une « équation difficile » avec « la menace terroriste », estime le délégué général du syndicat Alliance Police

Le contexte à la fois sanitaire avec l’épidémie de Covid-19 et sécuritaire par rapport à la menace terroriste en France est « une équation difficile » pour les policiers, explique Stanislas Gaudon, délégué général du syndicat Alliance Police sur franceinfo samedi 31 octobre. « Beaucoup de policiers » seront mobilisés « sur le terrain », indique-t-il, notamment pour le premier week-end de confinement qui correspond à la fête de la Toussaint et à la veille de la rentrée scolaire. Le syndicaliste craint notamment de devoir faire face, comme au printemps selon lui, à « beaucoup de violences à l’encontre des forces de sécurité qui n’étaient là que pour faire respecter les règles sanitaires ».

franceinfo : Comment ça va se passer concrètement ce week-end sur le terrain ?

Stanislas Gaudon : Les forces de sécurité, évidemment, vont faire beaucoup de pédagogie, beaucoup de contrôles pour que chacun intègre bien que le reconfinement, c’est pour aujourd’hui et qu’il faut remplir des attestations. Il faut justifier de tous ces déplacements sur le territoire. Il y a aussi le retour des vacances. Et puis, nous sommes dans une période un peu particulière puisque c’est la période de la Toussaint, avec des cérémonies religieuses qui vont aussi mobiliser des forces de sécurité.

Il y a eu des instructions du ministère de l’Intérieur pour faire extrêmement attention aux événements religieux de dimanche.

Stanislas Gaudon, syndicat Alliance Police

à franceinfo

Et puis, nous allons avoir aussi une autre difficulté lundi 2 novembre avec la rentrée scolaire. Les policiers sont sensibilisés pour sécuriser aussi tous les lieux d’enseignement puisqu’ils sont restés ouverts. Ça fait partie aussi des missions des policiers de les sécuriser, puisque je rappelle que la menace est quand même à un niveau très élevé, nous sommes en urgence attentat.

Comment les policiers abordent-ils cette période à venir ?

Encore une fois, en répondant présent, en mobilisant beaucoup de policiers sur le terrain. Alors, c’est vrai que nous avons le concours, notamment des militaires de l’opération Sentinelle qui vont être d’un grand secours aussi pour la sécurisation, notamment dans le cadre de la menace terroriste. Mais c’est vrai que l’équation est difficile aujourd’hui parce qu’il y a le confinement, la menace terroriste et tout le reste, évidemment. La délinquance du quotidien, elle, ne s’arrête pas, elle continue. Et les policiers doivent aussi occuper le terrain. Nous avons des craintes également dans certains quartiers. Parce que lors des deux mois de confinement en mars et en avril, on avait assisté aussi à beaucoup de violences à l’encontre des forces de sécurité qui n’étaient là que pour faire respecter tout simplement les règles sanitaires.

Est-ce qu’il y a assez de monde aussi pour remplir toutes ces missions ?

Je dirais qu’il n’y aura jamais assez de monde pour tout faire parfaitement bien. Les attentats terroristes frappent notre sol aujourd’hui avec une menace endogène, avec parfois des individus qui ne sont pas du tout dans les radars, donc ça mobilise énormément de forces de sécurité. Mais les policiers vont répondre présents comme à chaque fois, comme ils le font d’ailleurs depuis 2015. Tout simplement parce que depuis 2015, la menace terroriste n’a pas faibli, au contraire. Et il s’est rajouté d’autres choses : les manifestations de ‘gilets jaunes’, la délinquance du quotidien, et puis cette crise sanitaire qui a aussi mobilisé beaucoup de forces de sécurité. Je veux dire à tous ceux qui critiquent beaucoup la police nationale, qui font du « police bashing », qu’ils arrêtent à un moment. Qu’ils sachent reconnaître le travail des policiers au quotidien qui sont le dernier rempart contre le terrorisme, et qui sont aussi le dernier rempart contre le coronavirus, comme les professionnels de santé, parce qu’ils participent à l’effort de guerre.



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