le Conseil international des infirmières dénonce des conditions de travail « scandaleuses » et « exhorte les gouvernements à y remédier »


Plus de 1 000 infirmières seraient mortes du Covid-19 dans le monde, un chiffre qui serait largement sous-estimé en raison du manque de données.

Infirmières et infirmiers ont payé un tribut beaucoup plus lourd à la pandémie de Covid-19 que ne le montrent les statistiques officielles qui enregistrent un peu plus 1 000 morts, a souligné mercredi 16 septembre le Conseil international des infirmières (CII). Pour le Conseil, qui représente 130 associations nationales et 20 millions de personnels infirmiers, la situation est « catastrophique » et l’organisation reproche aux autorités de ne pas faire assez pour protéger ces personnels qui sont en première ligne dans la lutte contre la pandémie.

Une enquête menée par le Conseil montre que plus de 1 000 infirmières ont été tuées par le Covid-19 mais ces statistiques ne sont disponibles que pour 44 pays et sous estime donc largement l’ampleur de l’hécatombe. Au 14 août, ce nombre officiel s’élevait à 1 097 morts. Le Brésil enregistre le nombre officiel de décès le plus élevé avec 351 décès au 11 août et le Mexique en affichait 212.

« Sachant que les taux d’infection des agents de santé se situent en moyenne autour de 10 % du total des infections dans le monde et que près de 30 millions de personnes ont été infectées par le virus, cela signifie que trois millions d’agents de santé seraient infectés », souligne le CII. Amnesty International avait évoqué le nombre de 7 000 morts début septembre mais en prenant en compte les personnels soignants au sens plus large.

« Les infirmières sont sous-estimées, sous-payées et parfois traitées comme des laissées-pour-compte. C’est une situation scandaleuse et le CII exhorte les gouvernements à y remédier », a déclaré la présidente du Conseil Annette Kennedy, citée dans un communiqué.

Cette étude « donne un aperçu troublant de la manière dont les infirmières et les autres agents de santé sont toujours exposés au Covid-19 et à tous les risques connexes : la violence et les préjugés, la maladie mentale, l’infection et sans doute, pour des milliers d’entre elles, le prix le plus fort, leur propre vie », a souligné Annette Kennedy.



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