Parrot tire à boulets rouges sur son rival chinois DJI


« Ne faites pas confiance aux drones chinois. » L’argument principal développé par Parrot lors de la présentation de son nouveau drone professionnel est formulé sans fioritures. Le français, numéro un européen de la spécialité, a choisi de se poser de manière assez agressive comme une société parfaitement fiable et transparente en matière de transmission des données collectées. Une pierre envoyée dans le jardin de son grand rival chinois DJI, qui écrase le marché mondial, mais que le gouvernement américain a banni de l’armée et des agences fédérales, l’accusant de faire fuiter des données vers la Chine.

Le nouveau quadricoptère baptisé Anafi-USA est fabriqué dans le Massachusetts au sein d’une unité de production spécialement créée par Parrot pour assembler les prototypes conçus dans le cadre d’un appel d’offres avec l’US Army. Il procède – avec l’accord des autorités américaines, mais sans embarquer de logiciels militaires – du prototype développé pour les besoins de cette compétition, dont l’issue devrait être connue en fin d’année. Parrot souligne que cette caméra volante assure « une sécurité totale des données collectées ».

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Selon ses concepteurs, « les fonctions de chiffrement et de confidentialité (…) sont en parfaite conformité avec le règlement général européen sur la protection des données [RGPD], garantissant ainsi le plus haut niveau en matière de protection de la vie privée et de sécurité pour les missions sensibles ». Par défaut, les informations stockées par l’Anafi-USA ne sont pas partagées. Si l’utilisateur donne son consentement, les données de vol et les journaux de bord seront stockés « sur des serveurs sécurisés en Europe ».

« Vos datas ne sont pas nos affaires »

« Quoi que puisse en dire DJI, nous sommes convaincus que les drones chinois collectent des données à l’insu de leurs utilisateurs », martèle Henri Seydoux, le président de Parrot. Convaincu qu’il « existe une énorme suspicion », il s’inquiète aussi « des liens entre cette entreprise, dont on ignore l’origine des moyens considérables dont elle dispose, et l’appareil sécuritaire chinois ».

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Parrot, qui s’est totalement recentré sur le marché professionnel, après l’effondrement des drones de loisirs, a vu son chiffre d’affaires baisser de 23 % au premier trimestre et pourrait perdre plus de 30 millions d’euros cette année. Redoutant que DJI remporte le récent appel d’offres lancé par le ministère de l’intérieur pour 650 drones, la société se verrait bien devenir le symbole d’une forme de reconquête. « Nous prévenons les pouvoirs publics que choisir un drone chinois, c’est prendre un risque », insiste Henri Seydoux.

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