La voiture « zéro émission » entre dans l’âge de raison


Les chiffres qui s’accumulent depuis quelques mois dessinent un paysage de plus en plus net. L’électrification de l’automobile est en train de devenir une réalité palpable. Sur les huit premiers mois de l’année 2020, la part des véhicules 100 % électriques et hybrides rechargeables a bondi pour représenter 9,4 % de l’ensemble des immatriculations françaises. En un an, leur proportion dans les ventes a presque quintuplé.

Le renforcement des bonus attribués aux particuliers (jusqu’à 7 000 euros pour l’achat d’un véhicule électrique, jusqu’à 2 000 euros pour les hybrides rechargeables) comme aux entreprises et les effets de la prime à la conversion ne sont pas étrangers à ce décollage. L’envolée reflète aussi le dynamisme de l’offre – poids lourds, camionnettes, motos et même voitures anciennes tombent à leur tour dans les bras de la fée électricité – et, peut-être aussi, l’émergence d’une forme de maturité. Les nouveautés se bousculent et leur technologie progresse mais elles se diversifient, deviennent plus accessibles et leur moindre autonomie n’est plus considérée comme un handicap rédhibitoire.

Malgré les difficultés auxquelles il doit faire face, Renault peut se targuer de contribuer pour de bon à la démocratisation des voitures dites « à énergie alternative ». Dans la foulée de la nouvelle Zoe, la marque s’apprête à lancer une version électrique de la Twingo facturée, bonus écologique déduit, à partir de 14 350 euros. Suivra l’an prochain la très attendue mini-urbaine de sa filiale Dacia dont le prix pourrait ne point trop excéder les 10 000 euros.

Le dynamique segment des mini-électriques s’est déjà enrichi de la micro-citadine AMI de Citroën (6 000 euros), véhicule sans permis du genre « brut de décoffrage » mais très bon marché, et des plus raffinées Mini Electric et Honda e. Conformément à leur vocation urbaine et périurbaine, leur rayon d’action est compris, selon les cas, entre 70 et 200 km. C’est peu ? Sans doute, mais cela permet, dans la vraie vie, de réaliser l’essentiel des déplacements du quotidien. Entrer dans l’âge de raison de l’électrique, c’est peut-être aussi s’extraire des références issues de l’univers du thermique.

L’hybride, une transition vers le tout-électrique

Renault vient aussi de marquer un point en s’invitant, grâce à la Clio E-Tech, dans le cercle encore très fermé des citadines hybrides, une spécialité dominée par la Toyota Yaris, tout juste renouvelée. Au volant de ces modèles, il apparaît qu’au sein du couple thermique-électrique, le second tend à prendre l’ascendant en assurant une part grandissante de la motricité.

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