jeunes pensaient être discrets en s’amusant en sous-sol, ils ont tout de même dérangé tout le quartier qui a inondé le standard de la police vers 1 heure du matin.
  • Le Medef demande de la souplesse pour l’événementiel et les salles de sport. Dans une interview accordée au Journal du Dimanche, Geoffroy Roux de Bézieux souhaite  » de la souplesse  » pour que les salles de sports et le secteur de l’événementiel maintiennent une activité. « On ne va pas pouvoir continuer pendant des mois à ce que l’État finance les salaires et la trésorerie des entreprises privées, estime le président du Medef. Il faut donc qu’on définisse […] les protocoles qui permettent de poursuivre l’activité, de produire, de consommer, de vivre tout simplement. Sinon, il n’y a pas d’issue économique et donc pas d’espoir.  » Il poursuit : « dans l’événementiel, l’activité est totalement arrêtée. Or, dans deux mois, les tests antigéniques salivaires arrivent. Dès aujourd’hui, l’État doit autoriser les organisateurs d’événements professionnels, culturels et sportifs, à tester le public et à filtrer les entrées en fonction des résultats positifs […] Ça éviterait de condamner cette industrie à une mort lente ». Il a également regretté « parfois une réponse bureaucratique uniforme et centralisée « , en trouvant aberrant la fermeture des salles de sport.
  • Le groupe sanguin jouerait un rôle majeur dans la transmission du virus. D’après deux études publiées le 14 octobre dans Blood Advances, les personnes du groupe O auraient moins de risques d’attraper le nouveau coronavirus. Le cas échéant, elles auraient moins de chance de développer des symptômes sévères. Si la première étude n’a pas noté de différence significative entre les groupes A, B et AB, les résultats de la seconde recherche révèlent que les personnes de groupe A et AB étaient plus nombreuses à avoir fait l’objet d’une ventilation mécanique, signifiant qu’elles seraient plus enclines à présenter des lésions pulmonaires que les autres rhésus. À noter que parmi cet échantillon plusieurs personnes ont dû bénéficier d’une dialyse pour insuffisance rénale, prouvant que selon son groupe sanguin la probabilité de souffrir du Covid-19 est différente.
  • Un nouveau protocole sanitaire pour les entreprises. Après avoir annoncé comment s’appliquerait le couvre-feu, le gouvernement a également fait savoir qu’il avait mis à jour le protocole sanitaire pour les entreprises. La ministre du Travail, Élisabeth Borne et le ministre de l’Économie Bruno Le Maire ont demandé aux entreprises de renforcer le télétravail. Élisabeth Borne a expliqué qu’ « il est désormais demandé aux entreprises, particulièrement dans les zones de couvre-feu, de définir un nombre minimal de jours de télétravail pour les postes qui le permettent. « 
  • Les hôpitaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes déprogramment certaines opérations. Face à l’avancée rapide de l’épidémie de coronavirus, l’ARS a demandé aux établissements de santé publics et privés du Rhône, de la Loire et de l’Isère de déprogrammer toutes les opérations non urgentes dès le lundi 19 octobre, pour 15 jours. D’après Lyon Capitale, « 37 % des lits actuellement disponibles sur l’ensemble de la région sont occupés par des patients atteints de Covid-19 et 50 % par des patients atteints d’une autre pathologie. « 
  • De nouvelles mesures dans le Var. Le préfet du Var, Evence Richard, a annoncé que de nouvelles mesures entreront en vigueur dès lundi 19 octobre. Si le département n’a pas à subir un couvre-feu, le communiqué précise que « les événements et rassemblements festifs dans les établissements recevant du public seront interdits. Dans les salles des fêtes, salles polyvalentes et chapiteaux, l’ensemble des rassemblements qui ne permettent pas le port du masque pendant toute la durée de l’évènement (comme les repas ou les cocktails) seront interdits ».
  • Des mesures complémentaires dans les Pyrénées-Atlantiques. Samedi matin, le préfet des Pyrénées-Atlantiques, Eric Spitz a annoncé qu’il pourrait imposer des restrictions supplémentaires dès mardi ou mercredi. Cela pourrait passer par la fermeture des bars des 22 heures, la fermeture des vestiaires de sport, interdire les soirées étudiantes et réduire le nombre de personnes autorisées à se réunir dans les grands évènements. Le préfet a également évoqué de rendre obligatoires les cahiers de rappel dans les restaurants.
  • Les nouvelles attestations de déplacement sont en ligne. Depuis ce samedi, de nouvelles attestations sont disponibles. Qu’il s’agisse de l’attestation de déplacement dérogatoire ou du justificatif de déplacement professionnel, ces documents sont téléchargeables sur le site du ministère de l’Intérieur.
  • Hausse des ventes d’anxiolytiques et d’hypnotiques. Pendant le confinement, la consommation d’anxiolytiques et d’hypnotiques a explosé entre le 16 mars et le 13 septembre, rapporte une étude Epi-Phare menée par l’Assurance-maladie conjointement avec l’Agence du Médicament. Durant cette période, 1,1 million d’anxiolytiques, 480 000 hypnotiques et 187 000 anti dépresseurs ont été vendus, en plus de ce qui était attendu. « Pour les anxiolytiques, après une augmentation de +18,6% des délivrances lors des 2 premières semaines de confinement on observe une consommation au-dessus du niveau attendu de façon persistante depuis la fin avril et jusqu’à la mi-août. Au total, depuis la première semaine de confinement jusqu’à la première quinzaine de septembre 2020, un solde positif de 1 060 000 millions de délivrances sur ordonnance en pharmacie d’anxiolytiques est observé par rapport à l’attendu sur la même période. »

