Les publicités alimentaires à destination des enfants bientôt interdites ?

La publicité alimentaire, très présente à la télévision et sur internet, vise des produits au Nutri-Score très bas et influence les comportements alimentaires des enfants et adolescents. Santé publique France recommande de limiter ces promotions aux heures les plus regardées par les enfants.

Depuis 2010, l’OMS recommande de réglementer les publicités alimentaires qui pourraient être visionnées par des enfants. Le Canada et l’Angleterre l’ont déjà mis en place, mais la France continue de diffuser ce type de programmes aux horaires où les enfants regardent le plus la télévision. Santé Publique France a mené une enquête en 2019 pour comprendre l’incidence de ces contenus sur l’alimentation concrète du jeune public. Résultat ? La publicité favorise la mauvaise nutrition des enfants. 

En analysant l’emplacement privilégié de ce type d’annonces, et en comparant le temps passé par les enfants et les adolescents sur ces médias, les chercheurs ont pu établir un lien entre une alimentation déséquilibrée et les publicités alimentaire. Les adolescents passent en moyenne 1h59 par jour sur internet, quand les 4-12 ans sont plutôt attirés par le petit écran (qu’ils consomment en moyenne 1h28 quotidiennement). Or, ces contenus alimentaires sont justement essentiellement publiés à la télévision (60%) et sur internet (20%). Certes, les publicités sur les chaînes du service public sont tenues d’être « encadrées », mais dans ce contexte, la limitation n’a que peu d’impact. Ce contrôle ne concerne que 0,5% des programmes visionnés par les enfants. Autre observation importante, la tranche horaire la plus regardée par le jeune public (19-22h) est aussi le laps de temps sur lequel sont diffusées le plus de publicités alimentaires.

48% de la publicité consacrée à des aliments avec un faible Nutriments-Score

Malheureusement, ces contenus ne font pas l’apologie des légumes vapeur… 48% d’entre eux concernent des produits au Nutri-Score D et E. Pour rappel, le Nutri-Score est un système d’étiquetage nutritionnel à cinq niveaux, D et E étant les deux derniers. Ils renvoient donc à des produits avec une très basse valeur nutritionnelle. Ainsi, « en 2018, les publicités pour des produits Nutri-Score D et E représentent 53,3 % des publicités alimentaires vues par les enfants et 52,5 % des publicités vues par les adolescents« , souligne Santé Publique France. Concrètement, cela entraîne une consommation d’aliments gras, salés, sucrés auprès de ces publics vulnérables et influençables. Rappelons qu’actuellement en France, le surpoids concerne 17% des enfants de 6 à 17 ans, dont 4% sont considérés obèses. Dans l’urgence d’agir afin de lutter contre cette exposition néfaste, Santé Publique France recommande d’interdire les produits à faible valeur nutritionnelle sur ces deux médias, aux heures les plus regardées par les enfants et les adolescents.



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