l’académie de Versailles assure avoir été d’un « soutien concret et constant » envers Samuel Paty

L’académie de Versailles assure qu’elle a « conforté dans son approche » l’enseignant mis en cause par le père de famille et le militant islamiste placés en garde à vue. « A aucun moment, il n’a été dit, ni même sous-entendu, ni pensé que l’institution allait ‘sévir’ contre lui ».

« Des informations fallacieuses qui circulent sur les réseaux sociaux et dans certains médias » : l’académie de Versailles réfute, dimanche 18 octobre, les accusations de manque de soutien à Samuel Paty de la part de sa hiérarchie. Elle revient sur « la prise en charge et le soutien apportés par l’institution scolaire à Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie au collège du Bois d’Aulne à Conflans-Sainte-Honorine ».

L’académie de Versailles nie toute menace d’une sanction ou de remontrance envers l’enseignant pour avoir montré des caricatures de Mahomet à ses élèves : il s’agit de « propos erronés » qui « font suite aux incidents très graves qui ont suivi le cours sur la liberté d’expression qu’il [Samuel Paty] a dispensé le 5 octobre dernier. »

L’académie de Versailles précise sa version des faits : « Suite aux premières réactions de parents d’élèves présents lors de ce cours, l’enseignant a immédiatement bénéficié de l’attention et du soutien de la principale du collège. La principale a adressé aux parents un message d’apaisement. Elle a ensuite, de façon tout à fait appropriée, sollicité l’aide de l’institution. L’académie a alors mobilisé l’équipe ‘Valeurs de la République’. » Il s’agit des référents laïcité de l’Education nationale, susceptibles d’intervenir à chaque fois qu’une situation grave d’atteinte au principe de laïcité est constatée.

Cette équipe est venue au collège, (…) a discuté avec Samuel Paty et l’a conforté dans l’approche qu’il avait eue lors de son cours. L’équipe lui a également conseillé de revenir sur cette séance avec ses élèvesL’académie de Versailles

L’objectif était « d’apaiser la situation et de lever toute mauvaise compréhension qui aurait pu s’installer », explique l’académie de Versailles. « M. Paty s’est engagé à le faire. »

L’académie de Versailles explique que c’est par la suite qu’un père de famille « dont la fille était absente du cours concerné », a été reçu par la principale. « Il est venu accompagné de M. Sefrioui, se présentant comme représentant des imams de France. A l’issue de cet entretien, le père de famille a souhaité interpeller l’inspection académique. L’échange a été constitué d’une écoute du père, d’une explication de l’action de l’institution. La volonté des services d’inspection était d’expliquer la démarche du professeur dans un souci d’apaisement du père de cette élève », poursuit l’académie dans son communiqué.

La rencontre n’a pas eu cet effet « d’apaisement », puisque « à la suite de ces échanges, le père de famille a diffusé deux vidéos, dont la seconde avec M. Sefrioui. Ces vidéos énoncent de fausses informations et instrumentalisent les faits dans une perspective qui dépassait la séquence du cours de M. Paty. Ces vidéos indiquent le nom et l’établissement de l’enseignant en le traitant de ‘voyou’. M. Sefrioui dit que l’inspection académique serait prête à ‘sévir’ contre M. Paty. C’est évidemment faux. »

Il serait absurde et paradoxal de donner crédit aux paroles de cette personne. L’institution a toujours été en soutien total à l’égard de M. Paty. A aucun moment, il n’a été dit, ni même sous-entendu, ni pensé que l’institution allait ‘sévir’ contre M. Paty.L’académie de Versailles

L’inspection académique des Yvelines a alors immédiatement prévenu l’enseignant de « l’existence de ces vidéos diffamatoires, lui a témoigné tout le soutien et lui a recommandé de porter plainte ».

Samuel Paty a effectivement déposé plainte pour diffamation, et il était accompagné par la principale du collège dans cette démarche. « Dès la diffusion de la vidéo, précise l’académie, l’Education nationale s’est également mise en contact étroit avec les services de police qui ont été alertés dûment en temps et en heure. »

Le soutien de M. Paty, par sa hiérarchie, a été concret et constant dès le début et adapté aux différents épisodes qui se sont tenus au fil des jours à la suite de son cours du 5 octobre.L’académie de Versailles

« Dans une volonté de transparence », le ministre de l’Education nationale a demandé l’ouverture d’une enquête de l’inspection générale. Dimanche 18 octobre, Jean-Michel Blanquer a donné le même déroulé des faits. « On peut toujours regretter telle ou telle chose, tout n’est pas parfait [mais] le soutien a été effectif (…) Pour être parfaitement clair, je vais demander à l’inspection générale d’établir l’ensemble de l’enchaînement des faits. »



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