« La deuxième vague est là. Nos services de réanimation sont sous pression » a confirmé le Président de la République, Emmanuel Macron, lors de son allocution télévisée du mercredi 14 octobre au soir. Après avoir placé plusieurs villes en état d’alerte, renforcée ou maximale, le Chef de l’Etat a annoncé de nouvelles restrictions à compter de vendredi 16 octobre minuit pour 9 territoires. Dans ces territoires, un couvre-feu va être appliqué du samedi 17 octobre à 0h01 pour une durée de 4 semaines mais pourrait aller jusqu’au 1er décembre. « Dans les autres territoires, des mesures générales s’appliqueront partout puisque tout le territoire national sera placé en état d’urgence » a indiqué Jean Castex le 15 octobre. Parmi ces mesures : 

→ Les fêtes privées (mariages, fêtes étudiantes) dans les salles polyvalentes seront interdites.

→ Les restaurants doivent tous appliquer le nouveau protocole sanitaire.

→ Dans tous les lieux assis (cinémas…), la règle d’un siège sur deux devra s’appliquer.

→ Dans tous les lieux où on est debout (zoo, centres commerciaux…), le nombre de visiteurs sera limité à raison de 4m2 par personne.

Il a par ailleurs encouragé le télétravail à raison de 2 à 3 jours maximum.

Couvre-feu : villes, heures, attestation de déplacement

C’est une première en France depuis le début de l’épidémie de coronavirus amorcée en mars 2020 : un couvre-feu va être instauré dans les zones qui passent en état d’urgence sanitaire, à compter de vendredi 16 octobre à minuit (samedi 0h01). A partir de cette heure, il ne sera plus possible de circuler dans la rue de ces zones en état d’urgence sanitaire de 21 heures à 6 heures du matin, sauf muni d’une attestation (pour sortir un animal de compagnie, des raisons professionnelles, aider un proche en situation de dépendance, pour des raisons de transport). La violation du couvre-feu sera sanctionnée d’une amende de 135 euros et de 1500 euros en cas de récidive, précise le gouvernement sur Twitter

Les 9 zones concernées : Paris et les 7 départements de la région Ile-de-France, Grenoble-Alpes-métropole, Métropole européenne de Lille, Métropole de Lyon, Métropole d’Aix-Marseille-Provence, Métropole de Montpellier, Métropole de Rouen Normandie, Métropole de Saint-Etienne, Métropole de Toulouse.

Les bars, théâtres, cinémas et restaurants seront fermés à 21 heures : « Si vous habitez à côté du restaurant, vous pouvez le quitter et à 21h être chez vous. Si vous avez une demi-heure de transports, vous devrez vous organiser pour le quitter à 20h30« , a précisé le Président.

