le directeur général de la santé s’est défendu de faire de « l’autosatisfaction »


C’est une audition sous haute tension qui s’est tenue mercredi 16 septembre, dans le sous-sol, clos et surchauffé, du Sénat. La commission d’enquête parlementaire, chargée de faire la lumière sur la manière dont a été gérée la crise sanitaire, auditionnait plusieurs hauts responsables du ministère de la santé : la directrice de Santé publique France (SpF), l’organisme chargé de la gestion des stocks stratégiques de l’Etat, Geneviève Chêne, ainsi que son prédécesseur, entre 2016 et 2019, François Bourdillon, et la directrice « alerte et crises » de l’agence sanitaire, Nicole Pelletier.

Mais c’est le puissant directeur général de la santé (DGS) Jérôme Salomon, qui était le plus attendu, après son audition, jugée verrouillée et fuyante, devant les députés, le 16 juin.

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Offensifs, parfois virulents, les sénateurs se sont montrés soucieux de comprendre comment la France s’était retrouvée au début de l’épidémie avec un stock de 100 millions de masques quand il en aurait fallu dix fois plus. Ils ont rappelé l’existence d’un courrier de François Bourdillon, daté du 26 septembre 2018, qui alertait Jérôme Salomon sur l’état catastrophique des masques, dont la plupart étaient alors endommagés ou périmés.

Avec un peu plus de 700 millions d’unités, le stock était déjà bien en dessous de l’objectif d’un milliard recommandé par les experts et plusieurs centaines de millions allaient devoir être détruit. Pourquoi alors s’être contenté d’une commande de 100 millions de masques ?, ont interrogé les sénateurs.

« Pas assez de masques, mais pas d’échanges » non plus

« Ce n’est pas moi qui ai décidé quel devait être le niveau du stock stratégique de masques », s’est défendu le numéro deux du ministère de la santé, en précisant qu’il avait répondu à la lettre du patron de SpF dès le 30 octobre 2018, avec pour instruction d’acquérir 50 millions de masques, et 50 millions supplémentaires si le budget le permettait.

Comme devant les députés, à la mi-juin, le spécialiste des maladies infectieuses, qui avait rythmé la crise sanitaire de l’hiver avec ses apparitions télévisées quotidiennes, avant de se faire très discret depuis l’accalmie, a justifié sa stratégie pied à pied. Poussé dans ses retranchements, il a concédé que le ministère se trouvait « en pleine réflexion » sur la question des masques et du stockage de ces derniers quand l’épidémie est arrivée.

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Lors de son audition devant les députés, fin juin, l’ex ministre de la santé, Agnès Buzyn, avait déclaré n’avoir jamais eu connaissance, ni elle ni son cabinet, de l’état du stock stratégique, après l’alerte donnée par François Bourdillon.

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