Qui était Samuel Paty, le professeur décapité par un terroriste ?

Samuel Paty, enseignant d’histoire-géographie dans un collège de Conflans-Sainte-Honorine, a été sauvagement décapité par un islamiste d’origine tchétchène pour avoir montré une caricature de Mahomet à ses élèves. Qui était vraiment cet homme, père de famille de 47 ans et fervent défenseur des valeurs de la République ? Portrait.

Il était « à fond dans son métier », se souviennent ses élèves. Samuel Paty, un enseignant d’histoire-géographie du collège du Bois d’Aulne, à Conflans-Sainte-Honorine a été décapité le 16 octobre dernier par un terroriste russe d’origine tchétchène. La raison? Le professeur, et père de famille de 47 ans, a montré à l’une de ses classes de 4e une caricature du prophète Mahomet début octobre.

D’après l’AFP, un de ses anciens élèves a confié qu’il avait la soif d’enseigner. « De temps en temps, on faisait des débats, on parlait », se souvient-il. Depuis plusieurs années, Samuel Paty donnait des cours de liberté d’expression, en éducation morale et civique, et c’est pendant l’une de ces séances qu’il a dévoilé une des caricatures de Mahomet publiées dans Charlie Hebdo.

S’il n’a rencontré aucun problème jusqu’à maintenant, une de ses anciennes élèves a affirmé que cela avait « pris plus d’ampleur » cette fois-là. 

Samuel Paty, un professeur passionné, défenseur des valeurs de la République

En apprenant quel genre de cours proposait l’enseignant, le père d’une élève a pris la parole sur les réseaux sociaux en publiant une vidéo où il qualifiait le professeur de « voyou » et appelait à son renvoi. Ce même homme a également porté plainte contre Samuel Paty.

De son côté, l’enseignant aurait lui aussi déposé plainte en diffamation contre le premier.

Cette plainte qui le taxait de raciste et d’islamophobe avait bouleversé l’enseignant.

Myriam l’une de ses élèves s’en souvient parfaitement et a confié qu’« il n’était pas dans son assiette depuis cette histoire ». Samuel Paty était apprécié par beaucoup de monde, surtout de ses élèves.

Dans Libération, certains d’entre eux se souviennent d’un homme drôle. « Par exemple, quand il voyait que l’on s’endormait un peu, il disait d’un coup « Kinder Bueno » assez fort. Forcément, on se réveillait »« , se rappelle l’une d’entre elles. On voulait tous l’avoir. » 

« Même ceux qui n’aimaient pas l’école étaient attentifs avec lui » , confie un autre de ses étudiants.

Christophe Capuno, un des camarades de promo de Samuel Paty à Lyon, devenu Maître de Conférences, se souvient, pour le quotidien, d’« un gros bosseur, un étudiant brillant et un très bon enseignant. C’était un homme de dialogue qui ne voulait jamais choquer. Il a mené sa mission d’enseignement avec courage. »

Défenseur des valeurs de la République, Samuel Paty avait organisé, en 2019, une exposition à partir de dessins de ses élèves qui avaient composé de la devise de la France: Liberté, Égalité, Fraternité.



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