La règle des 6 : pas plus de 6 personnes chez soi quand on reçoit

Emmanuel Macron a également annoncé le 14 octobre que les rassemblements publics, privés et dans les restaurants ne doivent pas compter plus de 6 personnes, comme c’est aussi le cas chez nos voisins italiens depuis le 13 octobre. Sur Twitter, le gouvernement détaille : « Quand on reçoit des amis, à dîner, quand on fête un anniversaire, quand on mange au restaurant, la règle c’est six maximum. » 

En savoir plus sur les rassemblements autorisés ou non : 

Quelles mesures à Paris ?

La capitale française était passée en alerte maximale le 6 octobre. Mais la situation sanitaire s’est dégradée à Paris et la ville passera en « état d’urgence » à compter de samedi 17 octobre à 0h01, selon l’annonce d’Emmanuel Macron du 14 octobre. Un couvre-feu obligera les Parisiens à rentrer chez eux à 21h et ne plus en ressortir jusqu’à 6 heures du matin. « Seules les personnes contraintes d’aller travailler le soir, ou celles pouvant prouver de nécessités impérieuses ou d’urgences (familiales, liées à la santé…), pourront sortir mais devront pouvoir le justifier via une attestation dérogatoire » explique la Préfecture de Paris dans un communiqué publié le 15 octobre. Sans justificatif, il en coûtera 135 euros et 1500 euros en cas de récidive. Les bars, cafés, restaurants, cinémas, salles de spectacles et théâtres fermeront leurs portes à 21 heures. Les transports en communs par contre ne seront pas impactés par le couvre-feu, a précisé le Président de la République : « Si vous avez 30 minutes de transport, il faut s’organiser pour être chez soi à 21h. »  Ce couvre-feu est en place pour 4 semaines mais pourrait être prolongé jusqu’au 1er décembre.

→ Le port du masque est obligatoire à Paris dans l’espace public, les transports et à l’école (à partir de 11 ans).

→ La vente à emporter et la consommation d’alcool sur la voie publique est interdite à compter de 21 h.

→ La diffusion de musique amplifiée sur la voie publique ou audible depuis la voie publique est interdite à compter de 21 h.

→ Les soirées étudiantes et tous les rassemblements festifs ou familiaux ayant lieu dans des établissements recevant du public sont interdits.

→ Les cérémonies de mariage peuvent avoir lieu en mairie ou dans les lieux de culte, mais les fêtes de mariage ne sont pas autorisées.

→ Fermeture au public des clubs de jeux, salles de danse et salles de jeux.

→ Fermeture des foires et salons (espaces des parcs expos) et des événements se tenant sous des grandes tentes classées en CTS au sens de la règlementation (représentations de cirque sous chapiteau, divers événements…).

→ Les restaurants doivent respecter un protocole sanitaire strict (distance minimale entre les chaises à 1 mètre, pas plus de 6 à une même table…). L’agrandissement ou la création de terrasse a été prolongé jusqu’en juin 2021.

→ La jauge maximale autorisée pour les grands rassemblements est fixée à 1000 personnes dans le strict respect des règles de protection sanitaire.

Pas de rassemblement de plus de 10 personnes sur la voie publique, dans les parcs et les jardins.

Les clubs de sport et de fitness sont fermés.

→ Les gymnases, salles polyvalentes et les piscines sont fermés sauf pour accueillir des mineurs de moins de 18 ans.

→ Les bibliothèques et médiathèques parisiennes restent ouvertes (jusqu’à 21 heures maximum). 

Le ministère de la Santé a publié les cartes des différents niveaux d’alerte en France en vigueur le 12 octobre. Ces cartes vont être actualisées dans les prochaines heures suite à l’annonce d’Emmanuel Macron du couvre-feu pour 9 territoires en état d’urgence sanitaire :  Paris et la région Ile-de-France, Grenoble-Alpes-métropole, Métropole européenne de Lille, Métropole de Lyon, Métropole d’Aix-Marseille-Provence, Métropole de Montpellier, Métropole de Rouen Normandie, Métropole de Saint-Etienne, Métropole de Toulouse. La décision de répartition des territoires entre les différents niveaux d’alerte s’appuie sur l’appréciation du profil épidémiologique de chaque territoire suite à l’analyse de 3 indicateurs produits par Santé publique France :

  •  Le taux d’incidence : le nombre de nouveaux cas pour 100 000 habitants sur 7 jours glissants.
  •  Le taux d’incidence chez les personnes âgées : le nombre de cas pour 100 000 habitants chez les plus de 65 ans, sur 7 jours glissants.
  •  La part des patients COVID dans les réanimations : le nombre de patients COVID+ sur le nombre total de lits occupés en réanimation.
Carte des zones d’alerte en France au 12 octobre 2020 © Ministère de la Santé

→ vert (gris sur la carte ci-dessus) : 29 départements

rose : zone en « alerte » car plus de 50 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, 72 départements.

