En Allemagne, le scandale Wirecard ébranle le gouvernement d’Angela Merkel


Olaf Scholz n’aurait sans doute guère été contrarié de devoir faire un aller-retour à Berlin pendant ses vacances, mercredi 29 juillet, si sa seule obligation avait été d’y présider le conseil des ministres en l’absence d’Angela Merkel, elle aussi en congé. Après tout, c’est un exercice auquel il aspire : aujourd’hui vice-chancelier et ministre des finances, l’ancien maire social-démocrate (SPD) d’Hambourg ne fait pas mystère de sa volonté de succéder à Mme Merkel à la tête du gouvernement fédéral, après les élections législatives de septembre 2021.

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Mais à Berlin, mercredi, M. Scholz avait un second rendez-vous. Et de celui-là, il se serait volontiers passé. Un mois après la retentissante faillite de Wirecard, cette société de paiement en ligne qui a frauduleusement gonflé son bilan de 1,9 milliard d’euros, la commission des finances du Bundestag l’avait en effet convoqué pour qu’il réponde à cette question : pourquoi le gouvernement n’est-il pas intervenu plus tôt pour éviter ce que M. Scholz a lui-même qualifié, fin juin, de « scandale sans équivalent dans le monde de la finance » ?

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Plus de quatre heures à huis clos

Au cours de son audition à huis clos, qui a duré plus de quatre heures, le ministre des finances a répété ce qu’il a dit, ces derniers jours, dans différentes interviews. Alors qu’un récent rapport de son ministère affirme qu’il était informé, dès février 2019, de l’ouverture d’une enquête sur les comptes de Wirecard par la BaFin, l’autorité allemande de surveillance des marchés financiers, M. Scholz a préféré insister sur les réformes qu’il entend engager afin d’empêcher qu’un tel scandale ne puisse se produire à nouveau.

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M. Scholz souhaite qu’une société d’audit ne puisse plus contrôler pendant plus de dix ans une même entreprise

Comme il l’avait déjà déclaré à l’hebdomadaire Die Zeit, le 24 juillet, le vice-chancelier estime en effet que c’est d’abord la BaFin, dans cette affaire, qui a failli. Et que c’est donc elle, avant tout, qui doit être réformée, en se voyant notamment doter de pouvoirs accrus et de moyens supplémentaires.

Dans son viseur, le ministre des finances a également les sociétés d’audit, dont il souhaite accroître la responsabilité. Dans l’affaire Wirecard, plusieurs d’entre elles sont en effet accusées d’avoir fermé les yeux, pendant de longues années, sur des comptes manifestement truqués. Afin d’éviter de telles collusions à l’avenir, M. Scholz souhaite qu’une société d’audit ne puisse plus contrôler pendant plus de dix ans une même entreprise.

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