Renault dévoile son plan stratégique « Renaulution » aux accents très financiers


« Mon but, c’est d’amener Renault à un niveau de performance économique qu’il n’a jamais atteint, ou alors de façon anecdotique. Là, le changement va être profond, structurel. » Mélangeant charme, franc-parler et conviction, Luca de Meo, le directeur général du groupe Renault, a dévoilé « Renaulution », son plan stratégique 2021-2025. D’abord mercredi 13 janvier, dans la soirée, aux partenaires sociaux, puis au conseil d’administration du groupe. Ensuite, jeudi 14 janvier, aux analystes financiers et à la presse.

Ainsi, voici la recette de Meo pour le redressement de Renault, en graves difficultés financières. L’entreprise a affiché une perte de 7 milliards d’euros pour le seul premier semestre 2020 et devrait être dans le rouge sur l’ensemble de l’année dernière. A vrai dire, le plan lui-même et sa philosophie – « réorienter la stratégie du groupe Renault de la course au volume à la création de valeur » – ne sont pas une surprise. Des pans entiers de cette « Renaulution » avaient été dévoilés ces dernières semaines par le manageur italien lui-même, débauché du groupe Volkswagen il y a un an et arrivé chez Renault à l’été 2020 : la volonté de gagner plus d’argent sur chaque véhicule vendu, l’organisation en quatre marques (Renault, Dacia, Alpine et celle de service à la mobilité Mobilize) et une électrification accentuée.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment Renault compte se relancer : choix tranchés et clins d’œil néorétro

Première priorité, donc, la profitabilité. Cela passe par un changement d’indicateurs de référence. Pour mesurer la performance, fini les chiffres industriels et commerciaux (chiffre d’affaires, volumes de vente, parts de marché), place aux données financières (marge opérationnelle, génération de cash, rentabilité des investissements), qui deviennent la boussole de chacun dans le groupe.

Refonte marketing profonde

La profitabilité implique une refonte marketing profonde. L’entreprise est priée de se concentrer sur ses marchés mondiaux à forte marge : Amérique latine, Inde, Corée du Sud. La marque amirale Renault est mise en particulier à contribution avec un catalogue passant des petites voitures (segment B) à des plus grosses (segment C), plus rentables, une électrification accentuée qui fera de Renault « la marque la plus verte d’Europe » et qui permet au passage de grappiller quelques euros de marge. Sans compter les tours de passe-passe marketing dont Luca de Meo a le secret, comme la résurrection de vieilles gloires automobiles, transformées en machines à cash. Il avait déjà fait le coup chez Fiat avec la Cinquecento. Chez Renault, ce sera la R5 métamorphosée en électrique.

Il vous reste 55.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source