Carte des zones en alerte (couleur rose) en France au 6 octobre 2020
Carte des zones en alerte (couleur rose) en France au 12 octobre 2020 © Ministère de la Santé

→ rouge : zone en « alerte renforcée » car plus de 150 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants et plus de 50 nouveaux chez des personnes de plus de 65 ans. Ce sont les villes de Bordeaux, Rennes, Rouen, Nice, Dijon, Clermont-Ferrand, Toulouse et Montpellier.

Carte des zones d'alerte renforcée (couleur rouge) au 6 octobre 2020
Carte des zones d’alerte renforcée (couleur rouge) au 12 octobre 2020 © Ministère de la Santé

→ rouge écarlate : zone en « alerte maximale » car plus de 250 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, plus de 100 nouveaux chez des personnes de plus de 65 ans et 30% de patients Covid+ en réanimation. Ce sont à date Paris et sa petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis et Val-de-Marne), Saint-Etienne, Lyon, Lille, Grenoble, la métropole d’ Aix-Marseille et la Guadeloupe.

Carte des zones en alerte renforcée (couleur noire) au 6 octobre 2020
Carte des zones en alerte renforcée (couleur noire) au 12 octobre 2020 © Ministère de la Santé

→ noir : zone en état d’urgence sanitaire car plus de 250 nouveaux cas de Covid-19 pour 100 000 habitants, plus de 100 nouveaux chez des personnes de plus de 65 ans et 60% de patients Covid+ en réanimation. 

En France métropolitaine, la circulation virale se poursuit à un niveau élevé. Les nouvelles hospitalisations et les nouvelles admissions en réanimation poursuivent leur hausse. Le nombre de décès liés au COVID-19 est également en augmentation, notamment dans les établissements de santé. Le nombre de clusters se maintient à des niveaux élevés mais reste très certainement sous-estimé. L’augmentation du nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 se poursuit : chez les personnes de 75 ans et plus, le nombre de cas a été multiplié par quatre depuis la mi-août. Selon les derniers chiffres publiés par le gouvernement au 17 octobre : 

• 867 197 personnes ont été contaminées par le coronavirus (+ 32 427 en 24 heures)

• 33 392 personnes sont décédées en France (+90 en 24 heures)

• 1 269 personnes Covid-19 sont en réanimation 

• 7 198 personnes Covid-19 sont hospitalisées

Où en est-on par rapport à la première vague du mois de mars ? « On a vu que le coronavirus pouvait circuler très vite, a rappelé Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre. Pendant la première vague, 10 malades en contaminaient 30, qui la semaine d’après en contaminaient 90… Tous les 3 jours environ, le nombre de malades doublaient. L’épidémie allait très vite. Aujourd’hui les choses ont changé, nous avons appris collectivement à lutter contre le coronavirus. Le nombre de malades double tous les 15 jours. 10 malades en contaminent 13. » Au niveau national, les nouvelles hospitalisations, les admissions en réanimation pour COVID-19 et les nombres de décès restent à des niveaux modérés en comparaison à la situation observée en mars-avril 2020, mais la poursuite de la circulation du virus chez les personnes les plus âgées, fait craindre la poursuite des hospitalisations et des décès dans les semaines à venir.

 Les personnes âgées de 15 à 44 ans restent les plus touchés par le SARS-CoV-2

 

