L’emploi et les classes populaires, priorités économiques de Joe Biden


« Jobs, jobs, jobs », telle sera la priorité économique du président américain Joe Biden. Les événements de janvier ont rappelé cette double urgence : politique, avec l’invasion du Capitole, qui confirme la nécessité de ramener dans le camp démocratique les classes populaires blanches qui se sentent déclassées ; économique, avec les mauvais chiffres du chômage de décembre 2020 (140 000 emplois détruits), qui confirment la nécessité d’agir pour redonner un travail aux 10 millions d’Américains qui ont perdu le leur depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Seule bonne nouvelle en ce début d’année, l’élection des deux sénateurs démocrates de Géorgie permet à Joe Biden de s’assurer le contrôle du Sénat grâce à la voix décisive de la vice-présidente, Kamala Harris, et lui offre davantage de marge de manœuvre politique. Son équipe économique est composée de personnalités spécialistes incontestées du travail, orientées au centre gauche, souvent des femmes et des personnalités issues des minorités. Elle devrait être confirmée sans grande difficulté par le Sénat, à commencer par Janet Yellen, ancienne présidente de la banque centrale américaine (la Fed), désignée secrétaire au Trésor, et dont les auditions devraient débuter le 19 janvier, veille de l’investiture de Joe Biden.

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M. Biden va devoir manœuvrer, entre la nécessité de faire des compromis avec les républicains modérés pour réconcilier l’Amérique et la pression de l’aile gauche démocrate, qui a toutefois enregistré de piètres performances électorales et n’a pas de représentant dans son équipe gouvernementale. Que faire ? Joe Biden veut que soit adopté un fort plan de relance. Le président élu considère que si le rebond fut trop faible sous Obama après la crise financière de 2009, c’est en raison de l’insuffisant stimulus budgétaire, et il ne veut pas réitérer cette erreur. Cette thèse est combattue par le Wall Street Journal, qui considère que la reprise fut avant tout entravée par l’excès de réglementation de la précédente administration démocrate.

Ristourne fiscale

Il n’empêche, cette idée est dominante à gauche. Elle intervient dans un contexte de remise en cause idéologique : l’obsession des déficits a disparu aux Etats-Unis. Le mandat de Donald Trump a fait voler en éclats les dernières réticences : baisses d’impôts et taux d’intérêt bas avaient permis d’atteindre un niveau de chômage au plus bas depuis cinquante ans, sans créer d’inflation. Pourquoi ne pas poursuivre dans cette voie ? L’administration Biden ne rencontrera pas d’opposition de la part du président de la Fed, le républicain modéré Jerome Powell, qui compte laisser durablement ses taux d’intérêt à zéro.

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