Que reste-t-il de la République lorsque le séparatisme assassine ses hussards noirs ?

L’attentat qui vient de se produire modélise, hélas, la mécanique du radicalisme islamiste. Des idéologues partisans de l’islam politique travaillent en permanence le tissu social pour créer un environnement mental favorable aux thèses les plus intégristes. Dès lors, certains individus, les plus résolus, carencés et violents, finiront forcément par basculer dans l’action armée. Samuel Paty est la victime de cette logique mortifère, de cette volonté d’installer dans notre pays un régime totalitaire à prétexte religieux.

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La stratégie conduite par les salafistes, par les Frères musulmans, repose depuis toujours sur une stratégie de prise de contrôle progressif de territoires spécifiques par imprégnation progressive des esprits et des comportements. Ce qui s’impose comme emblématique dans l’assassinat barbare de ce professeur d’histoire qui tentait simplement d’exercer son métier, c’est la lisibilité frappante de la solidarité entre le « soft power » islamiste et le djihadisme. La République commence à être en danger lorsque ses serviteurs sont menacés de procédures, ou physiquement intimidés, parce qu’ils explorent et expliquent la liberté d’expression, fondement de notre régime laïque. Que des parents veuillent faire céder les libertés individuelles devant une matrice de pensée « religieuse » révèle la vérité du combat mené par tous les adversaires du totalitarisme islamiste.

La religion authentique n’est pas l’ennemie de Marianne

Notons au passage que ce discours « religieux » se résorbe dans une instrumentalisation politique. Toute spiritualité qui se vit sereinement et épanouit l’âme, l’esprit et le corps apporte de la force à la France républicaine. La laïcité lui permet justement d’exister, dans le respect de ceux qui ne trouvent pas leur espérance dans une transcendance. La religion authentique n’est pas l’ennemie de Marianne : le fascisme, en revanche, oui.

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De surcroît, le contexte dans lequel nous vivons depuis mars 2020 rend encore plus cruel la dynamique du « deux poids/deux mesures ». Alors que la population française doit se plier à de multiples restrictions liées à la crise du Covid-19, certains territoires sont confrontés au retrait flagrant de l’État et de ses forces de sécurité. Pour le dire encore plus clairement, on voit bien que les lois s’appliquent de façon très différenciée… À cet égard, la notion même de couvre-feu pose un problème symbolique majeur. C’est le fondement même du contrat social qui est bousculé : comment les Français pourraient-ils ne pas comparer les contraintes fortes pesant sur les libertés individuelles les plus fondamentales (depuis le confinement de mars) et la presque anarchie qui règne dans certaines zones, dites « sensibles », où l’on attaque des commissariats à coups de mortier et où des policiers sont blessés régulièrement ? Pourquoi demande-t-on des efforts à la majorité (qui traumatisent le socle démocratique et libéral, politiquement, de notre société), tandis qu’une minorité de délinquants et/ou d’activistes idéologiques semble pouvoir tout se permettre ? Ce déséquilibre de plus en plus prégnant revient à s’asseoir sur un volcan en activité en attendant l’éruption prochaine…

La machinerie de manipulation salafiste

Nous sommes en réalité de plus en plus frappés, collectivement, par l’apparition extrêmement choquante, pour une République indivisible et jacobine comme la nôtre, d’une France léopard, que les experts voyaient se former lentement depuis plusieurs décennies. Un peu partout dans l’Hexagone se déploient de véritables enclaves où les services publics reculent chaque jour davantage et où de nouvelles « régulations » se mettent en place : celles du trafic de stupéfiants, du salafisme politique, de l’activisme de l’ultragauche, ou des communautarismes les plus variés. Il arrive d’ailleurs que l’on trouve certaines combinaisons des unes avec les autres.

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Les Français souhaitent simplement que l’on applique la loi partout. Ce n’est plus le cas depuis bien des années. L’assassinat barbare de Samuel Paty jette une lumière atroce sur ce phénomène de fragmentation territoriale et rend manifeste une stratégie d’influence islamiste, un « soft power » totalitaire, celui de l’islam politique, qui ensemence le sol d’où jaillit la sauvagerie du djihadisme. Une nouvelle étape a été franchie, levant le voile sur la machinerie de manipulation salafiste qui mine l’école comme bien d’autres points névralgiques de l’espace social, politique et intellectuel. Le projet de loi visant le séparatisme va devoir se montrer à la hauteur du danger d’étouffement de la République qui nous menace. Le temps du sursaut est-il arrivé ? Souhaitons que oui, car le peuple français pourrait à plus ou moins long terme se montrer moins docile avec ses dirigeants.

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