En France, un plan pour sauver le secteur automobile


Le président, Emmanuel Macron, se rend mardi dans l’après-midi dans une usine de l’équipementier Valeo, à Etaples, dans le Pas-de-Calais. CHARLES PLATIAU / REUTERS

Rassuré par le reflux de l’épidémie due au nouveau coronavirus en France, l’Etat a commencé lundi une semaine d’annonces gouvernementales, avec le lancement du « Ségur de la santé » – du nom d’une des avenues qui bordent le ministère de la santé. Mardi, l’Elysée va s’attaquer à la lutte contre les conséquences économiques de la crise, avec l’annonce d’un plan de soutien à la filière automobile, durement touchée par deux mois de confinement.

  • Un plan pour assurer « la souveraineté industrielle »

Le président, Emmanuel Macron, se rend mardi dans l’après-midi dans une usine de l’équipementier Valeo, à Etaples, dans le Pas-de-Calais, pour annoncer un plan qui touche, selon une source proche de l’exécutif, à « la souveraineté industrielle », à la transition vers les véhicules propres, et à la préservation de la compétitivité du secteur, qui vaut 400 000 emplois directs, et 900 000 en comptant les services.

Le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, a expliqué ces derniers jours que le plan de soutien serait orienté vers les technologies vertes tout en réclamant en échange une relocalisation de la production en France.

Avant son déplacement, le chef de l’Etat doit recevoir en début de matinée, à l’Elysée, Jean-Dominique Sénard, le président-directeur général de Renault, trois jours avant le dévoilement du plan d’économies de 2 milliards d’euros du groupe en difficulté, dont l’Etat détient 15 % des parts. Emmanuel Macron doit ensuite recevoir les autres acteurs de la filière automobile (constructeurs, PSA ou Toyota, équipementiers et partenaires sociaux) pour faire le point sur l’impact de la crise et les moyens d’en sortir, alors que le marché automobile européen a été divisé par quatre en avril après une chute de moitié en mars, comparé à l’an dernier.

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  • Des indicateurs « plutôt très favorables »

Sur le front sanitaire, la tension retombe un peu. Le bilan s’élevait lundi soir à 28 457 morts en France depuis le 1er mars, tandis que le nombre de malades en réanimation était descendu à 1 609. « Les indicateurs sont plutôt très favorables », a relevé la directrice générale de Santé publique France, Geneviève Chêne, qui assure que « la circulation du virus reste faible ».

Le décompte des décès dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) et les autres structures sociales et médico-sociales a été interrompu par le week-end prolongé de l’Ascension et ne devrait être publié que mardi, a précisé la direction générale de la santé (DGS) dans un communiqué publié séparément.

Le nombre de personnes hospitalisées pour une infection Covid-19 s’établit à 16 798 (− 387), et 342 nouvelles admissions ont été enregistrées en vingt-quatre heures. Les services de réanimation comptent actuellement 1 609 cas graves (contre 1 998 il y a une semaine). En tenant compte des sorties, le nombre de patients y est en baisse, avec un solde de − 46 par rapport à dimanche.

  • Des annonces sur la suite du déconfinement attendues jeudi

Le gouvernement doit apporter jeudi après un conseil de défense des précisions sur la suite du déconfinement et les grandes vacances. Au menu, notamment, le sort des lycéens et de l’oral du bac de français, mais aussi de possibles aménagements de la règle limitant les déplacements dans un rayon de 100 km, ou encore la réouverture des bars et des restaurants, qui attendent impatiemment de recevoir à nouveau des clients.

Le ministre de la culture, Franck Riester, a déjà annoncé mardi sur Franceinfo que les salles de spectacle pourraient « rouvrir progressivement » dès juin, avant les cinémas, en juillet :

« Pour les salles de cinéma, on travaille sur une réouverture à partir du 1er juillet ou début juillet. Pour les salles de spectacle on essaie de se dire : peut-être pouvons nous commencer à rouvrir progressivement à partir de juin ? »

« Ce n’est pas décidé, mais c’est des scenarii sur lesquels nous travaillons », a-t-il poursuivi, ajoutant que des annonces sur ces sujets seraient faites jeudi à l’issue du conseil de défense, qui portera notamment sur la suite du déconfinement et la période estivale.

Le ministre de la culture avait déjà évoqué, il y a une dizaine de jours, l’échéance de juillet pour les cinémas. Il a rappelé que, d’après les exploitants de salles obscures, la réouverture devrait se faire en même temps sur l’ensemble du territoire, sans distinction de départements en zone « rouge » ou « verte », pour amortir le coût de la distribution et de la promotion des films.

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Le Monde avec AFP



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