Zoom sur Clear Fashion, le Yuka de la mode


Clear Fashion, c’est l’application idéale pour faire le point sur sa garde-robe. En quelques clics, l’appli nous renseigne sur la qualité de nos marques préférées et leur impact sur l’environnement. Décryptage.

Depuis que Yuka a investi nos vies en 2017, passer au crible l’intégralité de nos paniers de course est devenu un acte quasi automatique. Plus récemment, ce sont les sacs de shopping qui ont commencé à être analysés sous toutes les coutures grâce à Clear Fashion.

Clear Fashion, c’est quoi ?

Lancée en septembre 2019, l’application a pour vocation « d’informer et d’agir pour une mode responsable », dixit son site Internet. De miser sur la transparence, en somme avec comme constat de départ un manque d’informations remarquable dans le milieu de la mode. Parce que comme Clear Fashion le rappelle, seuls le prix et la composition des vêtements doivent être précisés par les marques. Le reste est à leur discrétion, à moins qu’elles ne souhaitent communiquer sur le sujet.

En savoir plus sur les vêtements qu’ils achètent, les consommateurs disent oui ! Ils sont d’ailleurs de plus en plus nombreux à réclamer une mode soucieuse de l’environnement et souhaitent savoir ce qu’ils achètent. Les chiffres de téléchargement de l’application parlent d’eux-mêmes : six mois après son lancement, elle avait été téléchargée plus de 100 000 fois. 

Derrière ce succès incontestable se cachent deux entrepreneuses, Marguerite Dorangeon et Rym Trabelsi. Les deux jeunes femmes, ingénieures agronome de formation, décident dans un premier temps de lancer une page Facebook et un site web autour des problématiques d’achats de vêtements éco-responsables. Quelques mois plus tard, après le lancement d’une application prototype testée par 15 000 personnes, elles se jettent dans le grand bain avec une première version de Clear Fashion disponible sur les plateformes de téléchargement.

Marguerite Dorangeon et Rym Trabelsi ont mis au point un fonctionnement très simple. Des centaines de marques (300 à ce jour) sont évaluées selon quatre critères : leur impact sur l’environnement, l’humain, la santé et les animaux. Les notes sont décernées selon les données publiques publiées par les marques, les fournisseurs, les associations… Sont par exemple concernées les techniques de production, les matières utilisées, l’empreinte carbone, mais aussi la volonté de la marque de communiquer sur ses sujets ! Parce que comme l’application le fait justement remarquer, l’absence d’informations sur les pratiques d’une marque est en soi une information sur celle-ci et son degré d’opacité qui peut parfois cacher des pratiques contestables. 

Les consommateurs ont aussi la possibilité de partager des données avec l’application. Ils peuvent par exemple scanner le code barre ou l’étiquette de composition de vêtements qu’ils possèdent ou s’apprêtent à acquérir afin d’en savoir plus sur sa nocivité. Test effectué sur le pull Zara porté lors de la rédaction de cet article : la pièce, chaude et cosy n’obtient qu’une moyenne de 46/100.

Capture d’écran de l’application Clear Fashion © DR

Afin de proposer un outil complet, Margurite Dorangeon et Rym Trabelsi se font également aider par un comité d’experts, composé de cinq professionnels du secteur. Et pour garantir son indépendance, Clear Fashion a décidé que ses levées de fonds ne feraient jamais entrer de marques ou de créateurs au sein de ses investisseurs. 
Pour avoir un aperçu clair des meilleures marques référencées par Clear Fashion, l’application propose aussi un top par genre, âge et catégories : les griffes de sous-vêtements féminins, d’accessoires masculins, ou encore de pantalons et de jupes pour enfant les plus responsables.

A ce jour, toutes catégories confondues, la meilleure marque est Mud Jeans, récoltant 100/100 en environnement, 98/100 en humain, 77/100 en santé et 100/100 en animaux. Clear Fashion précise par ailleurs que la griffe a participé à la collecte des données. 

Et l’application a aussi à cœur d’endosser un vrai rôle militant. Après les révélations en mars 2020 par une ONG australienne du travail forcé des Ouïghours en Chine, Clear Fashion a établi un plan d’action détaillé. En plus de collecter les données rassemblées par les ONG sur les différentes marques concernées par le scandale, l’application a rendu public un document compilant les différentes griffes incriminées et leurs décisions suite à ces révélations. Enfin, une alerte apparaît désormais sur l’application lorsque l’on consulte les marques citées par les ONG. Un travail minutieux et important qui informe les consommateurs pour qu’ils achètent mieux et surtout, en connaissance de cause.



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