Rassemblements pour l’école et la liberté après la mort de Samuel Paty

Qualifié par Emmanuel Macron d' »attentat terroriste islamiste caractérisé », ce meurtre a suscité une vive émotion à travers le pays et réveillé le souvenir de l’attentat contre Charlie Hebdo en janvier 2015, dont le procès se déroule en ce moment à Paris. Un hommage national sera rendu mercredi au professeur. Son meurtrier présumé, un réfugié russe d’origine tchétchène âgé de 18 ans, a été abattu peu de temps après son attaque par des policiers.

Une campagne menée sur les réseaux sociaux

Samuel Paty a été tué après une campagne menée sur les réseaux sociaux par le père d’une élève l’accusant d’avoir « insulté » l’islam et son prophète. Abdelhakim Sefrioui, membre du conseil des imams de France, a alors apporté son soutien au père de l’élève sur Twitter.

« Les personnes qui sont à l’origine de cet assassinat, et je parle au pluriel, se sont greffées sur cette affaire », a accusé dimanche Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’Education, sur France Inter, répétant que, « plus que jamais », des caricatures pouvaient être montrées en classe.

Dès samedi, des centaines de personnes, notamment des élèves accompagnés de leurs parents, des enseignants ou de simples habitants, sont venus exprimer leur émotion et leur solidarité devant le collège du Bois de l’Aulne où enseignait Samuel Paty.

Certains arboraient des pancartes avec les inscriptions « Je suis Samuel » ou « Je suis enseignant », à l’image du slogan « Je suis Charlie » qui s’était répandu en France et dans le monde après l’attaque contre la rédaction de l’hebdomadaire à la suite de la publication de caricatures de Mahomet.

« Hussards noirs du XXIème siècle »

Jean-Michel Blanquer, qui devait participer au rassemblement dans l’après-midi à Paris, a annoncé qu’un travail serait fait à partir de la rentrée des vacances de la Toussaint auprès des élèves de l’ensemble du pays pour leur rappeler « qu’on ne doit pas avoir de relativisme vis-à-vis de la liberté de conscience et vis-à-vis de la liberté d’expression, (…) que la laïcité est synonyme de liberté, que nous avons une chance folle de vivre en République et en démocratie ».

Il a chargé les professeurs, « hussards noirs du XXIe siècle », de porter ce message comme leurs prédécesseurs de la fin du XIXe siècle avaient porté celui de la IIIe République.

« L’objectif est clair, c’est qu’il n’y ait pas d’angle mort de la République, qu’il n’y ait pas un seul endroit où on ne fasse pas ce qu’il y a à faire parce qu’on aurait peur », a-t-il insisté sur France Inter, en invitant les élèves à avoir de « l’amour » pour leurs enseignants.

Dans une interview au Journal du Dimanche, le Premier ministre, Jean Castex, a dit ne pas exclure que le projet de loi sur le séparatisme, qui doit être présenté en décembre au Conseil des ministres, soit complété. Sur le plan de la sécurité, il a dit travailler sur une « stratégie de riposte » et des « actes concrets » pour protéger un enseignant lorsqu’il subit des menaces.

Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a pour sa part déclaré sur France 3 qu’il allait proposer de renforcer le contrôle des flux financiers de certaines associations islamistes, en évoquant notamment le rôle des cryptomonnaies. .

Au niveau de l’enquête, les policiers cherchent à déterminer si le meurtrier a bénéficié d’éventuelles complicités et une 11e personne a été mise en garde à vue, a-t-on appris dimanche de source judiciaire.

Parmi ces personnes interpellées depuis vendredi soir figurent des membres de sa famille ou de son entourage mais aussi le père de l’élève auteur des messages hostiles contre Samuel Paty, a précisé samedi le procureur antiterroriste Jean-François Ricard





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