le nouveau Premier ministre promet des réformes et un accord avec le FMI

Le nouveau Premier ministre libanais Moustapha Adib s’est engagé ce lundi à l’issue de sa désignation à former rapidement un gouvernement chargé d’enclencher des « réformes » longtemps attendues et à conclure un accord avec le Fonds monétaire internationale (FMI) pour sortir le pays du naufrage économique.

« La tâche que j’ai acceptée repose sur le fait que toutes les forces politiques […] sont conscientes de la nécessité de former un gouvernement en un temps record et de commencer à mettre en œuvre des réformes, avec comme point de départ un accord avec le Fonds monétaire international », a déclaré M. Adib dans un discours télévisé.

Le Liban avait entamé en mai des négociations avec le FMI en vue d’un plan de sauvetage d’environ 10 milliards de dollars, en contrepartie d’une série de réformes longtemps boudées par les autorités libanaises. Mais les négociations sont désormais au point mort.

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Colère de la rue

« Le temps n’est pas aux mots et aux promesses […] mais à l’action », a ajouté M. Adib, disant vouloir former « une équipe ministérielle homogène composée de personnes compétentes […] pour mettre en oeuvre rapidement les réformes de base ».

Dans la foulée de sa désignation, M. Adib s’est immédiatement rendu dans un quartier dévasté par l’explosion gigantesque le 4 août au port de Beyrouth, qui a tué au moins 188 personnes et anéanti des quartiers entiers de la capitale. Ni le président Michel Aoun, ni l’ex-Premier ministre Hassan Diab ne s’étaient rendus dans ces quartiers.

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L’explosion a alimenté la colère de la rue contre une classe politique jugée corrompue et incompétente.

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Crise économique sans précédent

En chemise et pantalon, l’air décontracté et peu escorté, le nouveau Premier ministre a été à la rencontre de plusieurs habitants du quartier sinistré, leur demandant de lui faire « confiance » et de travailler « main dans la main », a constaté un correspondant de l’AFP.

Le Liban vit depuis l’automne dernier au rythme d’une instabilité politique et économique accrue, marquée notamment par un soulèvement populaire contre la classe dirigeante et un défaut de paiement historique ainsi qu’une dégringolade de la monnaie nationale.

La désignation de M. Adib intervient quelques heures avant l’arrivée à Beyrouth du président français Emmanuel Macron, qui entame lundi sa deuxième visite en moins d’un mois au Liban pour tenter de sortir le pays du marasme.

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