quelles sont les attentes des parents ?

Les 1000 premiers jours de l’enfant sont un moment crucial pour son développement et sa construction. Il s’agit aussi d’une période où les parents doivent être particulièrement accompagnés. Un point d’étape sur les travaux de la commission des 1000 premiers jours a été fait ce jeudi 2 juillet. Congés, mode de garde… Voici les priorités et les inquiétudes formulées par les parents.

[Mis à jour le vendredi 3 juillet à 10h53] Les 1000 premiers jours de l’enfant (du 4e mois de la grossesse jusqu’aux deux ans de l’enfant) représentent un moment fondateur et une période essentielle pour son développement et sa construction. Cette période est tout aussi déterminante pour ses parents, soucieux de lui apporter toutes les attentions nécessaires tout en maintenant un équilibre dans leur vie personnelle, familiale et professionnelle. Pour répondre au mieux à ces enjeux, Emmanuel Macron a lancé une commission d’experts présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik. En parallèle, Adrien Taquet, secrétaire d’État chargé de la Protection de l’enfance, a proposé un « parcours des 1000 premiers jours » à tous les parents pour les accompagner sur les questions de santé et sur les aspects éducatifs. Pour mettre au point ce parcours, Adrien Taquet est parti à la rencontre de parents chaque semaine de septembre 2019 à février 2020, pour qu’ils puissent lui faire part de leurs besoins, de leurs difficultés et de leurs suggestions. En complément, une consultation en ligne sur la parentalité a été proposée à l’ensemble des parents de jeunes enfants du 21 octobre 2019 au 24 février 2020. Voici les priorités des parents. 

Qu’est-ce que le parcours des 1000 premiers jours de l’enfant ?

En quoi consiste le « parcours des 1000 jours » que souhaite lancer le gouvernement d’ici 2020 ? Ce parcours d’accompagnement est compris entre le 4e mois de grossesse jusqu’au 2e anniversaire de l’enfant. Entre le début de la grossesse où le fœtus commence à interagir avec son environnement et celui où l’enfant prononce ses premières phrases, une partie considérable de son développement est en jeu, estime le gouvernement. En effet, c’est durant cette période que l’être humain se développe plus rapidement que dans toute autre période de sa vie : « le bébé grandit de deux centimètres par mois, la taille de son cerveau est multipliée par cinq et les connexions neuronales s’y établissent à la fréquence de deux cent mille par minute« , précise le ministère de la santé dans un communiqué du 5 novembre 2019. 

Une consultation en ligne pour recueillir l’avis des parents

Une consultation en ligne a été proposée à l’ensemble des parents de jeunes enfants du 21 octobre 2019 au 24 février 2020. Avec l’avis de 10 789 participants volontaires, cette consultation a permis de recueillir les avis, témoignages et propositions qui servent de socle à l’élaboration de cette nouvelle politique. En effet, de nombreux parents se sentent souvent seuls face à la parentalité, réclament un meilleur accès aux services de santé et de soins, une information plus fiable en ce qui concerne la nutrition ou l’environnement du bébé. Modes de garde, congés de naissance… Toutes les interrogations des futurs et jeunes parents sont scrupuleusement étudiées pour proposer un parcours des 1000 jours adaptés à leurs besoins.

Un point d’étape sur les travaux de la commission des 1000 premiers jours a été fait le jeudi 2 juillet 2020, voici ce qu’il en ressort :

  • Les parents ont besoin d’être mieux accompagnés avant et après l’accouchement : à ce jour, moins de 30% des parents bénéficient de l’entretien prénatal précoce. Par ailleurs, le nombre de visites à domicile par des infirmières puéricultrices a été divisé par 2 en 25 ans.
  • La dépression post-partum est un sujet délicat : on estime que 40% des dépressions post-partum ne sont pas détectées.
  • Les parents se sentent perdus et ont besoin d’informations plus fiables.
  • Les questions liées à l’alimentation et au retour au travail sont des sources d’inquiétudes : 93 % des parents déclarent rencontrer des difficultés pour alimenter leur enfant âgé de 0 à 3 ans.
  • Les parents souhaitent que le système de congés et les modes de garde soient améliorés : l’amélioration du système des congés parentaux est le thème le plus fréquemment cité dans les suggestions des parents ayant participé à la consultation en ligne du projet des 1 000 premiers jours.

