Les maires écolos déjà désavoués par leurs électeurs ?

« Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots », disait Jean Jaurès. Et les nouveaux maires écologistes des grandes villes excellent en cette discipline : les sapins de noël ne sont plus désormais que des « arbres morts », le Tour de France « une compétition machiste et polluante » et la 5G « une technologie pour regarder du porno dans l’ascenseur »…

Le procédé qui consiste à renvoyer chacun à la vacuité de son existence ne semble guère séduire l’opinion, y compris la base électorale écologiste. D’après une enquête Ifop en ligne auprès d’un échantillon représentatif pour le site lemon.fr, près de huit Français sur dix (79 %) se disent opposés au retrait des grands sapins de Noël sur les grandes places de villes. Cette opposition ne fluctue pas auprès des électeurs des communes de plus de 100 000 habitants administrées par des maires EELV. Quant aux électeurs qui se déclarent politiquement proches d’EELV, cette proposition suscite un rejet à 55 %.

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Vél’ d’Hiv

L’institut a testé le soutien de l’opinion à d’autres affirmations d’élus écolos, comme : « Les gendarmes français qui ont obéi aux ordres de leurs supérieurs en mettant en œuvre la rafle du Vél’ d’Hiv’ sont les ancêtres de ceux qui, aujourd’hui, traquent les migrants, les sans-papiers » (Patrick Chaimovitch, maire de Colombes) ou « Ne pas avoir de mari, ça m’expose plutôt à ne pas être violée, ne pas être tuée, ne pas être tabassée » (Alice Coffin, conseillère de Paris). Dans tous les cas, l’opinion n’apprécie guère ces déclarations à l’emporte-pièce qui sont très largement récusées. « Le jugement des Français est sévère sur les premières sorties médiatiques des maires écologistes. Même leur base électorale est divisée », explique François Kraus, directeur du pôle Politique/Actualité de l’Ifop, « ce sont de vraies prises de risques en matière de communication ».

Le cas de la 5G

Le seul sujet sur lequel les écologistes capitalisent modestement dans l’opinion est la 5G, soutenue sans élan par l’opinion publique puisque seulement 61 % des habitants des grandes villes se déclarent favorables au déploiement de la 5G dans leur commune, tout en étant à 48 % favorables à la suspension temporaire de son déploiement. On relève que sur ce sujet, comme sur l’utilisation de la chloroquine ou le déploiement du compteur Linky, la proximité politique polarise fortement les convictions personnelles, puisque 73 % des interrogés qui « se sentent Gilet jaune » aimeraient que le déploiement de la 5G soit suspendu en France au moins jusqu’à l’été 2021, contre 29 % chez les sympathisants LREM.

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Dernier chiffre étonnant qui ressort de cette étude, il se trouve tout de même en France 20 % de personnes qui se déclarent favorables à « détruire les antennes-relais pour protester contre le déploiement de la 5G ». Ce soutien à des opérations de sabotage atteint même 29 % dans les villes dirigées par des maires de gauche.



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