Près des trois quart des ETI s’attendent à un retour à la normale dans les six mois

Les entreprises de taille intermédiaire (ETI) croient davantage en un retour rapide de leur activité au niveau d’avant la crise sanitaire que les PME, selon une enquête publiée jeudi par Bpifrance.

Elles sont ainsi 71% à s’attendre à un « retour rapide à une activité normale », c’est-à-dire dans les six mois, selon les réponses fournies en juin et juillet par 480 ETI représentatives des 4.868 ETI françaises, contre seulement 47% des PME interrogées en mai et juin.

Dépassant 250 salariés ou 60 millions d’euros de chiffre d’affaires, les ETI comptent moins de 5.000 salariés avec un chiffre d’affaires n’excédant pas 1,5 milliard d’euros.

L’industrie en première ligne

Les ETI industrielles, qui sont aussi plus fortement internationalisées, se montrent moins optimistes que la moyenne, avec seulement 61% qui espèrent retrouver rapidement leur niveau d’activité d’avant-crise.

« Les ETI industrielles et très fortement industrialisées étaient traditionnellement en tête dans nos enquêtes », a rappelé à l’AFP Philippe Mutricy, directeur des études et de la prospective chez Bpifrance.

Baptiste Thornary, chef économiste de banque publique, voit dans ce pessimisme relatif des ETI industrielles « un effet de décalage des marchés internationaux qui reprennent quand même plus tard que le marché français ».

Les chefs d’entreprise, que ce soit ceux des PME ou des ETI, « sont parfois un peu excessifs dans l’anticipation de la baisse d’activité », mais sur l’emploi, l’investissement ou la trésorerie, « les résultats sont étonnamment bons », constate-t-il encore.

Ainsi 60% des dirigeants d’ETI anticipent une baisse de leur chiffre d’affaires en 2020, généralement comprise entre 10% et 30%, selon l’enquête.

Les projets d’embauche sont maintenus

Et si « dans l’ensemble des secteurs d’activité, les effectifs en France sont prévus en baisse » et plus particulièrement dans l’industrie, « la correction des anticipations sur les effectifs, si elle est très significative, semble moins forte que sur l’activité ».

Les ETI n’ont ainsi annulé que 9% de leurs projets d’embauche, alors que 35% ont été reportés et 44% ont été maintenus. 12% d’entre elles ne comptaient pas embaucher.

Les ETI ont largement profité des dispositifs d’aide mis en place par le gouvernement avec 79% d’entre elles qui ont eu recours au chômage partiel, 57% au report de charges fiscales ou sociales et 51% au prêt garanti par l’État (PGE).

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Enfin, avec la crise, les projets d’investissement des entreprises de taille intermédiaire ont été fortement réduits à la baisse, là aussi davantage pour les plus internationalisées et industrialisées d’entre elles.

Ces projets ont été maintenus à 52%, reportés pour un tiers et seuls 4% annulés, selon l’enquête.





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