Le monde de la nuit exhorte Bercy à lui octroyer un « plan de sauvetage »


Le monde de la nuit, dont les établissements sont encore fermés en raison du Covid-19 jusqu’à une date indéterminée, a exhorté vendredi 17 juillet le ministère de l’économie à lui octroyer urgemment un « plan de sauvetage », à l’issue d’une réunion à Bercy. Les professionnels ont été reçus par Alain Griset, le ministre délégué aux petites et moyennes entreprises (PME).

Une première rencontre « très constructive », avec « une réelle prise de conscience pour le gouvernement de notre détresse financière », a estimé l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) Nuit.

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« Après quatre mois de fermeture, quatre mois sans recette, quatre mois d’incertitude et d’angoisse, la situation tant psychologique que financière s’avère dramatique », affirment dans un communiqué commun les organisations du secteur. Selon elles, la survie de leurs établissements dépend « de la prise en charge de la totalité de [leurs] charges fixes » : loyers, assurances, EDF, eau, téléphone, honoraires comptables et juridiques, congés payés à charge etc.

Les représentants du secteur se sont engagés à chiffrer les besoins avant la tenue d’une réunion « la semaine prochaine » à Bercy, vraisemblablement jeudi, selon ce communiqué signé par les syndicats hôteliers UMIH et GNI, celui des discothèques et lieux de loisirs SNDLL, la Chambre syndicale des lieux musicaux et festifs (CSLMF), le syndicat des lieux festifs Sneg & Co et celui des cabarets et music-halls CAMULC.

Une catastrophe économique pour le monde de la nuit

Les discothèques espéraient pouvoir rouvrir le 10 juillet mais le gouvernement a invoqué un risque trop grand de dissémination du nouveau coronavirus.

Lundi, le conseil d’Etat avait estimé, en rejetant un recours du SNDLL, que la fermeture prolongée des discothèques n’était pas « disproportionnée » eu égard « au caractère clos des établissements en cause, à la nature d’activité physique de la danse ainsi qu’à la difficulté de garantir le port du masque ou le respect des règles de distanciation sociale dans un contexte festif ».

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Le 12 juillet, lors d’une manifestation aux côtés de quelque 200 professionnels du monde de la nuit près du ministère de la santé, Matthieu Lebrun, le porte-parole des gérants de discothèques de Normandie, avait estimé que « la moitié des clubs [allaient] disparaître », soit environ 800 discothèques, si une réouverture n’était décrétée qu’en septembre.

Dans un message sur Twitter le même jour, la star française David Guetta avait apporté « tout (s) on soutien aux DJs, discothèques et au monde de la nuit ». « Des clubs sont en danger, des emplois menacés, c’est une catastrophe économique qui s’annonce », avait ajouté le disc-jockey aux tubes planétaires Titanium ou Lovers on the sun.

Le Monde avec AFP



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