Le nombre de nouvelles contaminations au nouveau coronavirus augmente fortement en France. Au 17 octobre, Santé publique France rapporte un total de 867 197 cas confirmés de coronavirus depuis le début de la pandémie. Sur ces dernières 24 heures, ce sont 32 427 personnes supplémentaires qui ont été dépistées positives au virus. Le nombre de nouveaux cas double actuellement au bout de 18 jours. L’épidémie de Covid-19 continue à se diffuser « des plus jeunes vers les plus âgés », rapportait Santé publique France dans son bulletin épidémiologique hebdomadaire du 15 octobre qui porte sur les données de la semaine dernière. Les 15-44 ans sont les plus concernés, avec 278 nouveaux cas de contamination pour 100.000 habitants, contre 180 pour 100.000 en moyenne toutes tranches d’âge confondues. « Les plus fortes augmentations sont observées chez les personnes de plus de 45 ans » : +66% chez les 45-64 ans et +64% pour les 65-74 ans et les personnes âgées d’au moins 75 ans, a indiqué Sophie Vaux, épidémiologiste à Santé publique France, au cours d’un point de presse. « On observe une diffusion de l’épidémie des plus jeunes vers les plus âgés (…) C’est vraiment dans ces tranches d’âge là que depuis six semaines on a les augmentations les plus importantes« . La diffusion du virus chez les personnes âgées est inquiétante car ces personnes sont parmi les plus à risque de complication de COVID-19. Le pic épidémique de la première vague a été observé la semaine du 23 au 29 mars, soit une semaine après la mise en œuvre des mesures de confinement de la population générale, le 17 mars 2020. Depuis mi-juin, le nombre de nouveaux cas confirmés de COVID-19 augmente régulièrement. 

Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 11 octobre 2020 (données au 14 octobre 2020)

 Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 11 octobre 2020
Nombre incident de cas confirmés de COVID-19 par semaine, rapportés à Santé publique France, du 10 mai au 11 octobre 2020 © Santé Publique France

Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS (établissements sociaux et médico-sociaux) par semaine calendaire, du 20 juillet au 11 octobre 2020, en France

courbe cas covid ehpad
Nombre de cas confirmés de COVID-19 chez les résidents et le personnel en ESMS par semaine calendaire, du 20 juillet au 11 octobre 2020, en France © Santé Publique France

Les notifications de nouvelles admissions en réanimation continuent d’augmenter en France. Le taux d’incidence hebdomadaire d’admissions en réanimation de patients COVID-19 était de 1,47/100 000 habitants (du 07 au 13 octobre) vs 1,36/100 000 hab. (du 30 septembre au 06 octobre), indique Santé Publique France dans son point épidémiologique du 15 octobre. Au 15 octobre, 1750 personnes sont en réanimation à cause du Covid-19. En Ile-de-France, Aurélien Rousseau, le Directeur Général de l’Agence régionale de santé d’Ile-de-France a annoncé le 8 octobre, la réactivation du plan blanc dans tous les hôpitaux. Des opérations « non urgentes » sont à nouveau déprogrammées. « Si la dynamique de l’épidémie se poursuit, il est estimé que le nombre hebdomadaire de nouveaux patients admis à l’hôpital aura doublé dans 27 jours et que le nombre hebdomadaire de nouveaux patients admis en réanimation aura doublé dans 17 jours » prévient Santé Publique France.

Selon les chiffres communiqués par le gouvernement, consolidés avec l’Agence Santé Publique France et les ARS (Agences régionales de Santé), voici l’évolution des hospitalisations (dont la réanimation) et des décès en France par région.

Evolution des hospitalisations (dont en réanimation) et décès à l’hôpital du Covid-19 par région au 16 octobre (source : Santé publique France)

RégionsHospitalisations en coursEvolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 HRéanimation Soins intensifEvolution des nouveaux patients sur les  dernières 24 HDécès
Île-de-France2 877NC537NC8 392
Grand Est390NC72NC3 772
Auvergne-Rhône-Alpes1 693NC264NC2 108
Hauts-de-France1 108NC176NC2 140
Bourgogne-Franche-Comté288NC46NC1 114
Provence-Alpes-Côte d’Azur1 059NC209NC1 263
Occitanie711NC170NC686
Bretagne206NC25NC303
Nouvelle-Aquitaine439NC68NC575
Normandie437NC63NC520
Centre Val-de-Loire223NC51NC623
Pays de la Loire267NC40NC546
Corse35NC6NC68
Martinique57+220-226
Guadeloupe161+1126+1113
La Réunion44+110-124
Guyane17-25NC65
Mayotte9NC3NC29
TOTAL10 0211 79122 391 (+122)

Le nombre de décès du Covid-19 repart à la hausse en France. Le premier était survenu à Paris le 14 février 2020, il s’agissait d’un patient chinois de 80 ans. Au 17 octobre 2020, 33 392 personnes sont décédées en France du Covid-19 (+90 décès en 24 heures à l’hôpital). Le nouveau coronavirus aurait causé entre 25 000 et 30 000 décès supplémentaires en France entre le 2 mars et le 31 mai, selon une synthèse publiée par Santé Publique France le 23 juillet.

