Schlumberger supprime 21 000 emplois, soit un quart de ses effectifs à travers le monde


La liste des entreprises du secteur pétrolier fragilisées par le ralentissement économique mondial dû à la crise sanitaire s’est encore allongée, vendredi 24 juillet. La multinationale de services et équipements pétroliers Schlumberger, située à Houston (Texas), a annoncé dans un communiqué la suppression de 21 000 emplois, soit un quart de ses effectifs à travers le monde.

« Cela a probablement été le trimestre le plus difficile des dernières décennies », a commenté le PDG de la plus grande entreprise du secteur, le Français Olivier Le Peuch, relevant notamment « une chute sans précédent de l’activité nord-américaine » du groupe et le recul de l’activité internationale lié à l’incidence de la pandémie de Covid-19. Les revenus de l’entreprise ont plongé de 35 % au deuxième trimestre, et les pertes s’élèvent à 3,4 milliards de dollars (2,92 milliards d’euros), contre des gains de 492 millions de dollars, sur la même période, en 2019. Les activités en Amérique du Nord sont les plus touchées, avec une contraction de 58 %.

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Les entreprises du secteur dans lequel évolue Schlumberger procurent aux exploitants pétroliers les installations nécessaires à leur activité. Elles sont donc directement affectées lorsque les compagnies réduisent leur production ou suspendent le lancement de nouveaux projets. Ce qui est le cas depuis le début de la crise sanitaire. Les clients pétroliers de Schlumberger ont tous revu leurs budgets à la baisse. Ainsi, l’activité forage a reculé de 28 % par rapport à 2019 et de 24 % par rapport au trimestre précédent. En conséquence, le bénéfice net par action, qui fait référence à la Bourse de New York, où le groupe est coté, s’est élevé à 5 cents ces trois derniers mois, en chute de 86 % sur un an.

Une crise profonde

Vendredi, M. Le Peuch se voulait néanmoins optimiste pour l’avenir, espérant que « la demande de pétrole revienne doucement à la normale dans les prochains mois », à condition que la situation sanitaire ne se détériore pas de nouveau. Le dirigeant parie même sur « une reprise des activités de fracturation hydraulique aux Etats-Unis ». Ce secteur a été particulièrement éprouvé par la situation actuelle de surproduction mondiale, en raison de ses coûts élevés d’extraction.

L’annonce de Schlumberger souligne la profondeur de la crise du secteur pétrolier dans son ensemble. Ses deux principaux concurrents sur les activités de forage et de fracturation hydraulique, Halliburton et Baker Hughes, également installés à Houston, viennent aussi d’annoncer de lourdes pertes pour le deuxième trimestre 2020.

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