Les élus locaux à la rescousse des petits commerces, enjeu du reconfinement


Comme beaucoup d’élus, Annie Genevard, députée du parti Les Républicains (LR) du Doubs, s’est précipitée jeudi 29 octobre dans sa circonscription avant le début du confinement. Une fois à Morteau, la vice-présidente de l’Assemblée nationale fait le tour des petits commerces. Fleuristes, libraires et magasins de toutes sortes organisent ce soir-là des « nocturnes » jusqu’à parfois 22 heures pour essayer d’engranger le maximum de chiffre d’affaires avant la fermeture pour plusieurs semaines.

« Il y en avait deux sur trois qui pleuraient, relate l’élue. Ils sont secoués moralement. Leurs stocks sont pleins, les rayons bien achalandés à l’approche de la période des fêtes. Je ne comprends pas la logique de cette décision de fermeture de nos commerces de proximité : les grandes surfaces où il y a plus de monde seraient moins dangereuses qu’un petit magasin où deux ou trois personnes se retrouvent à la fois ? » La députée rédige alors immédiatement une lettre au premier ministre pour l’alerter.

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Comme elle, ils sont nombreux à l’échelon national ou local à avoir décidé de porter cette question à l’attention du gouvernement. Le sort des commerçants est peu à peu en train de devenir un enjeu politique de ce deuxième confinement.

« Soyons intelligents dans le confinement »

Jeudi, Bruno Retailleau, sénateur LR de la Vendée et président de son groupe au Palais du Luxembourg, a déposé un amendement au projet de loi autorisant la prorogation de l’état d’urgence sanitaire, permettant aux préfets de rouvrir les commerces de proximité en cas de conditions sanitaires favorables. Une disposition adoptée par les sénateurs et que l’élu appelle ses camarades députés à reprendre en commission mixte paritaire.

« Je ne veux pas qu’on donne un blanc-seing aux géants du commerce comme Amazon », fulmine le sénateur. Un million de magasins avec trois millions de salariés seraient, selon lui, sur la sellette. A l’instar de beaucoup de ses collègues, il s’interroge sur l’efficacité sanitaire d’une telle mesure. « Il n’y a pas une étude épidémiologique qui a montré que le commerce de proximité était un foyer de contamination, relève-t-il avant d’exhorter : Soyons intelligents dans le confinement, ne tuons pas nos petits commerces. »

La librairie Mollat à Bordeaux pratique le « clic and collect », le premier jour du deuxième confinement, le 30 octobre.

Pour beaucoup, le cœur du sujet est la « distorsion de concurrence » entre petites boutiques et grandes surfaces. Ces dernières, ouvertes, proposent souvent les mêmes produits : livres, vêtements ou encore cosmétiques.

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