Hausse de la mortalité en France chez les personnes âgées de 65 à 74 ans.

La proportion de décès chez les hommes est supérieure à celle des femmes depuis le début de la pandémie (55%). 92% des cas de COVID-19 décédés sont âgés de 65 ans ou plus. 

• Carte des décès en France par départements

Paris et la région Ile-de-France, Grenoble-Alpes-métropole, la Métropole européenne de Lille, la Métropole de Lyon, la Métropole d’Aix-Marseille-Provence, la Métropole de Montpellier, la Métropole de Rouen Normandie, la Métropole de Saint-Etienne et la Métropole de Toulouse sont les territoires les plus touchés par la deuxième vague épidémique de coronavirus, au 15 octobre. Il faut par ailleurs noter que les nouvelles hospitalisations progressent dans toutes les régions de France. Au 17 octobre, 84 départements ont un nombre de cas de Covid-19 au-dessus du seuil d’alerte de 50/100 000 habitants et sont en niveau de vulnérabilité « élevé ». 

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 17 octobre 2020

Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 8 octobre 2020
Niveau de vulnérabilité par département et évolution, France, au 17 octobre 2020 © Santé Publique France

 

Les clusters en milieu scolaire et universitaire représentent 36% des clusters en cours.

Le nombre de clusters de coronavirus reste élevé en France. Les clusters en cours d’investigation sont principalement en milieu scolaire et universitaire, dans les Ehpad, les entreprises privées ou publiques, et les établissements de santé. Devant l’augmentation de la circulation virale sur l’ensemble du territoire, le nombre de clusters identifié est probablement fortement sous-estimé. Au 17 octobre, 1 722 foyers de contamination sont en cours d’investigation en France (+145 sur les dernières 24 heures). Depuis le 9 mai 2020, un total de 4 510 clusters dont 1041 en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) ont été enregistrés dans la base nationale, au 12 octobre. L’ensemble des clusters inclut 50 550 cas (moins de 10% des cas diagnostiqués).

Le taux de reproduction (R effectif) est évalué à partir de plusieurs observations. Ils sont tous en hausse en 15 octobre : celui calculé à partir du nombre de tests positifs grimpe à 1.35, celui calculé à partir des données d’hospitalisations (SI-VIC) à 1,20 et celui calculé à partir des passages aux Urgences passe à 1,13. Quels sont les départements ou régions où le virus circule le plus ? Comment ce nombre est-il calculé ? Définition, courbe d’évolution et carte par région.

Plus de 13 millions de tests PCR ont été réalisés depuis le début de la pandémie, a indiqué Olivier Véran lors de sa conférence de presse du 1er octobre. Le dépistage du coronavirus est en première ligne de la stratégie du gouvernement pour faire face au rebond épidémique confirmé sur le mois de septembre. 590 laboratoires testent les Français sur l’ensemble du territoire. Si des difficultés d’accès aux tests sont manifestes depuis quelques semaines, la situation s’améliore selon le ministre de la Santé qui annonce le 15 octobre que 91% des tests sont rendus en moins de 48 heures. Les tests sont prioritairement réalisés pour les personnes symptomatiques et les cas contacts dits « à risque » et qui sont en mesure de présenter le SMS reçu de l’Assurance Maladie.

Comme il n’y a ni vaccin, ni médicament efficace contre le coronavirus, le meilleur moyen de s’en protéger pour prévenir une deuxième vague est l’application de mesures barrières : respect de la distanciation physique minimale d’un mètre, port du masque, lavage des mains réguliers, réduction des rassemblements. Les personnes âgées ou atteintes de pathologies chroniques (atteintes respiratoire, cardiaque, obésité, diabète…) sont appelées à la plus grande prudence tant que le virus circule.

Si au début, on ne parlait que de fièvre, toux sèche, rhume, état grippal et de fatigue, les symptômes de l’infection par le coronavirus ont évolué. On sait désormais que le virus peut avoir des effets sur la peau (urticaire, autres affections dermatologiques), la sphère digestive (vomissements, diarrhées…), l’odorat, le goût et même le cerveau. 

