le gouvernement forcé d’autoriser les cérémonies religieuses ?

En période de déconfinement, il est de nouveau possible de se rendre dans les lieux de culte, mais le gouvernement n’a pas autorisé la tenue de cérémonies religieuses avant le 2 juin. Le 18 mai, le Conseil d’État a jugé cette mesure « disproportionnée »…

[Mise à jour le 19 mai 2020 à 10h34] Les cérémonies de la Pentecôte pourront-elles être célébrées dans les églises cette année ? C’est ce que pourrait indiquer la dernière décision du Conseil d’État à propos de l’interdiction des cérémonies religieuses publiques dans les lieux de culte, en vigueur depuis le 15 mars. Suite à un désaccord entre le gouvernement et plusieurs associations identitaires du catholicisme, la plus haute instance administrative française a jugé le 18 mai que l’interdiction générale et absolue de tout rassemblement dans les églises, temples, synagogues et moquées, était « disproportionnée ». Même si la mesure pouvait être admise dans la première phase de lutte contre l’épidémie de Covid-19, elle porterait une « atteinte grave et manifestement illégale » à la liberté de culte en période de déconfinement.

Le Conseil d’État a donc enjoint le Premier ministre de remplacer cette interdiction pure et simple par « des mesures strictement proportionnées aux risques sanitaires », et ce, dans les huit prochains jours. Les célébrations religieuses, notamment la Pentecôte le 31 mai prochain, pourraient reprendre la semaine prochaine, au moins dans certains territoires.

Lieux de cultes ouverts… mais cérémonies interdites

Les Chrétiens, Musulmans et Juifs avaient vu la pratique de leur culte bouleversée par le confinement. Lors de son discours à l’Assemblée nationale, le 28 avril, Édouard Philippe avait indiqué que les lieux de cultes resteraient ouverts à partir du 11 mai. Toutefois, le gouvernement avait demandé explicitement de ne pas organiser de cérémonie avant le 2 juin, une mesure contestée par la Conférence des évêques de France (CEF) et différentes organisations traditionalistes.

« Il y a quelque chose d’essentiel dans le fait de se rassemblerC’est inséparable de la pratique religieuse et donc de la liberté de culte. Soit l’Etat l’ignore et il a une vision réductrice de la religion, soit il va au-delà de ses prérogatives », avait prévenu le 15 mai Jean-Frédéric Poisson, le président du Parti chrétien-démocrate.

Quid des cérémonies funéraires ?

« Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées comme aujourd’hui, dans la limite de 20 personnes. J’ai parfaitement conscience de la charge et de la difficulté, face à des décès d’appliquer cette règle, mais elle est formulée en France comme dans d’autres pays comparables afin, là encore, de protéger les vivants« , a expliqué Édouard Philippe le 28 avril devant l’Assemblée Nationale.

Et d’ajouter : « Les cimetières seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai, en attendant des jours meilleurs. Les mairies continueront à proposer, sauf urgence, le mariage. D’une façon générale, il nous faut éviter les rassemblements qui sont autant d’occasions de propagation du virus« .



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