Emmanuel Macron se dit prêt à une meilleure répartition des charges et des pouvoirs


Emmanuel Macron a décidé de passer à la vitesse supérieure. Trois mois presque jour pour jour après avoir décidé de confiner le pays pour lutter contre l’épidémie due au coronavirus, le président de la République s’adressera de nouveau aux Français, dimanche 14 juin à 20 heures. Une quatrième allocution depuis l’Elysée destinée non plus cette fois à mobiliser pour la « guerre » contre le Covid-19 mais à accélérer le déconfinement, alors que les milieux économiques piaffent et que l’épidémie est « contrôlée », comme l’a rappelé le conseil scientifique dans un avis publié mercredi 10 juin.

Au sommet de l’Etat, on considère en effet que l’urgence économique et sociale a désormais pris le pas sur l’urgence sanitaire. L’impatience perceptible depuis quelques jours chez les Français l’est aussi à l’Elysée, où l’on s’irrite du « défaitisme » manifesté par certains intellectuels et de l’effet ouate crée par le confinement.

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Pour repartir de l’avant, Emmanuel Macron veut, au plus vite, donner du sens à la « nouvelle étape de la vie du pays » qui va s’ouvrir à la rentrée de septembre et durer jusqu’à la fin du quinquennat. D’autant que la campagne du second tour des élections municipales s’ouvre lundi 15 juin.

Une « nouvelle étape » sans changement de cap

« Lors de son allocution, le président va expliquer ce qu’il s’est passé, saluer l’engagement des Français, revenir aussi sur les manquements », énumère un conseiller. Un préalable nécessaire avant de passer à cette fameuse « nouvelle étape », dont il devrait tracer les grandes lignes avant d’en détailler le contenu entre le second tour des municipales et le 14 juillet.

Emmanuel Macron qui, selon son entourage, veut une relance « écologique et sociale », doit, d’ici là, recevoir les représentants de la convention citoyenne sur le climat et décider de la forme qu’il donnera à leurs propositions − l’hypothèse d’un référendum reste envisagée. Le président doit aussi prendre connaissance des contributions qu’il a demandées aux présidents de l’Assemblée nationale, du Sénat et du Conseil économique, social et environnemental (CESE).

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En attendant, Emmanuel Macron n’entend pas se laisser emporter trop loin de son port d’attache. En parlant de « nouvelle étape », les hommes du président récusent de fait tout changement de cap. Aux yeux du chef de l’Etat, la politique économique engagée au début du quinquennat était la bonne car elle avait permis, avant le confinement, de rétablir l’attractivité et de faire substantiellement baisser le chômage. Hors de question donc de revenir sur les baisses d’impôts engagées depuis le début mandat ou de créer une imposition sur les riches comme le réclame la gauche.

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