Le député Eric Ciotti visé par une enquête pour « détournement de fonds publics »


Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, est visé par une enquête du parquet de Nice pour « détournement de fonds publics », à la suite du signalement déposé par la branche locale de l’association Anticor, en septembre 2019. Elle devra déterminer si l’élu a utilisé indûment des moyens du conseil départemental.

La situation que dénonce l’association anticorruption aurait commencé en 2017. Afin de se mettre en conformité avec la loi sur le non-cumul des mandats des parlementaires, Eric Ciotti avait démissionné de son mandat de président du conseil départemental des Alpes-Maritimes, le 1er septembre 2017. Or, depuis cette date, il continuerait de bénéficier, « de manière possiblement illégale », « de moyens humains et matériels » dudit conseil. « Des faits qui pourraient être constitutifs d’un détournement de fonds publics », estime Jean-Valéry Desens, référent local d’Anticor. Le parquet de Nice, contacté par Le Monde, confirme l’ouverture d’une enquête à la lumière des éléments fournis, mais précise que cela a été fait il y a presque un an, en décembre 2019.

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Eric Ciotti, qui dit avoir appris l’ouverture de cette enquête « lundi, sur les réseaux sociaux », assure être « complètement serein » face à cette procédure, jugeant que les moyens dont il dispose sont « conformes à la loi » puisqu’il a troqué son poste de président pour d’autres responsabilités au sein du conseil départemental, où il préside désormais le groupe majoritaire Les Républicains, ainsi que la commission des finances. Ce dernier poste aurait été « créé de toutes pièces » pour le député, au dire de Jean-Valéry Desens, pour lui permettre de « contourner la loi sur le non-cumul des mandats ». « La réalité, c’est qu’il se retrouve, alors qu’il n’est plus président, avec des moyens aussi importants que le président aujourd’hui, voire plus importants », poursuit-il.

« Une attaque politique sans aucune vérification »

Parmi les éléments figurant dans le dossier transmis par Anticor au procureur, long de plus de vingt pages, se trouve une vidéo de vœux de Noël de M. Ciotti, enregistrée et diffusée grâce aux équipements de la collectivité. « C’est une très belle vidéo, avec des plans aériens, qui a nécessité de gros moyens humains. Je me demande qui l’a financée. Le département ? », interroge Jean-Valéry Desens.

Autre suspicion soulevée par Anticor : « La dizaine de communicants qui gravitent constamment autour de M. Ciotti, qui les paye et combien ? », se demande le référent de l’association. De plus, le dossier évoque le fait que « M. Ciotti se déplace régulièrement avec un véhicule du conseil départemental », situation confirmée en 2019 par la commission permanente du conseil départemental qui attribue gratuitement, dans l’exercice de leur fonction et les représentations officielles, un véhicule avec chauffeur au président, aux vice-présidents, mais aussi au président de la commission des finances. « Ces moyens n’existaient pas lors de la précédente mandature, et sont uniques en France », assure Anticor06.

Eric Ciotti, lui, parle « d’une attaque politique sans aucune vérification » de la part d’un « ancien opposant exclu de (sa) famille politique » qui utiliserait Anticor « à des fins politiciennes ». Les deux hommes se sont un temps opposés quand ils se sont présentés à la fédération des Républicains, en 2018.



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