NextRadioTV réduit un peu l’ampleur de son plan de départs


Jeudi 17 septembre à la mi-journée, la cour du campus Altice, dans le 15e arrondissement de Paris, sera une nouvelle fois le théâtre d’une assemblée générale. L’intersyndicale de l’UES NextRadioTV (la branche médias du groupe Altice, qui rassemble les chaînes BFM-TV, BFM Business, RMC, RMC Sport, RMC Découverte, RMC Story) rendra compte aux salariés de l’accord trouvé mardi soir au sujet du plan de départs volontaires, baptisé « projet de transformation et de reconquête » et annoncé par la direction le 19 mai.

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En lieu et place des 330 à 380 départs contraints annoncés à l’origine, ce sont 245 salariés (soit « environ 25 % de l’effectif CDI de l’entreprise », précise une source interne) qui devront manifester leur souhait de quitter leur emploi, sur la base du volontariat, entre le 8 octobre et le 23 décembre. S’y ajoutent un tiers des pigistes, qui pourront bénéficier des conditions du plan « sous certaines conditions d’éligibilité », ainsi qu’un peu moins de la moitié des consultants, et une partie des intermittents – des départs qui n’entrent pas à proprement parler dans le cadre du plan.

« Cette réorganisation est profonde, mais nécessaire face aux enjeux structurels » qu’affronte l’entreprise, défend Arthur Dreyfuss, le directeur général d’Altice France. Au-delà de la baisse du chiffre d’affaires publicitaire liée à la crise sanitaire, c’est un nouveau virage que le groupe souhaite prendre, afin de résister à la concurrence des plates-formes et au développement des nouveaux usages qui fragilisent les médias traditionnels.

« C’est une défaite »

Interrompues brutalement en juillet, lorsque la direction s’était estimée « contrainte » de poursuivre son objectif en dehors de tout cadre consensuel, les négociations avec l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CGT, SNJ, UNSA et FO) ont repris le 31 août, « dans un grand esprit de responsabilité », assure Arthur Dreyfuss. « Les conditions obtenues sont plus favorables aux salarié.e.s que celles présentées au CSE le 24 juillet dernier dans le projet unilatéral de la direction », se félicite de son côté l’intersyndicale dans un courriel interne.

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Le dépit reste toutefois de mise. « C’est une défaite, après un mouvement de grève sans précédent, pour les salariés, réagit ainsi le compte Twitter RMC/BFM en colère, représentant des sociétés de journalistes des deux rédactions. C’est une défaite aussi pour la direction, qui a cassé quelque chose : la dynamique du groupe », ajoutent-ils, furieux qu’un « groupe bénéficiaire » licencie, et inquiets pour la qualité éditoriale de leur travail.

Outre le fait que les indemnités conventionnelles et complémentaires ont été augmentées, des mesures d’accompagnement applicables aux CDI (aide à la formation certifiante, participation aux frais de création ou de reprise d’entreprise, congé de reclassement, etc.) ont été arrêtées, qui permettent à Arthur Dreyfuss de parler d’un « accord responsable, et incitatif pour ceux qui souhaitent partir ». Aucun licenciement économique contraint ne sera possible avant le 31 décembre 2021.



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