les autorités américaines demandent aux Etats d’être prêts à distribuer un vaccin d’ici novembre


Les autorités sanitaires américaines ont demandé aux cinquante Etats du pays et à plusieurs grandes métropoles de préparer la distribution à grande échelle d’un vaccin contre le coronavirus d’ici début novembre, soit avant l’élection présidentielle, selon des documents obtenus par plusieurs médias américains.

Les Centres américains de prévention et de lutte contre les maladies (CDC) « demandent urgemment » que les Etats fassent le nécessaire afin que les centres de distribution d’un futur vaccin puissent être « complètement opérationnels d’ici le 1er novembre 2020 », a écrit leur directeur Robert Redfield, dans une lettre citée par le Wall Street Journal et envoyée aux Etats la semaine dernière. Le patron des CDC mentionne notamment la levée de restrictions administratives, ou la délivrance de permis et licences.

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Selon le New York Times, un document envoyé aux autorités locales de tous les États et territoires ainsi qu’aux fonctionnaires responsables de la santé de cinq grandes villes – New York, Chicago, Philadelphie, Houston et San Antonio –, élabore trois scénarios en fonction de l’avancée d’un « vaccin A » et d’un « vaccin B ». Ceux-ci semblent correspondre aux vaccins développés par Pfizer et Moderna, chacun nécessitant deux doses à quelques semaines d’intervalle. Les Etats-Unis – pays le plus touché au monde par la pandémie avec plus de 184 000 morts – ont pré-commandé des millions de doses auprès de ces entreprises.

« Les scénarios (…) doivent être utilisés par les Etats et les juridictions locales pour développer un plan opérationnel pour une vaccination précoce contre le Covid-19 alors que les approvisionnements de vaccins seront limités », explique ce document. Y sont notamment détaillées les conditions nécessaires à leur stockage, ainsi que les populations devant être vaccinées de façon prioritaire, à savoir notamment le personnel soignant.

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« Pas une décision politique »

En acceptant formellement la nomination du parti républicain pour un second mandat, le président Donald Trump avait longuement vanté son action – très critiquée – face au Covid-19 et prédit la fin prochaine de la pandémie. « Nous vaincrons le virus, mettrons fin à la pandémie et émergerons plus forts que jamais », avait-il assuré. « Nous produirons un vaccin avant la fin de l’année, et peut-être même plus tôt ! », avait-il lancé dans une allusion à une possible annonce de taille avant le scrutin présidentiel du 3 novembre, où il briguera un second mandat de quatre ans. « Des centaines de millions de doses seront rapidement disponibles », s’est avancé le magnat de l’immobilier.

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Dimanche, dans le Financial Times, Stephen Hahn, le chef de l’Agence américaine des médicaments (FDA) annonçait qu’il était possible qu’un futur vaccin contre le coronavirus soit d’abord autorisé selon une procédure d’urgence, avant la fin des essais cliniques censés confirmer sûreté et efficacité. Toute demande d’autorisation devra être déposée par le développeur du vaccin, a dit Stephen Hahn. « S’ils le font avant la fin de la phase 3, il est possible que nous considérions cela comme approprié. Si nous trouvions cela inapproprié, nous prendrions une décision ».

Mais il s’est défendu d’être soumis à la pression du président Donald Trump pour autoriser un vaccin avant l’élection présidentielle du 3 novembre, déclarant : « Ce sera une décision fondée sur la science, la médecine, les données. Ce ne sera pas une décision politique. »

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Le Monde avec AFP



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