  • Si vous présentez des symptômes (toux, fièvre, mal de tête) : éviter les contacts, rester à domicile, prenez du paracétamol si besoin, appeler un médecin pour prendre rendez-vous dans l’éventualité qu’il vous fasse passer un test de dépistage. 
  • Appeler le 15 en cas de difficultés respiratoires : « Si cette toux et cette fièvre s’accompagnent d’une gêne respiratoire qui devient permanente avec souffle court, difficulté à inspirer et à expirer, d’une aggravation importante de la toux, cela peut signifier une évolution de la maladie sous la forme d’une pneumopathie. Il s’agit alors d’une urgence respiratoire potentielle et comme dans tous les cas d’urgence, il faut alors appeler le 15 qui prendra les meilleures dispositions pour répondre à la situation », prévient le Dr Patrick Aubé, médecin généraliste.  
DATES CLÉS DE L’ÉPIDÉMIE EN FRANCE
  • Le 31 décembre 2019, l’Organisation mondiale de la Santé en Chine est informée de plusieurs cas de pneumonies dans la ville de Wuhan. 44 personnes sont infectées entre cette date et le 3 janvier 2020.
  • Le 7 janvier 2020, les autorités chinoises identifient un « nouveau type de coronavirus ».
  • Le 13 janvier, un cas importé est recensé en Thaïlande.
  • Le 15 janvier, le virus cause la mort d’une première personne à Wuhan, un homme de 69 ans. 
  • Le 23 janvier, trois villes chinoises dont Wuhan sont placées en quarantaine.
  • Le 25 janvier, trois personnes contaminées sont recensées en France, deux à Paris et une Bordeaux. Ce sont les premiers cas enregistrés sur le continent européen.
  • Le 30 janvier, l’Organisation mondiale de la Santé décrète l’urgence de santé mondiale. Cette mesure n’avait été décrétée que 5 fois depuis sa création (pour Ebola (deux fois), la grippe H1N1, Zika et la poliomyélite). 
  • Le 23 février, la France déclenche le plan ORSAN, un dispositif exceptionnel d’organisation des soins.
  • Le 28 février, la France passe en stade 2 de l’épidémie.
  • Le 11 mars, l’OMS classifie de pandémie la diffusion de la maladie à coronavirus Covid-19 dans le monde.
  • Le 12 mars, le président de la République Emmanuel Macron annonce la fermeture nationale des crèches et établissements scolaires de France à compter du 16 mars et « jusqu’à nouvel ordre ».
  • Le 14 mars, la France passe au stade 3 de l’épidémie.
  • Le 16 mars : la France met en place un dispositif de confinement interdisant les déplacements.
  • Le 18 mars le premier transfert de patients Covid-19 en France est réalisé grâce à l’Armée, par voie terrestre et aérienne. 
  • Le 26 mars, un premier cas jeune meurt en France, une adolescente de 16 ans, en Ile-de-France originaire de Morsang-sur-Orge.
  • Le 27 mars, le confinement de la population française est renouvelé jusqu’au 15 avril.
  • Le 13 avril, Emmanuel Macron annonce le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai.
  • Le 11 mai, la France commence son déconfinement.
  • Le 15 juin, toute la France passe en zone verte, sauf Mayotte et la Guyane. A Paris, les restaurants et bars peuvent rouvrir complètement.
  • Le 22 juin, les écoles sont de nouveaux obligatoires en France pour tous les élèves. Les cinémas, salles de jeux, casinos rouvrent. Les sports collectifs peuvent être autorisés tout en respectant certaines conditions sanitaires.
  • Le 10 juillet, la France a franchi la barre des 30 000 morts. Dans la nuit du 10 au 11 juillet à minuit, l’état d’urgence sanitaire prend fin en France.
  • Le 20 juillet, le port du masque est obligatoire dans les lieux publics clos en France.
  • Le 8 octobre, le plan blanc est réactivé dans les hôpitaux d’Ile-de-France.
  • Le 17 octobre à 0h01, la France repasse en état d’urgence sanitaire et un couvre-feu est instauré dans 9 territoires (Paris-Ile-de-France, Rouen, Grenoble, Lille, Lyon, Aix-Marseille, Montpellier, Saint-Etienne, Toulouse).

Cet article est mis à jour quotidiennement par Aurélie Blaize, Anaïs Thiébaux et Samantha Pagès





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