des familles monoparentales racontent la crise sanitaire


Pour décrire la monoparentalité, Olivia Barreau, mère célibataire de deux enfants de 5 et 10 ans, a cette formule : « Tout se rétrécit petit à petit, on se retrouve vite en vase clos avec ses enfants, on s’épuise et on s’oublie énormément. » Parions que la définition de cette Parisienne de 39 ans, fondatrice de l’association Moi et mes enfants, qui vient en aide aux familles monoparentales, fera écho à l’expérience vécue par nombre de parents d’enfants et d’adolescents pendant le confinement.

Alors que beaucoup d’entre eux confient avoir été éprouvés par ce tête-à-tête contraint, comment les familles monoparentales, considérées comme plus fragiles que les autres, ont-elles vécu ces quelques mois ?

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La plupart des mères que nous avons sollicitées se disent heureuses, a posteriori, de ces moments partagés, vécus comme un temps de pause dans un quotidien souvent éreintant. C’est le cas, par exemple, d’Ambre, qui se réjouit d’avoir pu voir évoluer sa petite dernière, âgée de 3 mois au début du confinement, une parenthèse certes épuisante mais un « cadeau inattendu », dit-elle.

Difficultés financières accrues

« On s’est beaucoup rapprochés, les enfants ont réussi à comprendre les difficultés de notre petite famille, ils ont réalisé que maman gère toute seule, ils se sont rendu compte que c’est compliqué », estime de son côté Adeline Courmailleau, mère de deux enfants de 8 et 14 ans et fondatrice d’une association de « parents solos » dans le département des Landes.

Pour Véronique, 47 ans, qui vit en périphérie de Rouen avec deux de ses trois enfants, « ce retour au cocon familial a été appréciable. D’un coup on a été mis au repos forcé, cette pause purement familiale m’a fait du bien », admet-elle. Il n’empêche que le bonheur d’être ensemble a été contrarié par les difficultés financières qui se sont accrues. La hausse du budget consacré à l’alimentation, en l’absence de cantine scolaire, a en particulier pesé, poussant les familles à redoubler d’inventivité.

« On a beaucoup cuisiné, j’ai appris à mes filles à faire des tas de gâteaux maison qui durent plusieurs jours, pour limiter les dépenses, confie Ludmyla, Parisienne de 35 ans, qui vit seule avec ses cinq filles, âgées de 5 à 12 ans. Pour les goûters, par exemple, je m’autorisais à acheter des fruits, mais fini les gâteaux. On a fait beaucoup de beignets, de crêpes… »

Pour les plus précaires, l’absence des relais associatifs habituels, inopérants les premiers temps, a entraîné des privations. Ce fut le cas pour Sandrine, 39 ans, mère d’un petit garçon de 5 ans. « Il m’est arrivé de laisser passer quelques repas, mais ce n’est pas grave. L’essentiel, c’est que mon fils n’ait pas manqué. Heureusement, au bout de quelques jours j’ai pu aller chercher des colis alimentaires, sinon ç’aurait été très compliqué », concède-t-elle.

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