Réduire les inégalités dès le plus jeune âge

Selon Emmanuel Macron, qui s’est inspiré de la Finlande, (pays bien connu pour être celui dans lequel les parents sont les plus heureux), c’est avant l’âge de deux ans qu’il est possible de réduire les inégalités et notamment le déficit de vocabulaire qui se manifeste dès le plus jeune âge. En septembre dernier, le Président de la République a inscrit la question des 1000 premiers jours de l’enfant au cœur de l’action du gouvernement. « Les progrès scientifiques, issus de plusieurs champs de recherche, légitiment en effet un investissement le plus précoce possible dans cette période importante de la vie de tout être humain et il est indispensable d’accompagner au mieux les parents pour répondre de manière adaptée aux besoins de leurs enfants« , précise le gouvernement.

Un comité d’experts, chargé de travailler avec l’ensemble des acteurs, formulera alors des préconisations sur les politiques publiques qui peuvent être menées. Boris Cyrulnik, neuropsychiatre français et président de la commission d’experts sera notamment accompagné de gynécologues, de psychothérapeutes, de pédopsychiatres et psychanalystes, de juristes et éducateurs de jeunes enfants, de pédiatres et de psychologues, de sages-femmes et de médecins généralistes, et autres spécialistes de la petite enfance. La commission a travaillé sur quatre grandes priorités :

  • Garantir aux parents l’accès à une information fiable sur la période des 1000 premiers jours
  • Construire un parcours du jeune parent plus lisible, complet et pratique pendant cette période.
  • Apporter un éclairage sur la question des congés parentaux et l’allongement du congé paternité.
  • Repenser les modes de garde et le système d’accueil du jeune enfant à la lumière de ses besoins fondamentaux

Les futures mamans mieux accompagnées

« Adrien Taquet a d’ores et déjà fixé deux objectifs : que toutes les mamans passent la visite médicale du quatrième mois et que toutes reçoivent également une visite à domicile après l’accouchement« , précisait Europe 1, lors de son déplacement en Finlande en juin dernier. Pour mettre en place ces nouvelles mesures, les centres de Protection maternelle et infantile pourraient, au cas par cas, bénéficier d’une aide de l’Etat. Les jeunes parents, notamment les parents isolés, seront sensibilisés à ce parcours, et la présence des pères pendant la grossesse est encouragée.

Quels services pour les jeunes parents ?

Pendant la grossesse et après l’accouchement, les parents pourraient recevoir des conseils sur la nutrition, les risques des expositions aux écrans chez les jeunes enfants, la place du père, les accouchements prématurés, les naissances multiples, l’accueil d’un enfant handicapé, ou encore l’impact d’une naissance sur le couple…. En outre, des services pourraient être proposés aux futurs et jeunes parents, via une application, avec des initiatives éducatives dans le domaine de la santé. Quant aux modes de garde, le secrétaire d’Etat auprès de la ministre des Solidarités et de la Santé se dit favorable aux crèches ouvertes 24h sur 24 comme c’est le cas en Finlande. Un modèle qui pourrait selon lui correspondre davantage aux besoins des parents, et notamment des mères célibataires ou de ceux qui sont employés dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration ou de la santé. Rappelons qu’en Finlande, à la naissance d’un bébé, les parents reçoivent une « baby box » contenant des jouets, des vêtements, des couches ainsi qu’un matelas. Si cette boîte n’est pas retenue pour la France, le gouvernement se penche sur la possibilité d’offrir certains services aux parents qui participent à ce parcours des 1000 jours.« Ils pourraient par exemple recevoir un chéquier, avec des bons pour des jours de baby-sitting ou pour des cours de bébé-nageurs« , précisait Europe 1 en juin dernier.



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