« Le coton pris dans la toile du Covid-19 »


Matières premières. Sortez masqués ! Le mot d’ordre a été lancé dès la fin du confinement, le 11 mai. Les machines à coudre ont tourné à plein régime pour fournir les pièces textiles de protection. Le coton allait-il tirer son épingle du jeu de la crise sanitaire ? Las ! Les masques jetables en fibres synthétiques sont plébiscités, au grand désarroi de leurs homologues griffés made in France. Au point que les entreprises voient leur confection confinée dans leurs entrepôts.

Un nouvel épisode de la saga de la fibre naturelle. Son titre : le coton pris dans la toile du Covid-19. Pourtant, en janvier 2020, la balle de coton avait retrouvé un certain ressort. Son cours bondissait au-dessus de la barre des 70 cents la livre. Soumise aux péripéties de la guerre commerciale sino-américaine, elle profitait de la signature d’un accord, gage d’une ouverture plus large du marché chinois aux produits agricoles des Etats-Unis, et donc, en particulier, au coton.

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La pandémie de Covid-19 a coupé net le fil de l’histoire. Emboîtant le pas à la Chine, de grandes zones géographiques, en particulier en Europe, ont décrété la fermeture des boutiques de prêt-à-porter et des centres commerciaux. Les consommateurs confinés, plus préoccupés par le contenu de leur assiette que par le renouvellement de leur garde-robe, n’ont guère été enclins à l’achat de vêtements. Dans les pays où l’industrie textile est fortement développée comme la Chine, le Vietnam, l’Inde, le Pakistan ou le Bangladesh, usines et filatures ont baissé la cadence et stoppé leurs achats de fournitures.

Contexte plutôt sombre

Avec cette mise à l’arrêt de la filière, le cours du coton est passé, début avril, sous les 50 cents la livre, un niveau qu’il n’avait plus atteint depuis 2009. De quoi le rendre irrésistible aux yeux des acheteurs ? Pas si sûr. Son grand rival, la fibre de polyester, a lui aussi, vu son prix s’effilocher, entraîné par le plongeon du baril de pétrole, sa matière première. La concurrence synthétique donne toujours du fil à retordre à la fibre naturelle.

Dans ce contexte plutôt sombre, les agriculteurs pourraient être tentés de moins semer de coton cette année. Le rapport Cyclope estime que les champs de coton devraient rétrécir de près de 10 %, à 33 millions d’hectares dans le monde. Avec un rendement proche de la moyenne des trois dernières campagnes, la production de fibre blanche pourrait être inférieure à 24 millions de tonnes, à comparer aux 26 millions de la récolte qui s’achève.

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