engagé dans une restructuration mondiale, Daimler veut céder son usine mosellane d’Hambach


« Un coup de massue », « un tsunami », « une bombe ». A Hambach (Moselle), ce vendredi 3 juillet, on ne sait plus quelle image utiliser pour qualifier l’annonce qui a été faite aux organisations syndicales et aux élus locaux. Daimler, la maison mère de Mercedes-Benz et de Smart, a décidé de mettre en vente son usine Smart, dans laquelle travaillent actuellement 1 600 salariés (avec les sous-traitants).

« Dans le cadre du processus de transformation, nous prévoyons d’utiliser la grande flexibilité de notre réseau mondial de production et d’adapter nos capacités aux évolutions attendues du marché », indique le groupe allemand dans un communiqué.

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« Les répercussions de la pandémie de Covid-19 sur l’économie entraînent par ailleurs de nouvelles conditions sur le marché et, par conséquent, nous optimisons notre réseau mondial de production, précise dans ce communiqué Ola Källenius, président du directoire du groupe. C’est la raison pour laquelle nous avons l’intention de mener des entretiens concernant la vente du site d’Hambach. »

« Au vu de la conjoncture et des difficultés structurelles du groupe, nous nous attendions à devoir faire des efforts, réagit Jean-Luc Bielitz, élu CGT au comité social et économique (CSE) du site mosellan. Des réductions d’effectifs et des baisses de salaires des cadres ont déjà été annoncées en Allemagne. Et Daimler ne peut toucher aux effectifs [dans ce pays] en raison de l’accord qui a été passé avec le syndicat IG Metall. C’est donc sur nous que ça tombe. »

Usine inaugurée en 1997 par Helmut Kohl et Jacques Chirac

Députée de la circonscription, Nicole Gries-Trisse (La République en marche, LRM) est encore plus explicite : « Les salariés d’Hambach sont les victimes des difficultés de Daimler [outre-Rhin]. J’ai immédiatement alerté l’Elysée afin que des discussions soient engagées avec l’Allemagne. » Le ministre de l’économie et des finances, Bruno Le Maire, a immédiatement appelé le constructeur allemand à « garder toutes les options ouvertes, y compris celle de conserver le site ».

Baptisé « Smartville », ce site avait été inauguré en 1997 par Helmut Kohl et Jacques Chirac. « Cette usine est un site symbolique de la relation industrielle franco-allemande », rappelle d’ailleurs Bruno Le Maire. Deux millions de Smart y ont été fabriquées depuis et l’usine s’apprêtait à vivre une reconversion importante puisqu’elle devait cesser la production de Smart pour devenir le site de construction de trois nouveaux modèles Mercedes. La production devait débuter à l’automne, grâce à un investissement de 500 millions d’euros. Ces Mercedes seront finalement fabriquées ailleurs.

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